Le système immunitaire : mieux comprendre son fonctionnement

Le système immunitaire est un système de surveillance et de défense qui fonctionne en permanence pour protéger notre organisme des agressions extérieures. Il est constitué de plusieurs organes et de dizaines de types différents de cellules. Le point avec nos experts !

Sommaire

  1. Comment agit le système immunitaire ?
  2. Quels sont les principaux organes du système immunitaire ?
  3. Comment se forme notre système immunitaire ?
  4. Produit-on toujours des anticorps en cas d’infection ?
  5. Nous protègent-ils forcément contre la maladie ?
  6. Infection ou vaccination : la réaction immunitaire est-elle la même ?
  7. Combien de temps est-on protégé par les anticorps ?
  8. Pourquoi certains microbes persistent dans l’organisme en dépit du système immunitaire ?

Dans les journaux, à la radio, à la télé, sur internet ou sur les réseaux sociaux… Jamais on ne s’était autant interrogé sur le système immunitaire : comment se forme-t-il, comment fonctionne-t-il ? Réponses d’experts. 

Comment agit le système immunitaire ?

1. Un microbe pénètre dans l’organisme par le nez, les yeux ou la bouche, dans le cas par exemple de la Covid-19 ; par le sang, le sperme ou les sécrétions vaginales s’agissant du virus de l’hépatite B.

2. Des globules blancs le détectent et le captent. Ces cellules (leucocytes) sont présentes dans le sang, la lymphe ou les organes (derme, poumons, intestins…).

3. Des cellules immunitaires sécrètent des substances chimiques (cytoklines) qui en recrutent d’autres, capables d’éliminer le microbe en l’absorbant et en le digérant. C’est l’étape de l’inflammation aiguë responsable des symptômes : rougeur, fièvre

4. En parallèle, d’autres cellules migrent via le sang jusqu’aux ganglions lymphatiques les plus proches. Là, elles présentent un fragment de microbe, l’antigène, à une autre catégorie de globules blancs, les lymphocytes T et B qui s’activent et se multiplient. Les lymphocytes B produisent des anticorps qui peuvent neutraliser le microbe, les lymphocytes T détruisent les cellules infectées.

Après guérison, les lymphocytes T et B, situés dans les ganglions, peuvent garder l’antigène du microbe en mémoire. Dans ce cas, on ne peut pas être malade une seconde fois. C’est la mémoire immunitaire, qui est la base de la vaccination.

Quels sont les principaux organes du système immunitaire ?

  • Les ganglions lymphatiques : situés au niveau du cou, des aisselles, de l’intestin, des plis de l’aine, des genoux, ils stockent des lymphocytes. Le corps en compte environ 100 !
  • Le thymus : les lymphocytes T y terminent leur maturation. Ceux qui sont compétents (5 %) seront libérés dans le sang.
  • La rate : c’est un réservoir de globules blancs.
  • Les muqueuses : nez, bronches, intestin, voies urinaires et génitales. 20 % des globules blancs résident dans le seul intestin.
  • La moelle osseuse : y sont fabriqués tous les globules blancs. Les lymphocytes B s’y développent jusqu’à leur maturation.

Comment se forme notre système immunitaire ?

Le saviez-vous ? 

1 million : c’est le nombre d’éléments étrangers au corps (bactéries, virus, parasites, substances chimiques…) auquel notre système immunitaire peut répondre en même temps.

100 millions : c’est le nombre minimum d’anticorps présents dans le corps.

15 milliards : c’est le nombre de globules blancs que fabrique chaque jour la moelle osseuse.

Produit-on toujours des anticorps en cas d’infection ?

Sauf situation de déficience immunitaire, la réponse est oui : « À chaque fois que l’organisme rencontre un élément qui lui est étranger, il fabrique des anticorps », rappelle le Pr d’immunologie, Éric Vivier. Et ceci, que l’on présente des symptômes ou non.

Quelle que soit la maladie, cette quantité dépend de la quantité de virus qui nous infecte, de notre capacité individuelle à les produire et de la nature de l’agent microbien lui-même.A lire aussi :7 astuces pour renforcer ses défenses immunitaires

Nous protègent-ils forcément contre la maladie ?

Pas toujours. « Dans le cas du sida par exemple, on produit des anticorps mais ceux-ci ne parviennent généralement pas à empêcher le virus de pénétrer dans les cellules et de se propager », signale le Pr Vivier. Pour la maladie de Lyme, les anticorps assurent une protection imparfaite et limitée dans le temps, raison pour laquelle on peut l’attraper de nouveau.

Concernant la Covid-19, il y a encore beaucoup d’incertitudes. « Cela dit, des études montrent que les personnes infectées fabriquent des anticorps neutralisants, c’est-à-dire protecteurs, même lorsqu’elles ont développé des symptômes mineurs. » Quant au virus de la grippe, sa capacité à muter explique pourquoi les anticorps produits une année ne sont plus efficaces la suivante.

Infection ou vaccination : la réaction immunitaire est-elle la même ?

« Dans les deux cas, les mécanismes sont les mêmes puisque le système immunitaire, réagit à chaque fois en fabriquant des anticorps spécifiques contre le microbe », précise le Pr d’immunologie, Renato Monteiro.

La grande différence est que, pour le vaccin, on inocule un fragment de microbe (mort) ou un microbe vivant mais dont la virulence a été affaiblie.

Combien de temps est-on protégé par les anticorps ?

La « mémoire immunitaire » varie d’un microbe à l’autre, et même d’une personne à l’autre. La durée de la protection acquise varie aussi selon les vaccins en fonction de la quantité d’antigènes qu’ils contiennent et de leur mode de préparation. Ainsi, les vaccins vivants atténués induisent une production d’anticorps plus persistante dans le temps que les vaccins inactivés.

Combien de temps est-on protégé face à un virus ? 

Combien de temps est-on protégé face à un virus ? 
© *Merci à la Pr Astrid Vabret (cheffe du service de virologie au CHU de Caen), à la Pr Odile Launay (infectiologue, coordinatrice du Centre d’investigation clinique Cochin-Pasteur) et à la Dr Marie Lachâtre (médecin délégué au CIC Cochin-Pasteur).

Combien de temps est-on protégé face à une bactérie ? 

Combien de temps est-on protégé face à une bactérie ? 
© *Merci à la Pr Astrid Vabret (cheffe du service de virologie au CHU de Caen), à la Pr Odile Launay (infectiologue, coordinatrice du Centre d’investigation clinique Cochin-Pasteur) et à la Dr Marie Lachâtre (médecin délégué au CIC Cochin-Pasteur).

Pourquoi certains microbes persistent dans l’organisme en dépit du système immunitaire ?

« Parce qu’ils peuvent se cacher dans certaines cellules, et rester invisibles du système immunitaire pendant des mois ou des années », indique le Pr Vivier. Par exemple, le virus de l’herpès qui peut, à la faveur d’une baisse des défenses immunitaires liée par exemple à une dette de sommeil chronique, d’un stress… quitter les ganglions nerveux où il « dormait » et rejoindre les lèvres pour y infecter les cellules locales.

Autre exemple, la varicelle : « Une fois contracté, le virus persiste toute la vie dans certains ganglions, et peut se réactiver si nos défenses immunitaires sont affaiblies, mais cette fois sous forme de zona« , dit la Pr Astrid Vabret.

Quant à la Covid-19 en montagnes russes, les chercheurs ne savent pas à ce jour l’expliquer.  Une fois guéri de la Covid-19, reste-t-on contagieux ? Selon le Haut conseil de la santé publique, on peut encore excréter des virus 48 h après la fin des symptômes. « Mais on n’est pas sûr qu’il soit toujours infectieux, signale la Pr Vabret. La plupart des études montrent que dans ce cas, le virus n’est plus capable de se multiplier sur des cultures cellulaires, ce qui est un argument indirect qui va dans le sens d’une non-contagiosité. »

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