Ludovic Bakyono : « Le MPP n’est pas fait seulement de voleurs, pas du tout !»

Ludovic Bakyono est le secrétaire national chargé des secteurs structurés du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Il est également chef d’entreprises au Niger, en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso. Sa mission au sein du MPP est de mobiliser les travailleurs du public, du parapublic et du privé. « Ce n’est pas une structure des fonctionnaires, mais des travailleurs militants au sein de notre parti politique », précise Ludovic Bakyono. Reçu à Burkina 24 le lundi 6 juillet 2020, il est revenu sur la vie de son parti politique à l’approche des élections de novembre 2020 et la préparation du congrès d’investiture du candidat du parti. L’actualité marquée par des soubresauts de crimes économiques a également été passée au crible.

Burkina 24 (B24) : Vous avez ouvert une petite brèche. A propos des secteurs structurés, l’Opposition vous a accusé à un certain moment de vouloir politiser l’administration publique. Qu’avez-vous à répondre ?

Ludovic Bakyono : A ce niveau, il y a une erreur monumentale qui est faite. Quand on lit la loi fondamentale, est-ce vous pouvez me donner l’article de cette Constitution qui fait référence à ça ? Est-ce qu’on a interdit à un travailleur de faire de la politique ? Aujourd’hui, vous prenez la majorité des maires et des députés, ce sont des agents soit de l’Etat ou du privé.

Maintenant, ce qui est reproché, c’est l’activisme au niveau des services étatiques. Et jusqu’à preuve du contraire, je n’ai jamais eu une plainte émanant de qui que ce soit critiquant le fait que des militants, fussent-ils du MPP, organisent des activités au sein de la structure. On ne l’a jamais fait depuis qu’on a créé le parti en 2014.

La seule chose, comme nous avons plus de militants que les autres, ils sont plus visibles. On n’a jamais tenu une réunion dans une administration quelconque. Un parti politique qui dit aujourd’hui qu’il n’a pas de militants parmi les travailleurs, c’est que ce n’est pas un parti sérieux. Je crois que c’est un faux débat qu’elle (l’Opposition) soulève. Je puis vous assurer qu’à ce niveau, nous respectons la loi.

 ” Le MPP n’est pas venu pour piller “

B24 : A cinq mois de la présidentielle, comment se porte votre parti, le MPP ?

Ludovic Bakyono : Je puis vous assurer que le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) se porte très bien. Depuis la création du parti à la date d’aujourd’hui, toutes les instances ont tenu, les congrès se sont tenus à bonne date, les sessions du Bureau politique national se sont tenus à bonne date et les différentes structures tiennent régulièrement des réunions et animent la vie politique. Les jeunes, les femmes, les anciens sont implantés sur toute l’étendue du territoire, le secteur informel, les personnes vivant avec un handicap. On a pratiquement la mobilisation partout. 

A cinq mois, nous avons une santé de fer. Le 29 février dernier, nous avons organisé une grande assemblée générale à Ouagadougou qui a réuni des militants venant de toutes les provinces. Près de 2.000 militants ont réaffirmé leur engagement à soutenir le Président Roch Marc Christian Kaboré dans la mise en œuvre du PNDES, ont également affiché leur engagement à accompagner le gouvernement pour la réalisation des derniers acquis qui constitueront le bilan à présenter durant cette élection. A ce jour, nous nous préparons comme tous les partis.

B24 : L’investiture du candidat du MPP est prévue pour le 11 juillet. Ce n’est plus un secret, c’est le candidat sortant, Roch Kaboré, qui postule. Comment se prépare cette cérémonie ?

Ludovic Bakyono : Ce grand congrès extraordinaire d’investiture sera l’occasion pour le parti, de réaffirmer son engagement à participer aux élections du 22 novembre 2020 et permettre à l’ensemble de nos délégués de donner leur quitus au candidat du parti. Et comme vous l’avez dit, ce n’est un secret pour personne, les différentes étapes pour identifier le candidat ont déjà été faites.

Le candidat est sans nul doute le président sortant (Roch Kaboré, ndlr) qui va être candidat à sa propre succession, malgré l’insécurité qui a plombé un certain nombre de réalisations, et malgré le Covid-19 qui a constitué également un frein à beaucoup de choses qui devaient être réalisées.

Ce congrès sera l’occasion de revisiter tout ce qui a été réalisé durant ces quatre dernières années sous la Présidence de Roch Marc Christian Kaboré et dégager les perspectives pouvant être prises en compte par lui-même pour le programme quinquennal à venir.

B24 : Dites-nous, pourquoi les Burkinabè devraient reconduire Roch Kaboré ?

Ludovic Bakyono : Parce que nous avons la chance d’avoir quelqu’un de très intègre, qui est d’une probité indiscutable aux yeux de tout le monde. Il fait l’unanimité et c’est quelqu’un qui a à cœur de se mettre au service du peuple et non de se servir du peuple.

La preuve, quand nous prenons ce qui se passe en matière de gouvernance générale, les réalisations qui ont été faites sous la gouvernance des deux Premiers ministres, Paul Kaba Thiéba et actuellement Christophe Marie Joseph Dabiré, nous pouvons être fiers de ce qui a été fait en matière d’infrastructures routières. Je pense que vous êtes à Ouagadougou, vous faites également des déplacements en province, aujourd’hui, même les aveugles sentent véritablement ce qui a été fait en matière d’infrastructures routières.

Quand vous prenez les infrastructures scolaires et universitaires, il y a véritablement un travail qui a été fait. Si vous prenez ce qui a été fait dans le cadre de l’électrification rurale, des choses ont été faites et dans le cadre de l’augmentation de la capacité d’offre de l’électricité, vous avez assisté récemment à l’acquisition de groupes qui vont renforcer la capacité d’offre de l’électricité.

Au niveau de la santé, la gratuité des soins, c’est du jamais vu. Vous avez vu combien d’actes médicaux ont été posés en faveur des femmes. En 2016, on était à 3.233.270 actes qui ont été posés et ensuite on est passé à 11 millions en 2018. Il y a des efforts qui sont faits pour la santé.

Les actes qui ont été posés pour les enfants de moins de 5 ans, en 2016, on était à plus de  7 millions d’actes. Ensuite, ça s’est poursuivi avec 6 millions en 2018 et en 2019, on était autour de 4 millions. Les actes ont baissé non pas parce que les montants alloués ont diminué, mais parce qu’en prenant en compte tout le monde, et comme les gens n’avaient pas l’habitude de la fréquentation des structures sanitaires, cela a amené une anticipation et beaucoup de maladies de ces trois dernières années ont été résorbées au point que les gens ont pris l’habitude de fréquenter les structures sanitaires. 

” Depuis la prestation de serment du Président Roch Marc Christian Kaboré, il n’y a jamais eu de crimes politiques” (Ludovic Bakyono)

B24 : Sur ce volet de la santé, il y a eu beaucoup de débats. Des syndicats de la santé estiment que la gratuité a entraîné une détérioration du système sanitaire public…

Ludovic Bakyono : Souvent, il y a des débats dans lesquels il est inutile de s’engouffrer. Tout comme moi, nous appartenons à des localités. Nous connaissons comment sont les comportements des populations à l’endroit des formations sanitaires. Le premier acte que les gens posent quand ils ont une maladie c’est quoi ? Ils s’adressent soit à un guérisseur ou à un tradi-praticien. Mais avec la gratuité, les gens ont commencé à fréquenter (les centres de santé, NDLR). Pour ce débat, la presse peut jouer le rôle d’arbitre. Vous pouvez aller adresser vos micros et vos caméras aux bénéficiaires. Eux pourront apprécier objectivement.

Malheureusement, on a l’impression que certains syndicats, au lieu de prendre le gouvernement comme un partenaire avec lequel il discute pour améliorer les conditions de travail et de vie des travailleurs, ils prennent plutôt le gouvernement comme un adversaire et on a l’impression qu’on tombe sur le terrain politique. Cela fait qu’il y a certaines critiques pour lesquelles il est inutile de perdre le temps, parce que le gouvernement travaille, c’est ça qui est important.

Quand on continue par rapport aux différentes réalisations, quand vous allez au niveau des recrutements au ministère de la santé, il y a eu 17.688 agents qui ont été recrutés comme agents communautaires pour chaque village. Je parle de 2016 à maintenant, vous avez 1.479 médecins qui ont été recrutés, vous avez 198 pharmaciens qui ont été recrutés, vous avez 5.880 maïeuticiens, infirmiers brevetés et sages-femmes qui ont été recrutés.

C’est pour dire que véritablement, il y a des efforts qui sont faits. Si on veut faire une énumération de tout ce qui a été fait, on pourrait passer des jours et des jours à les citer. Je ne refuse pas qu’il y ait eu des insuffisances dans la réalisation de certains projets et c’est seulement ceux qui travaillent qui peuvent avoir la chance de pouvoir se corriger. Mais à la clé, il faut reconnaître qu’un travail a été fait et c’est ça qui est positif. Regardez au niveau de la gouvernance, il y a des faits que les gens ne développent pas mais qui sont importants pour moi.

B24 : Lesquels ?

Ludovic Bakyono : Vous êtes au Burkina comme moi, depuis la prestation de serment du Président Roch Marc Christian Kaboré, il n’y a jamais eu de crimes politiques. Quelqu’un n’a jamais été assassiné pour ses opinions politiques. C’est déjà un changement. Aujourd’hui, les marchés publics, vous n’avez aucun de la famille présidentielle qui est au centre d’activités du genre prestataire de l’Etat et aucun de sa belle-famille n’est impliqué dans les activités économiques du pays.

Cela veut dire qu’il y a un changement qui est en train de se faire et il faut qu’on ait l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que des efforts sont faits pour assainir la gouvernance. L’autre élément non moins important, l’indépendance de la justice. C’est sous notre gouvernance qu’elle est véritablement consacrée. Il n’y a plus d’interférences. Le pire, c’est qu’aujourd’hui, les gens ont l’impression qu’il y a plus de corruption, non ! C’est parce que maintenant, le terrain est vraiment propice pour que les gens puissent critiquer, dénoncer.

Certaines affaires qui sont réveillées aujourd’hui, ce sont des affaires qui datent depuis l’ancien régime, mais qui en parle ? Les gens en parlaient à l’époque mais ça n’a jamais prospéré. Aujourd’hui, nous sommes dans un terrain favorable pour que la vraie démocratie s’installe, pour que l’Etat de droit soit approfondi, mais avec l’implication de tous.

B24 : Un des récents débats, c’est la tenue des élections sur l’ensemble du territoire. L’opposition non-affiliée (ONA), ne souhaite pas la tenue des élections amputant une partie du territoire national et de la population burkinabè. Est-ce une préoccupation légitime ?

Ludovic Bakyono : Tenir les élections sur l’ensemble du territoire, c’est la volonté affichée par le gouvernement et par le MPP. Seulement, ce sont des réalités objectives qui s’imposent aux gens. Ce n’est pas nous qui organisons les élections, c’est la CENI (Commission électorale nationale indépendante, ndlr).

C’est elle qui dira objectivement où elle peut organiser les élections. Pensez-vous qu’avec les personnes déplacées internes qu’on compte par centaines de milliers, est-ce que objectivement, si ce n’est créer un débat national inutile, une zone qui a été totalement délaissée par les populations, est-ce qu’il sied d’implanter un bureau de vote ?

Ils (les partis de l’ONA) auraient eu la sagesse de dire qu’ils souhaitent que ces bureaux de vote soient ramenés vers les déplacés, j’aurais compris. Combien de personnes de l’étranger votent lors des élections dans leur pays ? Le débat qu’ils ont levé est un faux débat.

B24 : Mais il est du rôle du gouvernement de sécuriser ces zones pour que chaque Burkinabè soit à l’aise dans sa localité pour exprimer son droit de vote ?

Ludovic Bakyono : Ce que vous dites est absolument vrai. C’est le rôle de l’Etat et c’est ce que l’Etat fait depuis le début. Quand il y a eu la première attaque au Cappuccino, à peine le président venait de faire sa prestation de serment que c’est intervenu. Avant cette date, avez-vous eu connaissance d’attaques aussi gravissimes sur notre territoire ? Même si la question de la sécurité figurait dans le programme du Président, elle n’était pas logée à la même enseigne que la situation que nous vivons actuellement.

Du même coup, est-ce que c’est de gaieté de cœur que les populations ont fui ? Elles ont fui parce qu’elles n’avaient pas d’autres solutions. On ne va pas réinventer la roue, même des pays développés, on a vu l’attaque du World Trade Center aux Etats-Unis, malgré les services de renseignement les plus futés du monde, est-ce qu’ils ont pu empêcher cela ? Les attaques dans plusieurs pays européens, c’est dire que ce sont des situations que tout le monde peut vivre.

Quand c’est ce type de guérilla, ce n’est plus une question de formation ni d’équipements des militaires. Le fait que ce soit quelque chose d’imprévu, c’est ce côté qui provoque la situation d’incertitude qui fait que malgré que nous ayons des Forces de défense et de sécurité qui sont bien formées, qui ont l’amour du pays et qui se battent pour le pays, il y a des situations où ce n’est pas de leur faute.

Le gouvernement fait ce qu’il peut en accompagnant les forces de défense et de sécurité. Elles aussi, elles se battent comme elles peuvent et pour cela, je crois que vos militants de l’ONA, ce qu’ils auraient dû faire, c’est de faire un message ou un meeting pour soutenir les Forces de défense et de sécurité.

B24 : Le Président de l’UPC et candidat déclaré à la Présidentielle a souhaité un audit international du fichier électoral. Que pensez-vous de cette requête ?

Ludovic Bakyono : Cette demande n’est pas contraire à ce que nous aussi on aurait voulu. Si effectivement il y a la possibilité d’organiser un audit sur le fichier, ça va rassurer tout le monde. Ma seule crainte, c’est que, quelqu’un qui commence déjà à douter de la fiabilité du fichier électoral, il a 98,98% de chance de remettre en cause les résultats des élections. [Lire la suite dans cette vidéo]

Vidéo – Ludovic Bakyono sur la demande de l’audit du fichier électoral au Burkina Faso

Burkina 24

B24 : Il y a aussi ces scandales financiers à répétition impliquant des personnes au pouvoir, le dossier Jean-Claude Bouda par exemple. Des Burkinabè n’hésitent pas à affirmer que vous êtes au pouvoir pour piller le peuple…

Ludovic Bakyono : Je pense que cela n’est pas vrai. Le MPP n’est pas venu pour piller. Si le MPP était venu pour piller, je pense que ce que le gouvernement a consenti pour améliorer les conditions de vie et de travail des travailleurs n’allait pas être fait. Je renvoie vos lecteurs, auditeurs, téléspectateurs à une chose. Lorsque le Président Roch Marc Christian Kaboré faisait sa prestation de serment, il a été clair sur une chose. Il a dit que durant son mandat, il ne protégera personne et chacun sera responsable de ses actes et en assumera l’entière responsabilité.

Aujourd’hui, il y a une chose qui est certaine. Je ne dis pas que tous les militants du MPP sont véritablement des saints. Non, pas du tout ! Nous avons du tout dans tous les partis. Nous avons aussi des personnes vertueuses à l’image du Président du Faso qui a une ligne de conduite claire et indiscutable.

Sous notre gouvernance, combien de personnes ont été relevées de leurs fonctions ? Par le passé, ça ne se faisait pas. Vous avez vu au niveau du FAFPA, Ibrahim Ouédraogo a été relevé de ses fonctions, il a même fait la prison. Vous avez vu le SP (Secrétaire permanent, ndlr) des engagements nationaux qui a également eu des soucis. C’est pour dire que le cas de Jean-Claude Bouda n’est pas un fait nouveau.

Ma crainte, j’ai bien peur qu’aujourd’hui, la situation qu’on présente donne l’impression que c’est uniquement au MPP qu’on voit ça. On a vu pire que ça avant et on a beaucoup de dossiers plus emblématique que ce qu’on vit.

Mais ce que je souhaite aujourd’hui, comme le REN-LAC et beaucoup de structures qui sont prompts à dénoncer, qu’ils aient également la sagesse de ne pas faire une sorte de stigmatisation contre ceux qui sont des militants du pouvoir. Qu’ils fassent en sorte qu’il y ait une équité. Ce qui est anormal ne doit pas provenir de qui que ce soit. Même si c’est dans leur camp. Aujourd’hui, si vous prenez la loi sur le délit d’apparence, vous savez combien de syndicalistes qu’on peut aujourd’hui enfermer ?

B24 : Vous en connaissez ?

Ludovic Bakyono : Oui, mais je ne citerai pas de noms puisque vous les connaissez déjà (rires). Vous savez combien de travailleurs n’ont plus le courage de montrer les maisons qu’ils ont construites, alors qu’avant c’était une fierté ? La réalité, si on veut appliquer ça (loi sur le délit d’apparence, ndlr) au pied de la lettre, presque nous tous, nous allons nous retrouver dedans.

Je le dis, parce qu’aujourd’hui, il y a des gens qui ne peuvent pas justifier leur niveau de vie. Si on veut appliquer cette loi, si on veut travailler de manière minutieuse, il y a des gens qu’on n’imagine pas mais tous seront sur le banc des accusés.

Donc pour moi, il ne faut pas que cela soit une question ciblée, c’est le MPP… non ! Le MPP n’est pas fait seulement de voleurs. Non, pas du tout ! Nous avons aussi des gens intègres qui dirigent avec brio, avec compétence, avec intégrité et ils donnent des résultats. Et vous pouvez recruter également des escrocs dans tous les partis. Ça c’est clair. Y compris dans les syndicats, dans les associations…

Le mal n’est pas seulement en politique. Il y en a partout. Ce n’est pas la politique qui est le mal, mais les acteurs. Pour moi, il ne faut pas stigmatiser le pouvoir en place, parce que le cas de Jean-Claude Bouda, il est présumé coupable, présumé innocent, jusqu’à ce qu’un procès équitable puisse établir, c’est le droit. Vous pouvez avoir raison comme vous pouvez avoir tort.

Il faut qu’on travailler à faire en sorte que les lois que nous appliquons ne soient pas ciblées sur des personnes. C’est vrai que le MPP va durer au pouvoir, mais si d’autres viennent, que ce ne soit pas à leur tour de subir les affres. Il faut que les gens se ravisent et, les faits de corruption, de mauvaise gouvernance financière qui sont dénoncés, c’est parce que sous notre gouvernance, l’indépendance de la justice est effective.

Cela donne l’impression que c’est maintenant qu’il y a plus de corruption. Non ! Dans le passé, il y a eu des cas pires qui n’ont pas été suivis d’effet. Aujourd’hui, on doit quand même saluer la gouvernance du MPP parce qu’on ne protège personne.

B24 : Pour revenir au bilan du Président Kaboré, en termes d’auto-critique, dans quels domaines le Président a échoué durant son quinquennat ?

Ludovic Bakyono : Je ne parlerai pas d’échec en tant que tel. Je dirais plutôt qu’il n’a pas eu les mains libres pour dérouler son programme comme il se devait et comme il le voulait. Je prends pour preuve la situation sécuritaire qui est devenue préoccupante et qui a demandé une augmentation des budgets liés à la sécurité. Du coup, il a fallu geler certains projets d’investissement qui impactent sur la vie sociale des populations. Donc, il n’a pas eu les mains libres pour dérouler son programme. Je sais que le contexte sécuritaire y est pour quelque chose principalement.

Sinon, en dehors de cela, c’est quelqu’un qui est serein, qui est un homme d’engagement, un homme de parole et qui croit en ce qu’il fait. Il croit au Burkina Faso et il est prêt au sacrifice pour son pays.

Vidéo – “Le MPP n’est pas fait seulement de voleurs. Non, pas du tout ! Nous avons aussi des gens intègres qui dirigent avec brio, avec compétence” (Ludovic Bakyono)

Burkina 24

B24 : Nous sommes au terme de l’entretien, avez-vous un point à développer ?

Ludovic Bakyono : Il y a deux points, le premier, en attendant que d’autres voix plus autorisées le fassent, c’est de nous excuser parce qu’on attendait une participation au congrès d’investiture de plus de 50.000 personnes. Malheureusement, les mesures barrières (liées au Covid-19, ndlr) imposent qu’on limite. Nous sommes en charge du pays, nous n’allons pas donner le mauvais exemple. C’est ce qui a fait qu’on a dû réduire les effectifs alors que les gens voulaient donner un cachet particulier à cet événement qui allait donner encore du fil à retordre et de la panique dans les camps adverses (rires).

Le deuxième point, c’est de rassurer les travailleurs que nous avons la chance d’avoir un gouvernement qui a à cœur de faire ce qui est en son pouvoir pour améliorer leurs conditions. Malheureusement, le contexte économique est tel que le gouvernement ne peut pas aller au-delà de ce qu’il fait. Il faut que les travailleurs prennent sur eux, de faire un bilan sur tout ce qu’il y a eu comme acquis durant la Présidence du Président Roch Marc Christian Kaboré.

Malheureusement, nous avons constaté ces derniers temps, une sorte de violence dans les mots. Quand vous avez des responsables syndicaux qui insultent le gouvernement de voyou, qui utilisent des propos injurieux, je pense que là, on passe à côté. On peut mieux faire. On a eu plusieurs syndicats à l’époque, on a jamais assisté à ces genres de ton dans les propos. Quand on encourage les gens à pratiquer la violence, on est en train de dévoyer le syndicalisme de ses fondamentaux. Et j’ai bien peur que cela ne contribue à tuer le syndicalisme au Burkina Faso. Heureusement que ce ne sont pas tous les syndicats qui sont alignés dans cette dynamique.

Propos recueillis par Ignace Ismaël NABOLE

Related posts

Leave a Comment