Lutte contre la sécheresse dans le Sahel : Abdoulaye Mohamadou préside désormais aux destinées du CILSS

Nommé lors de la 19e conférence des chefs d’état tenue le 20 juillet 2020, le nouveau secrétaire exécutif du CILSS (Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel), Abdoulaye Mohamadou a été officiellement installé dans ses fonctions ce 16 décembre 2020 à Ouagadougou. Il remplace à ce poste, Djimé Adoum qui, pendant 7 ans, a dirigé l’institution. La cérémonie de passation s’est tenue en présence du ministre de l’Agriculture du Burkina, ministre coordonnateur sortant et de celui du Tchad, ministre coordonnateur entrant. Cette passation de service met aussi fin à deux années de présidence du Burkina Faso à la tête du CILSS.

Après deux années passées à la tête du CILSS, c’est un bilan satisfaisant que dresse le Burkina Faso quand vient le moment de passer la main au Tchad. En effet, selon Salifou Ouédraogo, ministre coordonnateur sortant, durant le mandat du Burkina à la tête de l’institution, sous le leadership de président du Faso, un solide programme a pu être mis en place avec un taux de réalisation de 95%. « Au cours de ce programme, une conférence régionale sur la chenille légionnaire a eu lieu au Burkina Faso, avec une démarche de mobilisation de ressources pour lutter contre le phénomène », a-t-il affirmé.

Aussi, la réforme du CILSS a été engagée durant cette période. Un travail de fond qui a consisté au renouvellement des cadres dirigeants a aussi été fait. À cela s’ajoute, une mobilisation non négligeable de fonds de la part des états membres pour le fonctionnement de l’organisme.

Le nouveau secrétaire exécutif adjoint, Paul Ouédraogo

Des défis à relever par le nouveau secrétaire exécutif

Ce bilan dont se réjouit le Burkina Faso, ne doit pas occulter les défis qui restent entiers et qui se posent au nouveau secrétaire exécutif Abdoulaye Mohamadou. Pour cet enseignant chercheur de nationalité nigérienne, l’une de ses priorités concerne la mise en oeuvre de la réforme de l’institution décidée par les chefs d’Etat. « Les défis importants auxquels l’institution est confrontée est d’abord la réappropriation du CILSS par les états, ce qui les permettra d’investir davantage dans l’organisation, dans la situation actuelle. Le CILSS dispose de fonds consistant pour faire de l’opérationnel mais en a très peu pour son fonctionnement », soutient-il.

Le nouveau secrétaire exécutif, Abdoulaye Mohamadou

Autre défi à relever, Abdoulaye Mohamadou veut mieux organiser le CILSS et mobiliser le personnel autour de la réforme. Il n’a pas manqué de souligner que le CILSS est d’abord un centre de production de données, et cela doit être fait dans les standards internationaux. Cela pour fournir aux états, des informations susceptibles de leur permettre de prendre de bonnes décisions. D’où l’importance d’avoir du personnel qualifié et engagé dans ce sens. Le nouveau secrétaire exécutif veut également renforcer la coopération entre Etats membres sur des secteurs stratégiques qui dépassent les capacités d’un seul Etat. « C’est par exemple la question de la sécurité alimentaire qui ne peut être gérée par un seul état », a-t-il laisse entendre.

Il faut noter qu’au cours de la cérémonie, le nouveau secrétaire exécutif adjoint, Paul Ouédraogo a aussi été installé. Nommé également au cours de la conférence des chefs d’Etat, il remplace Ibrahim Lumumba Idi-Issa qui arrive au terme de deux mandats de trois ans.

Armelle Ouédraogo
Lefaso.net

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