Lutte contre le terrorisme : Les partis de la majorité déplorent une incoordination des partenaires

L’Alliance des partis de la Majorité présidentielle a animé une conférence presse, ce jeudi 21 novembre 2019, à son nouveau siège à Ouagadougou, sur la situation nationale. Les conférenciers, avec à leur tête, Me Bénéwendé Sankara, ont livré leur lecture de la situation sécuritaire marquée notamment par l’appel du chef de l’Etat au volontariat pour la défense de la patrie, la coopération entre le Burkina Faso et ses partenaires dans la lutte contre le terrorisme.

Dès l’entame de son discours lu par Me Bénéwendé Stanislas Sankara, l’APMP a salué le sacrifice et la lutte menée par les forces de défense et de sécurité contre le terrorisme. Du reste pour les conférenciers, les actes terroristes « ne sont pas tributaires de la gouvernance actuelle ».

Pour une mobilisation populaire

Tout en réitérant leur soutien à l’appel du Chef de l’Etat au volontariat, Me Bénéwendé Sankara et ses camarades ont invité les populations, notamment les jeunes, à s’enrôler massivement pour la défense de la patrie. Ils ont par ailleurs exhorté le gouvernement à faire « vite dans l’opérationnalisation de cet appel pour ne pas laisser s’estomper la mobilisation et l’engouement qu’il a suscités au sein de nos populations ».

Pour Clément P. Sawadogo qui s’est voulu rassurant, cet appel au volontariat n’est pas une mobilisation populaire pour soutenir le régime à l’orée des élections en 2020. Il a rappelé que « la seule réponse juste contre cette guerre asymétrique reste la mobilisation populaire ».

Le piège à éviter

Actualité faisant, la récente note du chef d’Etat-major général des Armées adressée aux attachés de défense auprès des ambassades au Burkina Faso était au menu de cette conférence. Après avoir salué la qualité de la coopération multipartite que le Burkina Faso entretient avec l’ensemble de ses partenaires, les partis de la majorité présidentielle ont reconnu et déploré une certaine incoordination dans les actions sur le terrain de la lutte anti-terroriste.

« La situation en Libye, ce n’est pas nous qui l’avons créée. Il faut que ceux qui ont été à l’origine de tout cela puissent nous porter le concours qu’on est en droit d’attendre. Mais c’est un fait. Le concours qu’on nous apporte actuellement n’est pas suffisant. Comment se fait-il que quelques groupes nous emmerdent et qu’on n’arrive pas à les éradiquer malgré tous les moyens modernes ? », s’est interrogé le 2e Vice-président du MPP.

Qu’à cela ne tienne, Me Sankara a rappelé que le piège à éviter dans cette situation, « c’est de pousser les populations à développer des sentiments contre d’autres peuples ».

Me Bénéwendé Sankara prévient sur un piège à éviter

Le « deal » rompu

Quid de la trêve entre majorité et opposition à la suite du dialogue politique ? Pour Me Bénéwendé, l’opposition politique a violé en premier, ce qui pourrait s’apparenter à un deal, à travers des écarts langagiers. Il a rappelé la suspension d’un parti d’opposition qui, quelques jours après l’attaque de Boungou, a appelé à la démission du président du Faso. « Les terroristes tuent des centaines de personnes partout dans plusieurs pays. Et c’est au Burkina qu’on voit des gens demander la démission du Chef de l’Etat. Au lieu de mettre en avant l’union sacrée, on dit que le gouvernement est incompétent », a regretté Clément Sawadogo.

Lefaso.net

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