Massacres à répétition de chrétiens au Burkina : Attention, les choses se précisent…

Même pas deux semaines après les tueries de Silgadji, six personnes, dont un Prêtre, périssaient dans un autre assaut djihadiste dans la matinée de ce Dimanche 12 Mai 2019, en pleine messe dominicale à Dablo, dans la province du Sanmatenga, au Nord du pays. Alors que l’opinion nationale et internationale était encore sous le choc de ce massacre, le second du genre en un peu plus d’une semaine, contre des lieux de culte chrétiens, 24 heures plus tard, soit dans l’après-midi du Lundi 13 Mai, selon des sources concordantes, quatre autres chrétiens catholiques se faisaient cruellement assassiner, à Zimtenga, dans la province du Bam, toujours dans le Centre-Nord, alors qu’ils revenaient d’une procession religieuse, à bord d’une moto-tricycle. Au moins 10 morts, en à peine 24 heures. Ceci, sans inclure le nombre de victimes qui tombent chaque jour sous les balles assassines de ces groupes armés, décidément insaisissables…

Oui, la tâche est rude. Certainement, intenable pour les autorités de Ouagadougou qui semblent se battre contre un ennemi, dont le seul atout de supériorité reste la détermination. Il ne se passe plus un jour sans que les Burkinabè ne soient livrés en pâture. En fixant objectivement le regard sur la situation, la triste réalité, c’est que, les groupuscules armés se comportent quasiment en territoire conquis dans le Nord du pays. Et c’est malheureusement ce qui est vrai ! Visiblement, malgré toutes les réformes engagées par le pouvoir en place, aucune mesure concrète ne semble avoir été à même de faire déchanter, rien qu’un tant soit peu, ces aventuriers terroristes, qui sont en train de réussir, comme le reconnaît d’ailleurs laconiquement le MPP, leur entreprise de faire du Burkina, un sanctuaire de l’implantation salafiste en Afrique de l’Ouest. Quoique cela soit une pilule difficile à avaler pour certains citoyens qui préfèrent se convaincre d’une vérité artificielle selon laquelle, la menace est en train de mourir, une approche réaliste et évidente de l’évolution de la situation sur le terrain, démontre tout simplement et fatalement, que l’état n’existe plus dans plusieurs parties du territoire national. Et il n’y a pas qu’au nord que le drame sévit. Au Sud également et même à l’ouest, les suppôts de l’Etat Islamique font parler la poudre, avec une sérénité déconcertante, qui trahit bien le mépris qu’ils ont pour la Nation Burkinabè toute entière.

Feindre d’ignorer le but ultime de leur projet serait aberrant. Ces groupes armés croient avoir enfin trouvé sur les territoires Burkinabè et Malien, le cadre idéal pour voir se matérialiser leur rêve démentiel, certes, mais pas surréaliste aujourd’hui, d’établir un Califat, tel qu’ils ont manqué d’y aboutir en Syrie et en Irak. Le pire est que dans tout ce décor macabre, ils sont encore nombreux à choisir de demeurer dans cette cécité intellectuelle, en poussant les actuels dirigeants à multiplier les déboires jusqu’à sombrer dans le précipice en 2020.

Mais entre-temps, combien de morts y’aura-t-il eu ? Et sans intervention extérieure, quelle sera la configuration géostratégique d’ici l’an prochain ? Du moins, si le régime en place continue à gérer la situation avec en maniant tergiversations et désinformation ? Il est l’heure pour que le Burkinabè comprenne que ça ne va pas…et qu’avant que Ouagadougou devienne aussi un marécage, il faille aller à l’unité nationale.

Raoul MOBIO, Netafrique.net

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