Maladies de peau : puis-je m’exposer au soleil ?

Vous rêvez de bronzage, mais vous avez une maladie de peau. Acné, lupus, vitiligo, psoriasis : quels sont les effets du soleil sur ces affections ? Les rayons UV aggravent certaines maladies, alors qu’elles en soulagent d’autres. Pour profiter des bienfaits des UV sans leurs inconvénients, les conseils au cas par cas du Dr Catherine Oliveres-Ghouty, dermatologue.

Sommaire

  1. Acné : le soleil est un faux ami
  2. Lupus : une maladie qui empire au soleil
  3. Psoriasis : le soleil est votre allié !
  4. Vitiligo : fuyez le soleil, cet ennemi

Acné : le soleil est un faux ami

L’acné, liée aux poussées hormonales, touche surtout les jeunes : 80 % des adolescents sont concernés. Mais de nombreuses femmes le sont également : 41 % entre 20 et 40 ans, 20 % entre 40 et 55 ans.

Avec l’acné, attention à l’effet rebond

Le soleil a un effet anti-inflammatoire. « Dans un premier temps, le soleil assèche les boutons qui deviennent alors moins visibles. Mais parallèlement, il épaissit la peau. Les boutons s’ancrent en profondeur et refont surface un mois plus tard, encore plus nombreux, sous l’effet de la stimulation hormonale », explique le Dr Oliveres-Ghouty, dermatologue.

Si l’acné en est au stade de laisser des cicatrices, celles-ci se colorent définitivement au soleil. L’usage de l’écran total est dans ce cas indispensable.

Les précautions à prendre

  • Evitez de vous exposer entre 12 et 16 heures. Et ne baissez pas la garde par temps couvert : 80% des rayons traversent les nuages.
  • Protégez-vous avec une crème solaire non grasse afin d’éviter l’obstruction des pores et les comédons.
  • Continuez à avoir une hygiène rigoureuse de votre peau à l’aide de savons surgras.

Attention, certains traitements de l’acné (rétinoïdes et cyclines) sont incompatibles avec l’exposition au soleil car ils sont photosensibilisants. Consultez votre pharmacien.A lire aussi :Acné : peut-on continuer son traitement pendant l’été ?

Lupus : une maladie qui empire au soleil

Dans un premier temps, le lupus se manifeste par des plaques rouges qui pèlent et qui ne disparaissent pas. Pourquoi ? Le système immunitaire se dérègle et attaque les cellules de la peau. Parfois, dans un deuxième temps, d’autres organes peuvent être touchés : rein, articulations, cœur…

Les femmes principalement touchées

Dans neuf cas sur dix, ce sont les femmes qui sont concernées par cette maladie, qui se déclenche entre 15 et 45 ans. La grossesse et les estrogènes (hormones féminines) sont des facteurs inducteurs importants du lupus.

Autre facteur déclenchant du lupus : le soleil. « Un seul mot d’ordre : fuyez-le. Plus on s’expose, plus le lupus empire », insiste le Dr Oliveres-Ghouty.

Les précautions à prendre

Pas de demi-mesure lorsque vous souffrez d’un lupus :

  • portez des vêtements, des lunettes, un chapeau. Evitez les casquettes qui ne protègent pas les oreilles ;
  • cherchez au maximum l’ombre ;
  • mettez de l’écran total, et renouvelez son application toutes les deux heures. Pensez à certaines zones sensibles souvent oubliées : oreilles, mains, pieds ;
  • il ne suffit pas de se protéger à la plage, mais aussi en ville lorsque l’on se promène ou bien lorsque l’on jardine ;
  • ne baissez pas la garde par temps couvert : 80% des rayons traversent les nuages.

A lire aussi :Quels sont les traitements du lupus ?

Psoriasis : le soleil est votre allié !

Inesthétique, le psoriasis se manifeste par la présence de plaques rouges recouvertes de squames blanches, liées à l’accumulation de peaux mortes, au niveau des genoux, des coudes, des avant-bras ou du cuir chevelu.

Le soleil a un effet immunosuppresseur

Pour apaiser les poussées, les traitements existent, mais l’arrivée du printemps et de l’été est aussi synonyme de soulagement.

Le soleil améliore, voire fait disparaître temporairement le psoriasis. « Le soleil a un effet immunosuppresseur : il ralentit le renouvellement trop rapide des cellules de la peau psoriasique », assure le Dr Catherine Oliveres-Ghouty, dermatologue. Les rayons UV aident également la peau à produire de la vitamine D, bénéfique pour le psoriasis.

90% des personnes souffrant de psoriasis voient ainsi l’état de leur peau s’améliorer quand elles s’exposent au soleil. Les bénéfices apportés par le soleil ont d’ailleurs été mis à profit dans son traitement : la puvathérapie permet de délivrer des UVA en cabine.

Des destinations à privilégier ?

Soleil et bains de mer sont le traitement naturel du psoriasis. D’ailleurs, les cures au bord de la mer Morte sont recommandées. Située en dessous du niveau de la mer, les UVB, principaux responsables des coups de soleil et brûlures, y sont affaiblis, ce qui permet de bénéficier des bienfaits liés aux UVA dans de meilleures conditions. De plus, son eau riche en minéraux possède des propriétés anti-inflammatoires, cicatrisantes et apaisantes.

Plus proches de vous, les eaux de la mer Méditerranée ou de l’Atlantique feront aussi l’affaire. En complément, vous pouvez aussi vous procurer des sels ou des boues de la mer Morte.

Les précautions à prendre

Du soleil, oui, mais avec prudence ! Le soleil a des bienfaits à condition de bien se protéger.

  • Choisissez une crème solaire avec un indice de protection adapté à votre type de peau et à votre exposition, à partir de 30. Vérifiez qu’elle filtre bien les UVA (logo UVA entouré d’un cercle). Les coups de soleil peuvent déclencher des poussées de psoriasis sur une région habituellement saine.
  • Renouvelez l’application du solaire toutes les 2 heures et après la baignade.
  • Avant la baignade, appliquez sur les lésions une crème barrière (en pharmacies et parapharmacies) pour réduire lerisque de démangeaisons dues au sel ou au chlore.
  • Toujours pour éviter toute irritation de la peau, rincez-vous à l’eau claire en sortant de la mer ou de la piscine, sans oublier le cuir chevelu. Evitez de vous frotter, mais tapotez la peau pour la sécher avec une serviette en coton.
  • Si vous n’avez pas appliqué de crème barrière avant le bain, il est recommandé d’appliquer une crème hydratante et/ou émolliente après vous être rincé.
     

Vitiligo : fuyez le soleil, cet ennemi

Facilement reconnaissable, le vitiligo donne l’aspect d’une peau tachetée. Les zones dépigmentées alternent avec celles de couleur normale au niveau des mains, des coudes ou encore du visage.

Il y a risque de brûlure

Cette maladie auto-immune provoque une destruction progressive des mélanocytes, les cellules qui fabriquent le pigment qui donne la couleur à la peau (la mélanine).

« Si la peau se dépigmente, on comprend aisément que le soleil n’est pas son allié.  Quand il n’y a plus de mélanine, la peau brûle au soleil », résume le Dr Oliveres-Ghouty, dermatologue.

Les précautions à prendre

  • L’exposition au soleil impose l’écran total et le port de vêtements épais, par exemple en coton. Ceux-ci doivent être foncés, car les clairs protègent moins bien.
  • Appliquez le produit solaire en couche épaisse, en insistant sur les zones dépigmentées et sensibles. Renouvelez l’application toutes les 2 heures ou après chaque baignade. Eviter les expositions entre 12h et 16h.
  • En cas de coup de soleil, le traitement est celui d’une brûlure. La Biafine est suffisante, si la brûlure est superficielle. Sinon, il est nécessaire d’utiliser des crèmes ou des compresses type Ialucet ou Ialucet Plus, voire de consulter un médecin.

Les rayons UV, une modalité de traitement dans certains cas

Si l’exposition au UV représente un risque pour la peau des personnes souffrant de vitiligo, elle peut aussi être une modalité de traitement de la maladie. L’association UV et vitiligo n’est pas contre-indiquée chez tous les patients. La photothérapie est proposée le plus souvent en deuxième intention, après les crèmes pour application locale à base de dermocorticoïdes. Objectif : stimuler la repigmentation des plaques dépigmentées à partir des mélanocytes persistants, en particulier dans les follicules pileux.

Un patient vitiligo ne doit pas s’exposer au soleil sans avis médical.

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