Insécurité au Burkina : Près de 400 000 déplacés internes enregistrés en une année

Avec 498 802 personnes déplacées internes à la date du 31 août 2021, le Sahel conserve la tête du classement des régions accueillant le plus grand nombre de personnes ayant fui l’insécurité. La région compte 154 233 déplacés de plus que le bilan fait l’année dernière, le 8 septembre 2020. Voici ce que disent les chiffres du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation.

Jusqu’au 30 juin 2021, la région du Centre-nord abritait le plus grand nombre de personnes déplacées internes (PDI) au Burkina Faso, avec 476 216 personnes. Le premier semestre de l’année a été fortement marqué par plusieurs attaques. Le 21 juin, 11 policiers ont été tués sur l’axe Barsalogho-Foubé. Le 16 mai, neuf personnes, dont trois volontaires pour la défense de la patrie ont perdu la vie dans le village de Palsègué, dans la commune rurale de Pissila.

55 214 déplacés en un mois

A partir du 31 juillet, selon les chiffres fournis par le Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR), la région du Sahel est passée en tête des régions d’accueil des personnes déplacées internes avec 493 187 personnes. A cette période, le pays comptait 1 368 164 PDI réparties en 182 441 ménages. Un mois plus tard, soit le 31 août, le Burkina Faso enregistrait 55 214 déplacés supplémentaires, soit une augmentation de 4%. Le bilan s’élève désormais à 1 423 378 déplacés.

Des personnes déplacées internes de Silgadji ayant trouvé refuge à Panzani dans l’arrondissement 9 de Ouagadougou

Une augmentation de 154 233 déplacés en une année

Dans le classement des cinq plus grandes régions d’accueil, l’on retrouve le Sahel (498 802), le Centre-Nord (494 061), l’Est (136 764), le Nord (125 985) et la Boucle du Mouhoun (47 523). Dans ces régions, l’on note respectivement une augmentation de 154 233, 71 794, 70 304, 51 458 et 2 664 déplacés par rapport à 2020. Le nombre de déplacés est resté inchangé dans la région du Centre (1 051).

Ces attaques ont peut-être envenimé la situation

Notons que l’augmentation des déplacés dans la région du Sahel en juillet et août est certainement liée à l’attaque de Solhan dans la nuit 4 au 5 juin qui a fait officiellement 132 morts et 160 selon les sources locales. L’attaque du convoi militaire à Gorgadji qui avait causé la mort de quatre-vingts personnes, dont 65 civils et 15 gendarmes, mercredi 18 août, a certainement aggravé la situation et provoqué le déplacement en masse des populations vers les centres urbains. Il y a également les onze civils tués le 4 août et les quinze soldats et quatre VDP de l’unité du détachement de Markoye tués alors qu’ils allaient sécuriser les populations de villages près de la frontière nigérienne.

Une mère et sa fille dans une école à Fada N’Gourma, abritant des déplacés internes de Tanwalbougou

Les cinq régions qui ont accueilli le moins de PDI sont le Centre (1 051 déplacés depuis un an), le Centre-Sud (4 010), le Sud-Ouest (9 902), les Cascades (10 109) et le Plateau Central (17 786).

80% des déplacés internes n’ont de logements adéquats

Retenons qu’en une année, le Burkina Faso a connu 388 769 personnes déplacées répartis dans 77 091 ménages. Les communes d’accueil, elles, sont passées de 257 en septembre 2020 à 274, au 31 août 2021.

Carte récapitulative du nombre de déplacés internes à la date du 31 août 2021

Lors d’une rencontre du Haut-commissariat des nations-unies pour les réfugiés (UNHCR) et du Secrétariat permanent de la Commission nationale pour les réfugiés (SP/CONAREF) tenue le 27 juillet 2021 à Dédougou, il est ressorti que 80% des personnes déplacées internes ne vivent pas dans des logements adéquats. 67 500 ménages, eux, auront besoin d’une assistance en abris et/ou en articles ménagers essentiels.

HFB
Lefaso.net

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