Joe Biden en visite de soutien au gouverneur de Californie soumis à un référendum de révocation

Le déplacement du président démocrate dans l’Ouest américain a un double objectif : marteler ses arguments sur le changement climatique et, surtout, apporter son soutien à Gavin Newsom, confronté à un référendum qui pourrait lui coûter son poste.

Joe Biden a effectué, lundi 13 septembre, son premier voyage de président dans l’Ouest américain, pour répéter ses arguments sur le changement climatique et les grands investissements publics, mais aussi, chose plus rare, descendre dans l’arène politique.

But principal de ce déplacement : la Californie, fief démocrate qu’il n’avait pas visité depuis son élection, dont le gouverneur, Gavin Newsom, est confronté à un référendum qui pourrait, en théorie, lui coûter son poste.

Le président a endossé dans la soirée l’habit de patron du Parti démocrate au cours de son déplacement, en venant soutenir le gouverneur de Californie lors d’un événement de campagne de dernière minute à Long Beach, au sud de Los Angeles. Gavin Newsom doit en effet affronter un « référendum de révocation » organisé mardi.

Un référendum pris au sérieux

Cette procédure bien particulière permet à des électeurs mécontents d’organiser un référendum, en dehors de toute élection, pour tenter de faire tomber le patron de l’Etat. Il y a dix-huit ans, un vote similaire avait permis à Arnold Schwarzenegger de conquérir la Californie en faisant chuter le gouverneur démocrate de l’époque. Un scénario dont Joe Biden n’a pas plus envie de faire les frais que Gavin Newsom.

Sur le papier, M. Newsom, ancien maire de San Francisco élu facilement gouverneur en 2018, et dont le mandat ne s’achève que l’an prochain, ne risque pas grand-chose dans un Etat acquis aux démocrates. A en croire le site spécialisé dans les sondages politiques Fivethirtyeight, 55 % des électeurs devraient voter pour qu’il achève son mandat.

Mais le renfort – de dernière minute – de Joe Biden montre que le Parti démocrate prend le scrutin très au sérieux, conscient qu’une révocation surprise est toujours possible, surtout si la participation s’avère faible.

Derrière ce référendum se joue un clivage qui dépasse largement la Californie, entre un électorat démocrate qui soutient le programme progressiste et les mesures anti-Covid de Joe Biden, et un camp conservateur qui se méfie des velléités interventionnistes des pouvoirs publics dans n’importe quel domaine : la santé, l’économie, l’éducation, les mœurs ou le changement climatique.

« Nous devons penser en grand »

Avant cela, M. Biden a fait une étape lundi matin dans l’Etat républicain de l’Idaho pour visiter un centre de coordination de la lutte contre les incendies. Le nombre et l’intensité des feux se sont multipliés ces dernières années dans l’ouest des Etats-Unis, avec un très net allongement de la saison.

« Nous ne pouvons ignorer la réalité, qui est que ces feux de forêt sont dopés par le changement climatique », a lancé Joe Biden lors de sa deuxième étape, dans le nord de la Californie. 

Joe Biden y a notamment survolé en hélicoptère les vastes zones ravagées par les flammes du Caldor Fire, qui brûle sans discontinuer depuis deux mois. Lundi matin, rien qu’en Californie, plus de 13 000 pompiers luttaient sur le terrain contre une quinzaine de feux de forêt de grande ampleur.

Et le président de faire l’article de ses grands plans d’investissement, appelant à surmonter les clivages partisans pour protéger les Etats-Unis et verdir l’économie américaine en adoptant au Congrès des projets dont le montant cumulé pourrait frôler 5 000 milliards de dollars (4 200 milliards d’euros environ).

« Il ne s’agit pas d’Etats rouges [couleur des républicains] ou d’Etats bleus [couleur des démocrates]. Il s’agit d’incendies, juste d’incendies », a-t-il plaidé à Sacramento.

Pour approfondir : La planète est entrée dans l’ère des « mégafeux »

Relevant que les événements météorologiques extrêmes, rendus plus violents et plus fréquents par le réchauffement, coûtaient chaque année près de 100 milliards de dollars à son pays, M. Biden a assuré que « chaque dollar investi dans la résilience en économise six par la suite ».

« Nous devons penser en grand, a-t-il insisté. Quand je pense au changement climatique, je ne pense pas à ce que ça coûte mais aux emplois bien rémunérés que nous créons. »

Le Monde avec AFP

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