Libye : Retournement de situation en faveur des forces du gouvernement d’union nationale

Depuis le lundi 8 juin 2020, les forces du Gouvernement d’union nationale (GNA) ont repris le contrôle de tout l’ouest libyen. Cette reprise des troupes du GNA a scellé l’échec de l’offensive du maréchal Khalifa Haftar contre Tripoli. Ce rééquilibrage sur le terrain s’est fait avec l’appui d’Ankara au Premier ministre Fayez al-Sarraj. Et ce retournement de situation a contraint l’ex-homme fort de l’est et ses alliés égyptiens et russes, à privilégier la carte diplomatique.

La Libye est en proie au chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Le conflit a connu une implication croissante de puissances étrangères. Ainsi, après les canons, l’option diplomatique semble être envisagée avec l’équilibre des forces depuis la prise du contrôle de tout l’ouest libyen par les troupes loyales au gouvernement d’union (GNA), reconnu par la communauté internationale, aux dépens de l’armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar. Depuis la chute du colonel Kadhafi, l’homme fort de l’est libyen affirmait contrôler 80 % du pays. Mais ces dernières semaines, la situation a connu un tournant majeur dans le conflit.

En effet, les forces du GNA, avec l’appui de la Turquie, ont pris le contrôle de tout l’est. Et mieux, elles sont parties à l’assaut de la ville de Syrte, verrou stratégique entre l’est et l’ouest, située à 450 km à l’est de la capitale. « Avec fierté et honneur, nous déclarons la libération de la base militaire d’Al-Watiya de l’emprise des milices criminelles et des mercenaires terroristes (pro-Haftar) » a annoncé, dans un communiqué, Fayez al-Sarraj, le chef du Gouvernement d’union nationale (GNA) basé à Tripoli et reconnu par l’ONU.

C’est donc un nouveau revers essuyé par le maréchal Haftar dans son offensive contre la capitale libyenne. Aidés par la Turquie, les pro-GNA ont intensifié les raids aériens contre leurs rivaux ces dernières semaines, visant notamment leurs lignes d’approvisionnement autour de la base d’Al-Watiya et la ville de Tarhouna, désormais la seule base-arrière des pro-Haftar, située à quelque 80 km au sud-est de Tripoli.

« Le succès d’aujourd’hui n’est pas la fin de la bataille mais elle nous rapproche plus que jamais de la grande victoire, où toutes les villes et les régions seront libérées, et de l’anéantissement définitif du projet hégémonique et tyrannique qui menace les espoirs, et les attentes des Libyens d’un état-civil et démocratique », a encore ajouté Sarraj.

C’est dans ce contexte que l’Egypte, qui est l’un des principaux soutiens étrangers, avec la Russie et les Emirats arabes unis, a volé au secours du maréchal en proposant un cessez-le-feu à partir du lundi 8 juin, et une feuille de route pour la Libye. Signe que le camp Haftar n’envisage plus que la solution militaire au conflit libyen.

Si le cessez-le-feu a été accepté par le maréchal, le GNA, qui a ralenti la progression de ses combattants vers Syrte, n’y a pas encore donné suite. Le GNA semble ne plus être favorable à l’option de la négociation avec le camp Haftar. Le GNA avec ce nouveau retournement de la situation semble vouloir opter pour la solution militaire surtout grâce à l’appui de la Turquie. En rappel, le GNA, basé à Tripoli, peinait à asseoir son autorité sur le pays miné par les divisions et les violences depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

O.I.
Lefaso.net

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