Main-tendue à Roch Marc KABORE : Dans la tête de Blaise » l’Ivoirien »…

Est-ce trop tard ? Est-ce trop tôt? Ou n’est-ce qu’un non-evenement? Près d’une semaine après l’annonce de la réception par le Chef de l’État Burkinabè, d’une correspondance émanant de son prédécesseur et ex-patron. Blaise COMPAORÉ, exilé en Côte d’Ivoire, la polémique continue à enfler au Faso sur les motivations réelles de cette proposition d’aide qui intervient à un moment où la crise sécuritaire s’amplifie, alors que le régime en place à Ouagadougou , se mord la langue devant la stratégie de dédoublement des djihadistes.

Depuis son arrivée en Côte d’Ivoire,en fin 2014, à la suite de son renversement consécutif à une révolte populaire qui lui avait été fatale, le Fondateur du Congrès pour la Démocratie et le Progrès, CDP, s’était illustré par un mutisme déconcertant face aux attaques armées qui ébranlent le système de défense du Burkina et mettent en lambeaux l’Unite nationale. En dépit des accusations récurrentes dont il est la cible de la part des pourfendeurs de sa gouvernance, Blaise COMPAORÉ semblait s’emmurer dans son asile Ivoirien, tout en jouant la carte de l’observateur résigné, incrédule quant à la capacité des actuels dirigeants à restaurer l’ordre public dans un pays qu’il a eu à gérer pendant au moins 30 ans puisqu’il fut l’un des piliers de l’ère Sankara. Mais voilà que contre toute attente, celui qui préfère même garder ses distances d’avec les militants de son parti à Abidjan, sort de sa réserve et souhaite reprendre sa place dans la vie de la nation burkinabè, non pas comme un repère pour la classe politique, mais en tant qu’acteur de premier plan.

À l’analyse de cette situation apparemment nouvelle, la démarche de l’ancien Président pourrait être guidée soit par le patriotisme incandescent qui couve en lui, soit par la volonté de montrer pattes blanches à ceux de ses compatriotes qui veulent à tout prix se persuader de la collusion entre lui et les mouvements djihadistes, ou encore par une habile manoeuvre politique qui viserait à révéler au grand jour la régularité des contacts qu’il entretient avec le locataire de Kosyam.

Si tant est-il que par amour pour sa patrie, Blaise COMPAORÉ se résout à braver l’hostilité farouche de ses détracteurs, alors, son initiative devrait être saluée comme un pas en avant dans le sens de la réconciliation nationale, dont le Faso a indéniablement besoin aujourd’hui pour vaincre l’adversité. Dans le cas où le compagnon d’armes de Sankara serait tenté de se blanchir dans ce chaos généralisé, sa main tendue pourrait probablement être interprétée par une certaine opinion comme une tentative inacceptable de revenir en force dans le débat politique. Pour ce qui en est de l’éventuelle relation de proximité entre son ex Premier Ministre et lui, dévoiler l’existence d’un dialogue permanent pourrait sérieusement nuire à l’image du Premier des Burkinabè qui passerait alors pour un personnage irrésolu, coupable à la fois, de se rapprocher de celui qu’il présente constamment comme l’instigateur des attaques armées et de ne pas être capable d’assumer son orientation devant le peuple qui attend toujours de lui, des actions efficaces pour mettre fin à son cauchemar.

Le schéma dans lequel le protégé de OUATTARA est en train de s’inscrire est un jeu à quitte ou double. En pointant du nez dehors, son activisme ne pourra que bouleverser les donnes au pays des hommes intègres. Car quoiqu’on dise, Blaise COMPAORÉ reste encore très populaire dans les provinces et même dans les centres urbains. En Côte d’Ivoire, l’actualité est très versatile…Et pour qui sait les indélicatesses et autres manoeuvres de sorcellerie qui se passent dans les arcanes politiques chez les Eburneens, on peut se demander si le  » Beau » Blaise n’est pas en train de sécuriser ses arrières.

Raoul MOBIO, Netafrique.net

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