Le dirigeant de Samsung Electronics, Lee Jae-yong, bénéficie d’une libération conditionnelle

L’héritier de la famille fondatrice du premier conglomérat de Corée du Sud aura purgé dix-huit des trente mois de prison de sa condamnation pour corruption et détournements de fonds.

Par Philippe Mesmer(Tokyo, correspondance)

Lee Jae-yong, à son arrivée au tribunal de Séoul, le 18 janvier 2021.

Sous la pression de l’opinion et soucieux des intérêts économiques, le gouvernement sud-coréen a accordé une libération conditionnelle au vice-président de Samsung Electronics, Lee Jae-yong. L’héritier de la famille fondatrice du premier conglomérat sud-coréen, sortira de prison vendredi 13 août après avoir purgé dix-huit des trente mois de prison auxquels il avait été condamné pour corruption et détournements de fonds.
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Ce geste annoncé lundi 9 août s’inscrit dans le cadre des traditionnelles « grâces » accordées par le gouvernement à l’occasion des célébrations de la libération du pays, le 15 août 1945. « Lee Jae-yong a été ajouté à la liste en raison de la situation de l’économie nationale et mondiale en période de Covid-19. Nous avons aussi pris en compte le sentiment de la population et l’attitude de M. Lee en prison », a déclaré le ministère de la justice dans un communiqué.

Au cœur du scandale

Lee Jae-yong a été condamné pour avoir détourné 8,7 milliards de wons (6,4 millions d’euros) de fonds de Samsung au profit de l’ancienne présidente sud-coréenne, Park Geun-hye (2013-2016). Cette affaire de corruption, au cœur du scandale ayant conduit à la destitution, en 2016, de Mme Park, devait faciliter le processus de succession en faveur de M. Lee à la tête de Samsung. Sa libération agitait la société sud-coréenne depuis plusieurs semaines. Deux tiers des personnes interrogées en juillet par la chaîne d’informations YTN, y étaient favorables, tout comme la presse, majoritairement proche de l’opposition conservatrice et des milieux d’affaires.
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Même le Parti démocrate, au pouvoir, était divisé. Son président, Song Young-gil, l’appuyait afin que « la Corée maintienne sa compétitivité mondiale dans l’industrie des semi-conducteurs », secteur actuellement confronté à une importante pénurie. A l’inverse, Park Yong-jin, candidat à l’élection présidentielle de 2022, voyait dans cette libération un « affront à l’Etat de droit », montrant que « les riches et les puissants ont toujours une issue favorable ». Plus de 1 000 groupes civiques ont organisé des rassemblements devant le ministère de la justice pour exprimer leur opposition.

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