L’incendie Dixie Fire brûle depuis un mois dans une Californie où « il fait plus chaud que jamais »

Plus de 6 000 pompiers luttent contre le brasier, qui dévaste des hectares de forêt et menace les villes dans le nord de l’Etat, où les conditions météorologiques empirent chaque jour.

La petite ville minière de Greenville et sa rue principale ont été réduites en cendres, la semaine dernière, un désastre qui est devenu le symbole médiatique de la catastrophe naturelle. JUSTIN SULLIVAN / AFP

C’est, de l’avis de pompiers et de spécialistes, un des pires incendies qu’ait jamais connu la Californie. Avec des conditions météorologiques qui ne devraient pas s’améliorer dans les prochains jours, le pire est à craindre. Le Dixie Fire, apparu le 14 juillet dans le massif montagneux de la Sierra Nevada, brûle quotidiennement des hectares de forêt et menace les petites villes sur son passage, attisé par une chaleur caniculaire, une sécheresse et des vents continus.

Les quelque 6 000 pompiers qui sont désormais mobilisés, jeudi 12 août, peinent à le circonscrire à cause de son envergure et de son imprévisibilité. « On ne sait pas où ce feu va finir ou même où il va s’arrêter. Il continue à nous poser des soucis », résume Chris Carlton, responsable de la forêt nationale de Plumas, dans le nord de l’Etat. La fumée noire de la végétation calcinée empêche régulièrement les avions de survoler certaines parties de l’incendie pour tenter de l’éteindre. Le Département californien des forêts et de la protection contre les incendies estime que 27 % du sinistre a, jusqu’ici, été contenu, sur une zone de 1 994 km2.

Des milliers d’hommes, femmes et enfants ont fui les flammes, qui ont détruit plus d’un millier de maisons, selon les autorités. La petite ville minière de Greenville et sa rue principale ont été réduites en cendres la semaine dernière, un désastre qui est devenu le symbole médiatique de la catastrophe naturelle. Le Dixie Fire n’a fait que prendre de l’ampleur depuis et menace encore d’autres petites villes et villages ruraux de la Sierra Nevada.

« Les sécheresses sont beaucoup plus sévères, il fait plus chaud que jamais »

Les quelque 6 000 pompiers qui sont désormais mobilisés, jeudi 12 août, peinent à le circonscrire, à cause de son envergure et de son imprévisibilité.
Les quelque 6 000 pompiers qui sont désormais mobilisés, jeudi 12 août, peinent à le circonscrire, à cause de son envergure et de son imprévisibilité. FRED GREAVES / REUTERS

Une dizaine d’incendies de moindre envergure se sont déclarés en même temps dans l’Etat de Californie. Dans l’ensemble de l’ouest des Etats-Unis, les autorités comptabilisent près d’une centaine de feux. Ceux-ci sont courants dans la région, mais un été extrêmement chaud et l’accumulation d’années de sécheresse ont rendu propice l’apparition d’immenses feux de forêt.

Les conditions météorologiques ne devraient pas s’améliorer dans l’immédiat, au contraire. Les températures pourraient dépasser les 37,8 °C dans certaines régions de la Californie, selon le Département californien des forêts et de la protection contre les incendies, avec une diminution forte du rapport d’humidité et des vents encore plus forts. Il y aura des orages, certes, mais ce sera des orages « secs », qui ne vont pas aider les pompiers mais, au contraire, attiser les flammes.

La petite ville minière de Greenville et sa rue principale ont été réduites en cendres, la semaine dernière, un désastre qui est devenu le symbole médiatique de la catastrophe naturelle.
La petite ville minière de Greenville et sa rue principale ont été réduites en cendres, la semaine dernière, un désastre qui est devenu le symbole médiatique de la catastrophe naturelle. JUSTIN SULLIVAN / AFP

« Les sécheresses sont beaucoup plus sévères, il fait plus chaud que jamais. Nous devons admettre ouvertement que ces incendies sont causés par le climat », a déclaré le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, inspectant les zones touchées en début de semaine. Il a promis plus de ressources à la gestion forestière et à la prévention des incendies, pour essayer d’éviter de tels désastres.

Selon une enquête préliminaire, le Dixie Fire, nommé pour la rue dans laquelle il a commencé, a été provoqué par la chute d’un arbre sur un câble électrique. Cette ligne électrique appartient à la Pacific Gas and Company (PG & E), un opérateur privé déjà coupable d’avoir provoqué le Camp Fire, incendie qui avait tué 86 personnes en 2018, à seulement quelques kilomètres de là. Huit des dix plus gros incendies jamais survenus en Californie ont eu lieu depuis 2017. Le plus grand, jusqu’ici, a été l’August Complex – 37 foyers provoqués par des éclairs dans la forêt de Mendocino, à la lisière de l’Oregon. Le Dixie Fire ne fait actuellement que la moitié de ce dernier.

Le Monde avec AFP, AP et Reuters

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