Industries extractives : Un programme pour améliorer la transparence dans la gestion du secteur

Réunis à Ouagadougou du 10 au 15 mars 2020, les comités locaux et les membres du Secrétariat permanent de l’Initiative pour la transformation dans les industries extractives (ITIE), vont plancher sur les aspects socio-économiques de l’exploitation minière et le genre. Le présent atelier s’inscrit dans le cadre du lancement du Programme d’appui à la gouvernance minière, porté par le National democratic institue (NDI) et financé par l’USAID.

S’il est évident que le secteur minier génère des flux financiers importants dans notre pays, le président du comité de pilotage de l’ITIE-BF, Abel Somé, par ailleurs secrétaire général du ministère en charge de l’économie et des finances, le reconnait : « les retombées pour les populations n’ont pas toujours été à la hauteur des attentes légitimes ». Pour faire face à ce défi de bonne gouvernance, des initiatives ne cessent d’être multipliées par les différents acteurs de la société en vue de maximiser les effets positifs du développement du secteur minier.

Au titre de ces initiatives, figure le Programme d’appui à la gouvernance minière, lancé officiellement ce mardi 10 mars 2020. D’une durée de 9 mois, ce programme entend renforcer la capacité des comités de l’ITIE-BF au niveau national et local à assumer plus efficacement leurs rôles et responsabilités. Il s’agira aussi de soutenir les efforts des OSC pour accroître la transparence et la responsabilité dans le secteur de l’industrie extractive.

A travers sa mise en œuvre, poursuit Abel Somé, l’ITIE va procéder à la réalisation de 12 activités au profit des comités locaux, des parties prenantes et de son personnel. Ces activités visent essentiellement à renforcer les capacités de 329 acteurs (de société civile, journalistes, société minière et administration publique) de mise en œuvre de la norme ITIE dans le domaine de l’environnement, du genre et des droits humains.

Et si le programme entend améliorer la divulgation de la norme ITIE au Burkina Faso, le ministre des mines et carrières, Oumarou Idani, a rappelé que la nouvelle norme édictée en 2019 requiert des parties prenantes du secteur minier, la prise en compte de nouvelles exigences, surtout les thématiques liées à l’environnement, à l’intégration de la dimension genre, aux jeunes et aux droits humains dans la gouvernance minière. Aussi, elle apporte de nouvelles opportunités et de nouveaux défis dont la désagrégation des paiements par projet minier, la nécessité de la divulgation systématique des informations minières et la divulgation de l’identité des propriétaires réels.

Soutenant par ailleurs que le programme de gouvernance minière permettra aux différents acteurs au niveau national et local d’assumer plus efficacement leurs rôles et responsabilités, le ministre des mines dit être convaincu que sa mise en œuvre va contribuer à améliorer les performances du pays en termes de transparence et redevabilité à long terme.

Bras technique de l’USAID dans la mise en œuvre du présent programme, le NDI, par la voix de sa représentante résidente, Aminata Faye Kassé, a souligné que son institution s’attèlera à réunir toutes les conditions pour la mise en œuvre du programme. Cela passe notamment par l’expertise de l’institution en termes de gouvernance, de renforcements de capacités et de pratiques sur les normes de l’ITIE.

A l’issue de cette formation, une visite est prévue sur un site minier en vue de permettre aux participants d’évaluer les aspects environnementaux.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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