Marche du 27 novembre du Mouvement sauvons le Burkina Faso : « Jour de refus national d’un pouvoir qui s’accommode de ses morts » (porte-parole)

Après s’être signalé le mardi, 16 novembre 2021 où il dit avoir « sonné l’alerte », le Mouvement sauvons le Burkina Faso se prépare pour une marche, le samedi, 27 novembre 2021 pour « rendre hommage à nos frères et sœurs tombés et exiger la démission du président du Faso ». Le mouvement a animé une conférence de presse le samedi 20 novembre 2021 à Ouagadougou sur le sujet.

A Ouagadougou, rendez-vous est donné à la Place de la nation, informent les organisateurs. « Ce sera le jour de refus national d’un pouvoir qui s’accommode de ses morts. Nous demandons aux uns et aux autres de se vêtir ce jour-là de signes marquant l’évènement (habit noir, par exemple). Nous sortons pour rendre hommage à nos frères et sœurs forces de défense et de sécurité tombées. Je veux ici signaler au pouvoir en place, aux partis de la majorité présidentielle, qui organisent des réunions en chaînes, où il nous revient que des billets de banque circulent, dans la perspective de casser notre noble lutte, qu’ils sachent qu’on peut avec de l’argent acheter la liberté d’un homme, on peut acheter la liberté de 100 hommes, mais on ne pourra jamais acheter la liberté de tout un peuple. Il faut rompre avec ça. Il faut écouter la douleur du peuple burkinabè. Le sang a trop coulé, il est grand temps que ces dirigeants cessent avec ces manigances », dévoilent les conférenciers. Ils invitent les commerçants à fermer boutiques, les travailleurs du public et du privé « à se lever comme un seul homme pour la défense de la survie » du pays.

« Un problème sans solution est un problème mal posé. Notre problème, nous allons bien le poser. Notre problème, c’est demander au président Roch Marc Christian Kaboré de partir, parce qu’aujourd’hui, son pouvoir est comparable au régime français de Vichy. Aujourd’hui, le Burkina Faso est occupé par des forces extérieures comme en 1940, la France était occupée par les nazis. On a vu le maréchal Pétain collaborer avec les nazis, où il y a eu des échanges de prisonniers et on a tué des Français. Donc, on a le même cas ici au Burkina, où le régime Kaboré collabore pour libérer des terroristes, qui repartent tuer des Burkinabè. La France était réduite, aujourd’hui, le Burkina est réduite à la limite à Bobo et Ouaga. (…). Donc, le président Roch Marc Christian Kaboré peut déposer sa démission, pendant qu’il est temps, avant le 27 novembre. (…).

Aujourd’hui, c’est avec respect qu’on essaie de s’adresser au président et à ses collaborateurs, ils ne sont pas à la hauteur comme dirigeants. La fois dernière, nous étions au cimetière pour l’enterrement, quand les 14 gendarmes sont tombés, aucun officier supérieur n’est venu au cimetière. Aucun ! Et aujourd’hui, on apprend qu’il y a des pressions pour qu’on enterre certains corps à l’intérieur. Nous voulons la vérité, parce qu’on a des chiffres qui ne concordent pas. Les gens d’Inata ont lancé des alertes en vain, l’hélico n’est jamais venu. On nous dit défaut de kérosène. Mais, on a le kérosène pour aller prendre les corps. On parle de 20 millions pour organiser les enterrements. Mais, ils ne sont pas capables de nourrir des gens qui sont au front. C’est comme Tahirou Barry l’a dit, il (président du Faso, ndlr) est entouré par un feu de brousse, et il dort. Maintenant, le feu nous a encerclé tous, il faut qu’on se lève pour l’éteindre pour ne pas périr tous », s’indigne le secrétaire exécutif national, Mamadou Drabo.

« Une personne qui a fait la preuve de son échec, pourquoi continuer avec elle ? En 2019 déjà, le président Kaboré avait reçu en audience, les personnes-ressources du Sahel. Savez-vous ce qu’il leur a dit ? On a des gens qui étaient à cette rencontre-là, certains sont morts, mais d’autres sont là. Il leur a dit que ce n’est pas parce qu’il ne voit pas leur souffrance, le calvaire du peuple du Sahel, ce n’est pas qu’il n’est pas préoccupé, mais il avoue que ça le dépasse. Il l’a dit, et il y a des gens qui sont toujours là et qui peuvent témoigner. Depuis cette date qu’il a fait cet aveu d’échec, la situation ne fait que s’empirer, voulez-vous qu’on poursuive avec lui ? Non ! C’est fini, il faut qu’il libère ce peuple », clament les conférenciers.

Le Mouvement sauvons le Burkina Faso dit donc se demander si le président Roch Kaboré a vraiment perçu la gravité du problème. « Quand il dit que les gens exagèrent, qu’il a des amis qui vont au Sahel et qui reviennent. On se demande s’il mesure la gravité de la situation. Il ne nous dit pas que lui-même est allé et est revenu », réplique le porte-parole de l’organisation, Valentin Yambkoudougou.

D. g. à d. : Anaïs Drabo, Valentin Yambkoudougou, Mamadou Drabo et Oumar Junior Bahoro.

Les responsables du Mouvement sauvons le Burkina Faso confient avoir, depuis longtemps, adressé des lettres au président du Faso, au Premier ministre et au Président de l’Assemblée nationale, pour attirer leur attention sur ce que la situation devenait de plus en plus critique.

Une autre lettre est également adressée au CFOP-BF (Chef de file de l’opposition politique au Burkina-Faso), le 4 novembre 2021, pour lui dire qu’il sera responsable de la situation pour s’être acoquiné avec le pouvoir.

« A Ouagadougou, nous avons l’impression que le pays va bien. Alors que quand vous voyez nos compatriotes un peu partout à travers le pays, ce sont des gens qui vivent des situations extrêmement difficiles. C’est à nous qui avons encore la chance de vivre une certaine accalmie, de nous mobiliser pour leur aller en aide ; parce que chez eux, ce n’est plus possible », décrit le secrétaire général adjoint du mouvement, Oumar junior Bahoro.

O.H.L
Lefaso.net

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