Libération d’otages français au Burkina Faso: La lettre d’un citoyen burkinabè à Emmanuel Macron

« Lettre adressée par un citoyen français et burkinabè au Président de la République Française, Son Excellence Monsieur Emmanuel MACRON :

Excellence, Monsieur Le Président, Et Bien Cher Compatriote et Ami,

J’ai eu l’occasion, non seulement de prédire votre élection à la tête de l’Etat français puis, ensuite de vous adresser, par l’intermédiaire de Mme DIAYE, mes félicitations pour votre brillante élection à la Magistrature Suprême de notre pays. Après cette libération d’otages au Burkina Faso, je me permets de m’adresser à vous non seulement en tant que citoyen français, mais également en tant que fils du Burkina Faso.

En effet, au moment où la France entière pleure les deux militaires des forces spéciales, tombés les armes à la main dans la mission de sauvetage des otages qui leur a été confiée par vos soins je voudrais, à travers cette missive, tout d’abord, saluer, la bravoure et la mémoire de ces deux vaillants combattants de la liberté et, ensuite proposer une solution qui nous permettrait de sortir de cet imbroglio et surtout de ce guêpier ou bourbier qui semble guetter notre armée.

L’armée française n’est plus seulement une armée nationale parce qu’elle se voit confier des missions internationales qu’elle exécute avec brio, courage et détermination dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Les français l’ont compris car si on ne combat pas le terrorisme à Dori, Yigou komyanga, ils viendront nous attaquer au Bataclan et sur le marché de Strasbourg…

Cependant et comme vous le savez, cette guerre contre le terrorisme n’est pas une guerre classique et traditionnelle avec une défense de positions fixes et prédéterminées. Elle est, bien au contraire, une guerre asymétrique qui nécessite une stratégie idoine et adéquate de sorte que même l’arme atomique ne pourrait, à elle seule, venir à bout de l’hydre terroriste.

Depuis plusieurs années, le Burkina Faso a été épargné par ces attaques terroristes en raison du pragmatisme de son ancien Président, Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré dont le secret reste aujourd’hui une énigme et dont il conviendrait de le mettre à contribution afin de trouver des solutions adaptées à la lutte contre ce terrorisme.

D’ailleurs, cet ancien Président, Blaise Compaoré vient de proposer, par voie de lettre officielle remise par le Ministre de la Défense de la République de Côte d’Ivoire, au Président en exercice du Burkina Faso et du G5, Son Excellence Marc Christian Kaboré, sa disponibilité à aider à la lutte contre le terrorisme. Au Burkina Faso, particulièrement, en dépit des efforts constants des autorités burkinabè, le terrorisme continue de décimer quotidiennement à la fois, les forces de défense burkinabè si ce ne sont de jeunes enseignants qui sont littéralement fusillés au sein de leur école primaire dont leur seul tort, selon les assaillants est simplement d’administrer le savoir aux jeunes générations. La pendaison d’un prêtre catholique a fini de nous convaincre que cette hydre n’a pas de logique dans son entreprise terroriste…

A cette main tendue du Président Blaise Compaoré, en tout et pour tout, les autorités burkinabè actuelles, par l’entremise du porte-parole du Gouvernement, (Monsieur Rémis Fulgance Dandjinou) se sont contentées de « prendre acte » de cette offre de concours alors que le terrorisme fait rage dans la sous-région et plus particulièrement au Burkina Faso. Ce qui est contestable et inacceptable de la part du Gouvernement de son Excellence Monsieur Le Président Roch Marc Christian Kaboré, si on sait que pendant 27 ans de « plusieurs magistratures » du pouvoir de son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, aucun coup de feu n’a été tiré par les terroristes sur le territoire burkinabè. Chapeau bas ! Mister Président. Au moins sur ce plan, le bilan du Président Blaise Compaoré est honorable quand on sait que depuis l’avènement du pouvoir Mpp au Burkina Faso, on décompte aujourd’hui plus de 500 morts liés directement, ou indirectement aux groupes terroristes.

Ce refus implicite de la main tendue des autorités actuelles du Burkina Faso de l’ancien Président Blaise Compaoré constitue, à mes yeux, à n’en pas douter, une non-assistance à peuple burkinabè en danger immédiat d’actes de terrorisme et contraire aux règles élémentaires de la nécessité de réconciliation nationale entre filles et fils d’un même pays, d’une même entité géographique, surtout en raison de la gravités des atteintes non seulement à deux de nos militaires des forces spéciales mais également à l’intégrité du territoire burkinabè. Pour s’en convaincre de ces graves atteintes à l’intégrité du territoire burkinabè, il suffit de se référer aux limites territoriales de dangerosité absolue marquée au fer rouge par le Quai d’Orsay et l’invite du Ministère des Affaires Etrangères française à ne pas se hasarder dans ces espaces de danger facilitant la prise d’otages par ces terroristes.

Récemment la Chancelière allemande Madame Angela Merkel s’est rendue au Burkina Faso et a repris en crédo en refrain et boucle cette nécessité absolue de réconciliation nationale en prenant l’exemple vécu pendant les deux grandes Guerres Mondiales entre la France et l’Allemagne nazi. Ce qui n’a pas empêché de promouvoir la réconciliation entre les deux peuples et la mise en place de la construction européenne dont les français sont aujourd’hui fiers.

Dès lors, si les peuples allemands et français ont pu se réconcilier après tant de millions de morts, pourquoi le peuple burkinabè ne peut pas se réconcilier après une petite insurrection, d’ailleurs inachevée ?

C’est la raison pour laquelle, eu égard à l’excellence de vos relations avec Son Excellence le Président Roch Marc Christian KABORE, je vous suggère, en tant que citoyen à la fois français et burkinabè, de « peser » de toute vos forces par la persuasion naturelle dont les français vous reconnaissent afin que les deux Présidents (l’actuel Roch Marc Christian Kaboré et l’ancien Blaise Compaoré) puissent se réconcilier parce qu’à défaut de cette réconciliation nécessaire et utile, il est à craindre d’autres types de massacres dans la sous-région. Vous ferez sans aucun doute une œuvre utile car, comme le disait le Maréchal LYAUTEY« Une troupe bien en main moins instruite, vaut mieux qu’une troupe plus instruite moins en main ».

A ce sujet, des solutions existent, notamment sur le plan du renseignement militaire initialement mis en place par le Général Gilbert DIENDERE.

Ne dit-on pas, de manière universelle, que lorsque la maison du voisin brûle, on ne s’embarrasse pas des ustensiles pour contenir l’incendie. Et bien la maison Burkina Faso « brûle » actuellement et Monsieur Le Président, vous avez l’impérieux devoir de nous aider à éteindre l’incendie à l’instar de nos parents et grands-parents venus à la rescousse de la mère-patrie, la France pour venir à bout à deux reprise pour anéantir le nazisme. Ils (nos parents et grands-parents) avaient une certaine idée des valeurs universelles de la liberté et surtout de la solidarité entre les peuples et ils ont, avec bravoure et détermination défendu ces valeurs comme l’ont fait les deux militaires français des forces spéciales à qui vous rendrez honneur ce lundi aux invalides.

C’est la raison pour laquelle je ne saurai terminer cette invite sans vous adresser toutes mes félicitations pour la méthodologie que vous avez usitée pour contenir le mouvement des gilets jaunes par l’expression historique du Général De Gaule : « Je vous ai compris ».

J’espère que vous me comprendrez dans ma démarche qui n’est que celle du « rôle social de l’officier » militant dans la réserve citoyenne française et qui aime également son Burkina Faso qui l’a vu naître.

Le Maréchal LYAUTEY, cet officier supérieur exemplaire ne disait-il pas qu’ : « Il y a deux catégories d’êtres, ceux qui rayonnent : l’élite ; ceux qui absorbent : les parasites. Je ne me suis jamais entouré que de rayonnants. Ils ont décuplé ma force ».

Alors, Monsieur Le Président MACRON, soyez donc notre Maréchal LYAUTEY moderne et permettez au Burkina Faso de « décupler sa force » dans la lutte contre le terrorisme en facilitant la réconciliation entre les deux Présidents, Roch Marc Christian KABORE et Blaise COMPAORE qui n’a d’ailleurs jamais démérité dans la lutte contre le terrorisme dans la sous-région.

Restant à votre entière disposition dans le cadre de cette recherche de réconciliation nationale au Burkina Faso, je vous prie de croire à l’assurance de la plus grande estime en laquelle je vous tiens.

netafrique.net

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