Gratuité de l’eau : l’Etat ne supporte que 2882 francs sur les factures ONEA

La mesure de gratuité de l’eau pour les tranches sociales est en vigueur depuis le mois d’avril 2020. Mais cette mesure rime avec des dérives. L’office nationale de l’eau et de l’assainissement (ONEA), a lors d’une conférence de presse ce 14 mai précisé que le montant pris en charge par la gratuité, et pour les tranches sociales, est plafonné à 2882 francs. Passé ce seuil, le surplus est à la charge du client. Et cette mesure ne concerne que les mois d’avril, mai et juin 2020.

La gratuité annoncée par le président du Faso est en réalité une subvention de l’Etat à l’endroit de l’Onea. Cette mesure va coûter selon les estimations environ 6,79 milliards de francs CFA à l’Etat. Et sur les factures d’eau des ménages, le plafond pris en charge est de 2882 francs. « Si votre facture est égale à ce montant, ce n’est même pas la peine de vous présenter au guichet parce que c’est déjà payé », déclare Moussa SEMDE, directeur de la clientèle de l’ONEA. Mais si c’est plus, le montant de la subvention sera déduit de la facture et le client paiera le reste, poursuit-il.

Ce n’est donc pas le lieu de faire du gaspillage parce que la mesure de gratuité ne concerne que trois mois bien précis. Passé ce délai, le gaspillage effectué rattrapera ceux qui l’ont fait.

En plus du gaspillage, d’autres difficultés sont rencontrées sur le terrain lors de contrôles inopinés, notamment au niveau des bornes fontaines.

Il y a en effet certains gestionnaires de bornes qui usent de subterfuges pour ne pas appliquer la gratuité. « Certains par exemple facturent des robinets de la bornes et livrent gratuitement les autres, en jouant sur la longueur des files d’attente ».

Il y a 1450 bornes fontaines. Huit d’entre elles ne respectent pas la gratuité, et trois sont en cours de retrait auprès des gérants.

Moussa SEMDE rassure que malgré la mesure, les gérants continuent d’être rétribués sur la base de la moyenne de leur rendement habituels.

Concernant les coupures d’eau constatées au quartier Kouritenga de Ouagadougou, l’ONEA informe qu’elles ne sont pas liées à la gratuité de l’eau. Elles le sont à toutefois à cause de « la baisse de pression dûe à la surconsommation, et aux travaux de renforcement en cours ».

Ange L. Jordan MEDA
Infowakat.net

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