Justice : Harouna Yoda installé procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Ouagadougou

Au cours d’une audience solennelle ce jeudi 3 octobre 2019, le nouveau procureur du Faso près le Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou, Harouna Yoda, a été installé dans ses nouvelles fonctions. Le président du tribunal, Pascal Compaoré, a présidé cette cérémonie en présence des acteurs de l’appareil judiciaire, des collègues et proches du nouveau procureur.

Après quatre années, Maïza Sérémé passe le flambeau de procureur du Faso près le Tribunal de grande instance (TGI) de Ouagadougou à Harouna Yoda, qui était jusqu’à présent le premier substitut du procureur du Faso.

Au vu de son parcours dans le milieu judiciaire, Maïza Sérémé a affirmé que la nomination de Harouna Yoda à ce poste est « amplement méritée », avant de poursuivre que « c’est un magistrat déjà aguerri, pétri d’expérience. » Celui qui va lui succéder est, selon elle, un homme avec qui elle a traité de gros dossiers.

Maïza Sérémé, procureur sortant

En effet, depuis 2003, Harouna Yoda occupe des postes de haute responsabilité dans la justice burkinabè. De Ouahigouya à Ouagadougou en passant par Djibo et Kaya, il a géré les différents parquets de ces localités. « Il connaît déjà la maison justice, les attentes et la soif de justice de notre peuple », a averti le procureur sortant Maïza Sérémé.


Les membres du conseil constitutionnel présents à la cérémonie

« … que ma seule boussole soit la satisfaction de la loi… »

Harouna Yoda prend la tête du TGI de Ouagadougou au moment où plusieurs dossiers pendants l’attendent, mais il se veut rassurant. « C’est la continuité. Les dossiers, nous les traitons comme d’habitude avec le respect de la loi. Il n’y a pas de particularité à déclarer ; nous continuerons notre travail », a-t-il déclaré.

L’homme qui connaît déjà la maison est visiblement conscient des exigences des justiciables. « En prenant les rênes de ce parquet, je m’oblige à relever ce défi dans la stricte observance des exigences de la loi », a-t-il promis. Pour ce faire, il a déclaré que le rôle du parquet dans une juridiction est connu, donc il va veiller rigoureusement à ce que sa « seule boussole soit la satisfaction de la loi. » Puis d’ajouter : « Je ferai miennes toutes les exigences que j’attendrai de mes collaborateurs. »


Harouna Yoda, le nouveau procureur du Faso près le TGI de Ouagadougou

A l’endroit des membres du parquet, le nouveau patron du TGI de Ouagadougou attend de la loyauté, l’engagement, le don de soi et la promotion de l’esprit d’équipe, de la courtoisie vis-à-vis des collaborateurs et des justiciables…

Quant à ses collègues juges au siège et collaborateurs directs, il souhaite du professionnalisme dans leurs rapports.

Que de souvenirs !

Maïza Sérémé quitte le TGI de Ouagadougou avec beaucoup de souvenirs, a-t-elle confié. Son mandat a été teinté par des hauts et des bas. « C’est vrai que les difficultés n’ont pas manqué, mais à la fin de mon mandat, je retiens les bons moments de collaboration et de partage. Le travail a été ardu, très difficile parce qu’après l’insurrection populaire, l’incivisme grandissant, ce n’était pas facile de faire respecter la loi. Avec l’aide et l’appui de tous, nous avons fait notre part, par la grâce de Dieu. Tout n’a pas été parfait, mais nous avons rempli avec succès, selon notre hiérarchie, la mission qui nous a été confiée », a-t-elle enrichi.


Maïza Sérémé et Harouna Yoda après l’installation

Elle a aussi fait mention des faits qui l’ont marquée dès sa prise de fonction jusqu’à son départ. « Il y a eu plusieurs souvenirs. Je dois dire qu’après mon installation en octobre 2015, la première attaque terroriste et sa succession m’ont beaucoup marquée », confesse-t-elle. Et ce n’est pas tout.

Une vue des collègues et connaissances à la cérémonie

« Le fait qu’on cherche à appliquer la loi et que certains ne comprennent pas, cela m’a aussi beaucoup marquée dans le traitement des dossiers. Mais lorsque nous avons pu communiquer, les gens ont compris que ce n’était pas pour faire la force aux gens, mais plutôt pour faire appliquer la loi. Finalement, nous avons pu obtenir l’accompagnement des uns et des autres. »

Photo de famille

Maïza Sérémé est désormais commissaire du gouvernement adjoint du Conseil d’Etat.

Cette cérémonie d’installation est intervenue après deux jours après la rentrée judiciaire 2019-2020.

Cryspin Masneang Laoundiki
Lefaso.net

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