Lutte contre le Covid-19 au Burkina : Wapek, la solution d’un trio de génies de l’ISGE

Ils sont tous les trois (Frédéric Sandouidi, Yves Bouda et Rachid Nignan), des étudiants de l’institut supérieur de génie électrique au Burkina (ISGE) qui ont bravé la peur et la psychose qu’avait créé le Covid-19 pour développer leur génie créateur pendant le temps du confinement. Ce qui leur a permis de créer « Wapek », un dispositif de lave main automatique alimenté au solaire et à la SONABEL, made in Burkina.

Ne dit-on pas souvent que « l’union fait la force ». Eux, ils l’ont compris malgré leur jeunesse, ces trois étudiants ((Frédéric Sandouidi, Yves Bouda et Rachid Nignan), en cycle ingénieur de conception de l’institut supérieur de génie électrique au Burkina Faso (ISGE). En unissant leur force et leurs compétences, ils sont arrivés a créé « Wapek », un dispositif de lavage de mains automatique alimenté au solaire, fabriqué avec des matériaux locaux. Un dispositif local qu’ils ont mis en place pour combattre le coronavirus, mais aussi d’autres maladies comme la diarrhée, le choléra, la dysenterie, etc., dont l’une des solutions serait également la promotion de l’hygiène. Pour le représentant du trio, Frédéric Sandouidi, Wapek en langue locale mooré signifie « vient laver ».

Frédéric Sandouidi, Représentant du trio créateur de Wapek.

Pour sa mise en place proprement dite, il conte : « il faut dire que le confinement qu’on a eu pendant le coronavirus a éveillé notre génie créateur, on ne voulait pas rester à la maison pour dormir et nous avons donc eu l’idée de développer un dispositif de lave main. Et on s’est dit pourquoi ne pas le faire ensemble, parce que le plus souvent, quand vous êtes seuls, vous ne pouvez pas aller loin mais ensemble vous pouvez le faire ». Et c’est ensemble qu’on a réfléchi au dispositif et on l’a produit en l’espace de deux semaines, explique-t-il.

Un dispositif simple et séduisant

Par ailleurs, parler de ce trio, c’est parler également de polyvalence. Ils sont en cycle ingénieur de conception mais issus de différentes options. Ce trio a su exploiter cette diversité pour l’atteinte de leur objectif, souligne Frédéric Sandwidi, montrant que dans le groupe, il y a des compétences en génie des systèmes électroniques, génie des systèmes numériques et en génie des systèmes électriques. Et tout cela a été combiné pour la réalisation du projet, selon leurs dires. Certes, disent-ils, la collaboration a été importante dans le projet mais le plus grand apport a été l’accompagnement de l’école qui a mis son laboratoire à leur disposition, ce qui a facilité la réalisation rapide du projet.

Wapek, un dispositif de lave main automatique alimenté au solaire et à la SONABEL

« Et notre souhait, c’était qu’à la reprise, nos camarades puissent se laver les mains et aussi mettre ce dispositif à la disposition du grand public. C’est ainsi qu’en deux semaines de travaux, nous avons fait sortir le premier échantillon appelé Wapek alpha 1 à travers lequel nous avons reçu des encouragements et des recommandations des spécialistes qu’on a intégrés et aujourd’hui, on a le produit fini « Wapek alpha 2 » qui peut toujours être amélioré ».

En effet, Wapek alpha 2 est utilisable partout dans les lieux publics au Burkina Faso, peu importe l’endroit où vous vous trouvez, vous pouvez l’utiliser en campagne comme en zone urbaine. Mieux, il est adaptable en fonction de votre besoin.

Le trio créateur de Wapek ( Frédéric Sandouidi à droite, Rachid Nignan à gauche et Yves Bouda au milieu)

L’autre avantage de ce dispositif, selon les initiateurs, c’est la maitrise de la quantité d’eau à utiliser. Car c’est une machine faite de telle sorte que l’eau soit utilisée en quantité contrôlée, ce qui permet donc de limiter le gaspillage de l’eau, cette ressource rare. Le dispositif est pratique, simple à utiliser et séduisant, vous n’avez pas besoin de toucher à quoi que ce soit, il suffit seulement de mettre vos mains au-dessus des capteurs et le processus se réalise automatiquement, décrit-il avec fierté.

« La concrétisation de ce projet était pour nous un défi, parce que nous avons voulu montrer que nous pouvons le faire et on l’a fait. Et nous avons dû utiliser notre argent de poche et nous avons également sollicité des soutiens de gauche à droite pour pouvoir payer le matériau de travail », a laissé entendre Frédéric Sandouidi. Ce qui est une fierté pour eux et ils rêvent déjà grand avec Wapek même si leur formation n’est pas encore à terme.

Du reste, l’acquisition d’un Wapek nécessite un investissement de 250 000 à 350 000 F CFA, tout est fonction du milieu d’utilisation.
Contact : 79000229/75316031

Yvette Zongo
Lefaso.net

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