Ministère de la Jeunesse : Quand le changement de dénomination divise deux syndicats

Au cours d’une conférence de presse qu’il a animé, ce samedi 13 avril 2019 à Ouagadougou, le Syndicat national des travailleurs des secteurs de la jeunesse, de l’emploi et de la formation professionnelle (SYNAJEFP) s’est démarqué des déclarations du Syndicat autonome des cadres en emploi et formation professionnelle (SACEFP) faites lors de ses récentes sorties médiatiques Sorties au cours desquelles, le SACEFP aurait désapprouvé la nouvelle dénomination du ministère de la Jeunesse et de la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes, et « stigmatisé » le projet de décret portant organisation dudit ministère.

« Il n’y a pas de guerre entre les deux syndicats. Mais nous notons un certain nombre d’incohérences et un mensonge grossier véhiculé par le Syndicat autonome des cadres en emploi et formation professionnelle (SACEFP) », a clarifié, Raould Bayala, secrétaire général du Syndicat national des travailleurs des secteurs de la jeunesse, de l’emploi et de la formation professionnelle (SYNAJEFP). C’était au cours d’une conférence de presse animée, ce samedi 13 avril 2019 à Ouagadougou, à la Bourse du travail.

Raould Bayala, secrétaire général du SYNAJEFP

Les conférenciers disent n’être mêlés ni de près ni de loin aux déclarations faites par le SACEFP qui, dans une lettre adressée au Président du Faso et relayée par la presse, désapprouvait la nouvelle dénomination de leur ministère de tutelle qui, à la faveur du remaniement gouvernemental du 24 janvier 2019, est passé de ministère de la Jeunesse, de la formation et de l’insertion professionnelles (MJFIP) à ministère de la Jeunesse et de la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes (MJPEJ).

Pour le Syndicat autonome des cadres en emploi et formation professionnelle, ce changement de dénomination est un recul car l’entrepreneuriat ne saurait se substituer à l’emploi. Mais Raould Bayala et ses camarades ne sont pas de cet avis et pensent qu’il s’agit d’un argument « fallacieux ». Ils ont confié que cette nouvelle dénomination « vient mettre fin aux élans et aux attitudes d’hégémonie et de patrimonialisation du département par un groupe de cadres qui ont pris en otage des pans entiers des dispositifs du ministère en en faisant leur chasse gardée tout en opposant les agents ».

Une vue des membres du SYNAJEFP

Autre point qui fâche le Syndicat national des travailleurs des secteurs de la jeunesse, de l’emploi et de la formation professionnelle (SYNAJEFP). C’est la deuxième sortie du SACEFP qui aurait donné des « informations erronées » sur le projet d’organigramme du ministère. Selon Raould Bayala, contrairement à ce qu’a déclaré le SACEFP, le projet d’organigramme n’a jamais été adopté lors du dernier Conseil d’administration du secteur ministériel, tenu le 29 mars 2019. « C’est un mensonge grossier qui n’est pas digne de responsables d’une organisation », a martelé le SG du SYNAJEFP avant d’apporter des explications.

« Le sujet a été abordé au titre des divers. Le ministre a fait une présentation sommaire des grands points liés au projet d’organigramme en termes de directions et non dans le contenu. Il a invité l’ensemble des techniciens du département à faire des propositions constructives dans un délai raisonnable, au plus tard le 1er avril. C’est ce qui a été fait ». Raould Bayala confiera également que lors de ce CASEM, un groupuscule qui se réclame du SACEFP a refusé le délai d’élaboration de propositions demandé par le ministre aux techniciens car « ils étaient satisfaits de la mouture qui a été présentée au CASEM ». Une situation qui amène le SYNAJEFP à croire que le SACEFP est dans le secret des dieux, car officiellement, il n’était pas en possession de cette mouture.

Pour finir, le Syndicat national des travailleurs des secteurs de la jeunesse, de l’emploi et de la formation professionnelle a lancé un appel à la cohésion des travailleurs pour relever les défis du ministère.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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