Les adieux en demi-teinte d’Angela Merkel et Vladimir Poutine

La chancelière allemande, qui quittera le pouvoir après les législatives de septembre, a rencontré une dernière fois son homologue russe. La fin d’une relation d’une exceptionnelle longévité marquée ces dernières années par les différends.

La poursuite du dialogue, coûte que coûte. C’est le credo qu’ont répété Angela Merkel et Vladimir Poutine, vendredi 20 août, à l’occasion de ce qui restera probablement la dernière visite de la chancelière allemande à Moscou avant son départ du pouvoir.

« Même si nous avons de profonds différends, nous nous parlons et cela doit continuer ainsi », a insisté Mme Merkel lors de sa conférence de presse conjointe avec M. Poutine. « J’espère que cela se poursuivra ainsi », lui a répondu le président russe, qui n’a pas tari d’éloges sur son hôte, dont la longévité à la chancellerie « ne peut que susciter le respect ». « L’Allemagne reste un de nos principaux partenaires en Europe et dans le monde, et cela grâce à vous notamment », a-t-il ajouté.

Ces assauts de politesse étaient attendus. Angela Merkel quittera le pouvoir après les élections législatives du 26 septembre, et cette visite – la vingtième en Russie depuis sa prise de fonctions en 2005 – était une nouvelle étape de la tournée d’adieu qu’elle a engagée, mi-juillet, aux Etats-Unis. « Vous serez toujours la bienvenue plus tard », a précisé Vladimir Poutine. Ce dernier a d’ailleurs gardé d’excellentes relations avec le prédécesseur social-démocrate de Mme Merkel, Gerhard Schröder, associé aux intérêts russes en tant que président du conseil de surveillance du pétrolier Rosneft.

Les dossiers les plus brûlants ont été soigneusement évités lors de cette conférence de presse au cours de laquelle M. Poutine a préféré insister sur la bonne tenue des échanges bilatéraux. Ainsi, pas un mot n’a été dit sur les accusations de cyberattaques russes lancées à plusieurs reprises par Berlin ou sur le meurtre d’un opposant tchétchène au cœur de Berlin, en août 2019, toujours sujet d’un vif contentieux. En mai, trois ONG allemandes ont été bannies de Russie, entraînant un gel du Dialogue de Saint-Pétersbourg, structure lancée en 2001 par MM. Poutine et Schröder et censée favoriser les contacts entre les deux sociétés civiles.

Appel à la libération d’Alexeï Navalny

Sur les sujets d’actualité internationale du moment, ce sont pourtant bien les différends qui ont occupé les discussions, donnant à l’exercice une allure étrange, comme si les deux dirigeants constataient en temps réel les limites du dialogue tant loué.

Face à la presse, Angela Merkel a ainsi immédiatement abordé le cas de l’opposant emprisonné Alexeï Navalny, en réclamant une nouvelle fois sa libération. La chancelière allemande était attendue sur le sujet, alors que sa visite à Moscou coïncidait avec le premier anniversaire de l’empoisonnement de M. Navalny, victime d’un malaise à bord d’un vol commercial en Sibérie, le 20 août 2020, avant d’être transféré et soigné à l’hôpital berlinois de la Charité, où Mme Merkel lui avait rendu visite.

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