Insécurité urbaine : Un réseau de voleurs à la « roulotte » mis hors d’état de nuire

Le commissariat central de police de la ville de Ouagadougou a mis hors d’état de nuire un réseau de malfaiteurs spécialisés dans les vols à la roulotte. Les trois membres du réseau appréhendés ont été présentés à la presse par le commissaire principal de police Aimé Bougma et ses collègues, ce jeudi 21 février 2019.

Fin de cavale pour Augustin Naoji, Mark Alozié, Kelvin Akolié, tous de nationalité étrangère et des repris de justice. Depuis 2013, ces malfaiteurs spécialisés dans les vols à la roulotte opéraient aussi bien au Burkina qu’au Mali, au Niger, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et en Guinée Conakry. Selon Aimé Bougma, commissaire central adjoint de police de la ville de Ouagadougou, les malfaiteurs ont plusieurs modes opératoires en fonction du moyen de locomotion de la victime. L’objectif étant de suivre les usagers des banques qui font des retraits de numéraires pour les en déposséder.

Une sandale cloutée comme piège

« Le groupe se rend à moto et en binôme aux abords des banques comme s’il voulait faire une opération préalable. Une fois à l’intérieur, l’éclaireur remarque et observe les personnes qui font de gros retraits. Dès qu’une victime est ciblée, l’éclaireur fait un signe quelconque pour donner le signalement de la cible au reste du groupe posté dehors. Une fois la victime hors de la banque, le reste du groupe entre en scène », a expliqué le commissaire principal de police Aimé Bougma.

La suite de l’opération est donc fonction du moyen de locomotion de la victime. 
Si cette dernière est en voiture, le moyen de locomotion est identifié et lorsque les circonstances le permettent, la voiture est piégée au niveau du pneu arrière droit à l’aide d’un morceau de sandale cloutée et emballée dans un sachet noir. La victime est donc suivie en circulation jusqu’à ce qu’elle s’aperçoive de la crevaison. Ce qui l’oblige à marquer un arrêt.

Dès que l’arrêt est effectif, l’un des membres du groupe profite de l’inattention de la victime pour dérober le sac contenant le butin et ils s’évanouissent dans la nature. Dans le cas contraire, la victime est filée jusqu’à sa destination et les repris de justice brisent les vitres du véhicule pour prendre l’argent.

170 millions de francs CFA dérobés

Le mode opératoire est différent lorsque la victime est à moto. Dans ce dernier cas, les malfaiteurs la filent et profitent d’un moment d’inattention pour arracher le sac contenant l’argent. Par la suite, ils se retrouvent pour le partage du pactole gagné à la sueur d’autrui. Depuis 2013, le réseau a dérobé plus de 170 millions de francs CFA pour les cas qui ont été signalés auprès des services de la Police nationale. Pris individuellement, l’on peut citer des sommes dérobées allant de 8 à 16 millions de francs CFA par victime.

Le commissaire de police a précisé que le réseau a des ramifications dans d’autres pays et procédait à du blanchiment de fonds illicitement acquis. Par exemple, lorsque les sommes dérobées étaient importantes, l’argent était envoyé hors du pays pour être injecté dans un circuit légal comme l’achat-vente de voitures. Au cours de l’enquête, la police a saisi chez les malfaiteurs du cannabis, des amulettes, des devises étrangères, des pièges de voitures, trois millions de francs CFA en espèces, six téléphones portables.

Ces objets ainsi que les délinquants seront présentés au parquet près le Tribunal de grande instance de Ouagadougou. Le principal conférencier a profité de l’occasion pour remercier tous ceux qui œuvrent à leurs côtés pour combattre l’insécurité. Il a aussi invité tout un chacun à faire de même. Cela, en dénonçant tout fait suspect aux numéros verts que sont le 16 pour la Gendarmerie nationale, le 17 pour Police nationale et le 1010 pour le Centre national de veille et d’alerte.

K.M.
Lefaso.net

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