Le variant Delta provoque des craintes pour la rentrée scolaire

Si la part des enfants et adolescents dans les contaminations au Covid-19 reste faible et comparable aux autres vagues, médecins et scientifiques s’inquiètent d’une accélération de la circulation du virus après le retour en classe.

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A une semaine de la rentrée scolaire, le retour des enfants et adolescents dans le milieu clos des salles de classe est source d’inquiétude pour de nombreux spécialistes, alors que le pic des hospitalisations de la quatrième vague n’a pas encore été atteint.

D’autant plus que certains signaux alarmants sont parvenus des régions du sud de la France. Au 23 août, dix-neuf enfants et adolescents de 0 à 19 ans étaient hospitalisés en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), dépassant les seuils franchis lors de la troisième vague. Des chiffres à lier aux niveaux d’incidence records atteints dans ces territoires au gré des mouvements des vacanciers. 

« On a un peu plus d’enfants que d’habitude. Actuellement, quatre à six sont hospitalisés en permanence, contre un à trois lors des vagues précédentes, annonce Isabelle Claudet, chef des urgences pédiatriques au centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse. Il s’agit beaucoup de petits bébés de moins de deux mois, dont les parents avaient aussi le Covid. » Mais ce sont pour la plupart de cas sans gravité. « Un nouveau-né avec de la fièvre sera forcément gardé à l’hôpital, qu’il ait le Covid ou non. De nombreux enfants un peu plus âgés sont testés positifs mais renvoyés chez eux car hors de danger », précise la médecin.

Le même phénomène est observé à l’hôpital d’Antibes (Alpes-Maritimes). « Il y a beaucoup plus de cas positifs parmi les enfants que lors des vagues précédentes, que l’on détecte fortuitement, quand ils viennent consulter pour d’autres symptômes type gastro-entérite, opine Ali Khalfi, chef des urgences pédiatriques. Mais on ne voit que très peu de cas graves. »

« Il faut s’attendre à une hausse des hospitalisations »

La plus grande transmissibilité du variant Delta provoque mathématiquement plus de contaminations et donc plus d’hospitalisations, sans qu’une plus grande létalité du variant n’ait été démontrée jusque-là. « C’est comme une pyramide : plus la base est large, plus le sommet s’élargit », souligne Ali Khalfi, tout en nuançant : « Il est possible que l’on constate des cas plus graves dans le futur, mais il n’y a pas encore d’étude pour le prouver. »

Malgré la plus grande contagiosité du variant Delta, « en France, comme dans le reste de l’Europe, les pédiatres ne rapportent pas de signaux inquiétants en rapport avec la sévérité des infections au variant Delta, ni d’augmentation des cas plus sévères de Covid-19 », ont indiqué les sociétés savantes dont la Société française de pédiatrie, le groupe Covid inflammation pédiatrique et l’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA) dans un communiqué commun lundi 23 août.

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