Intention du président Kaboré sur l’éventuel retour de Blaise Compaoré au Burkina : Des Burkinabè doutent de sa sincérité

Dans une interview accordée à France 24 et RFI, médias français, le 15 octobre 2020, Roch Marc Christian Kaboré a décliné ses intentions relatives à Blaise Compaoré. Il ne refuse pas la main tendue de ce dernier pour lutter contre le terrorisme auquel le Burkina est confronté depuis 2015. Le président Kaboré ne s’oppose pas non plus au retour au bercail de son ex- compagnon, Blaise Compaoré, en exil en Côte d’Ivoire depuis sa chute du pouvoir en octobre 2014. Roch Kaboré affirme que s’il est réélu (le 22 novembre 2020), il va travailler à faire de la réconciliation nationale une réalité dès le 1er semestre de l’année 2021. Schéma dans lequel doit s’inscrire le retour éventuel de Blaise Compaoré. Lefaso.net a recueilli l’avis de Burkinabè sur les déclarations du président Kaboré. En majorité, ils les mettent en doute.

Guézouma Sanogo, président de l’Association des journalistes du Burkina (AJB) : Ce sont des propos électoralistes, à prendre avec des pincettes ; pourquoi durant cinq ans, il ne l’a pas fait et c’est à l’approche des élections qu’il annonce cela »

Pr Abdoulaye Soma, président du Mouvement Soleil d’Avenir : C’est fallacieux et perfide ; il a eu cinq ans, et il ne l’a pas fait, il veut un second mandat pour le faire.

Dr Aimé Claude Tassembedo, président du Mouvement des patriotes en marche : Il veut faire revenir son ancien camarade. Mais est-ce que c’est lui qui l’a fait partir du Burkina ? Dans le souci de la réconciliation nationale, il faut que la population décide si Blaise Compaoré doit venir ou pas ? Il faut que les conditions soient définies dans le sens de la réconciliation nationale. Mais avant tout, il faut qu’il réponde à la justice, avant d’aller à la réconciliation nationale ».

Dr Justine Kièlem Couldiati, présidente du Mouvement pour la réconciliation et le renouveau du Faso : Pourquoi il ne l’a pas fait pendant 5 ans ? C’est la propagande politique »

Do Pascal Sessouma, président de Vision Burkina-parti pacifiste : C’est trop calculateur, ce n’est pas clair, pourquoi ne l’a-t-il pas fait pendant 5 ans ?

Arnaud Ouédraogo, coordonnateur au CENOZO (OSC) : Il est dans son rôle de chef de l’Etat, on ne peut que l’encourager à la mise en œuvre d’une telle promesse, encore faudrait-il que Blaise vienne répondre à la justice.

Pascal Zaida, président du Cadre d’Expression Démocratique : J’ai suivi l’entretien du président du Faso sur France 24. Pour être honnête et sincère, j’avoue que je suis resté sur ma soif parce que le président Kaboré n’a fait que du dilatoire. Lorsque le président Compaoré a dit qu’il souhaiterait contribuer pour sécuriser le pays, la réponse qu’il a donnée n’était pas la réponse d’un chef d’Etat.

Le président Kaboré estime que Blaise Compaoré a mis du temps, que ce n’est pas maintenant qu’il devait le faire. Le Burkina Faso n’appartient pas au MPP ni au président Kaboré, mais à nous tous. Deuxièmement, je l’ai dit il y a longtemps et nous insistons, des gens iront répondre à la CPI. Il y a eu des crimes. La stigmatisation dont il parle, il est responsable. Il faut être honnête. Le président Kaboré n’est pas à la hauteur des attentes des Burkinabè.

La réconciliation se fera sans le MPP. Ils ont eu cinq ans, ils ne l’ont pas faite. Le retour des exilés incombe au nouveau pouvoir. Le président Kaboré est en retard.

Lefaso.net

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