Marseille : Emmanuel Macron en visite dans une école avant d’annoncer de nouvelles mesures

Le président devrait annoncer jeudi que l’Etat participera largement au vaste plan de rénovation, lancé par la municipalité, de plus de 200 des 472 écoles de la ville.

Après s’être plongé mercredi 1er septembre dans les problèmes de précarité et d’insécurité que connaissent les cités du nord de Marseille, Emmanuel Macron poursuit jeudi sa visite, en assistant à la rentrée dans une école, avant de détailler un plan d’urgence pour la ville.

Au deuxième jour de sa visite dans la cité phocéenne, le chef de l’Etat va retourner dans les quartiers nord, les plus populaires de la ville. Il doit être accueilli jeudi matin dans une classe de CM2 de l’école Bouge, dans le 13e arrondissement, le jour de la rentrée scolaire, en compagnie du ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, et du maire socialiste de la ville, Benoît Payan. Il fera le point sur le protocole sanitaire mis en place pour cette deuxième rentrée affectée par la pandémie due au Covid-19.

Le président doit s’entretenir aussi avec les enseignants et des parents d’élèves quant à la nécessité de rénover cette petite école de quartier, dont certains équipements, comme le gymnase, sont très dégradés, comme c’est le cas dans de nombreuses écoles de la ville.

Cette visite de terrain sera suivie par la présentation, au cours de l’après-midi au palais du Pharo, du plan « Marseille en grand », qui comprendra une série de mesures et de projets, « coproduits avec les collectivités », selon l’Elysée. Emmanuel Macron doit notamment annoncer que l’Etat participera largement au vaste plan de rénovation, lancé par la municipalité, de plus de 200 des 472 écoles de la ville.

Préfabriqués parfois installés depuis des années ou, dans certains établissements, rats dans les salles de classe, toit qui s’effondre ou punaises de lit dans les dortoirs… « Les écoles sont indignes de la République », résume M. Payan, qui évalue à 1,2 milliard d’euros les besoins de financement de la première tranche.

L’éducation est l’une des trois priorités de ce vaste plan, présenté comme « historique », pour permettre à la deuxième ville de France – 870 000 habitants pour Marseille et 1,6 million pour l’agglomération – de tenter de rattraper son retard.

Les deux autres sont les transports collectifs, dans une ville qui ne compte que deux lignes de métro, et la réhabilitation des logements insalubres, près de trois ans après la mort de huit personnes lors de l’effondrement d’un immeuble rue d’Aubagne.

Macron « en campagne », selon l’opposition

« Beaucoup de choses qu’on va lancer n’auront pas de résultats tout de suite, je suis lucide. […] On va faire le maximum, mais je ne peux pas vous dire qu’on réussira », a concédé Emmanuel Macron mercredi.

Le scepticisme est partagé par des habitants et des élus locaux, qui rappellent que de nombreux plans ont été annoncés depuis des décennies pour Marseille, sans que la situation s’améliore nettement. « Bien sûr que cela suscite de l’espoir. Après il ne faut pas que ce soit un one-shot », a réagi le maire de Marseille, concédant que « tout ne sera pas fait en six mois, pas en un an ».

Jean-Luc Mélenchon (LFI), présent comme député à une réunion avec les élus locaux, a dénoncé « le pèlerinage des promesses » du président, qui « est en campagne électorale », en pariant que « pas un euro de ces promesses ne sera dépensé avant l’élection ». 

A huit mois de la présidentielle, ce déplacement est largement commenté sur la scène politique nationale, l’opposition de droite concentrant ses critiques sur le bilan sécuritaire d’Emmanuel Macron à Marseille, et au-delà : au niveau national, tandis que la gauche demande que l’Etat mette plus de moyens dans les services sociaux.

Après un dîner jeudi avec Mario Draghi, le chef du gouvernement italien, M. Macron consacrera la journée de vendredi à l’environnement, avec une sortie en mer dans le parc national des Calanques et l’ouverture du congrès mondial de l’Union internationale pour la conservation de la nature, qui se tient à Marseille jusqu’au 11 septembre.

Le Monde avec AFP

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