Gouvernance économique en 2019 : 14 projets réalisés, 98,29% des ressources budgétaires mobilisées

Un bilan satisfaisant. C’est le constat fait par le chef du département de l’économie et des finances, Lassané Kaboré, parlant du niveau de performances global de la mise en œuvre des activités de la politique sectorielle Gouvernance économique de l’année 2019. C’était ce jeudi 27 février, à Ouagadougou, à l’occasion de la première revue de ce cadre sectoriel.

«  C’est un bilan positif parce que lorsque vous regardez le contexte de 2019 qui a été caractérisé par les mouvements d’humeur, les grèves, l’insécurité, le déplacement massif des populations (en fin d’année nous étions à près de 600 000 déplacés internes), nous avons pu maintenir les indicateurs et honorer nos engagements », se réjouit le ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Lassané Kaboré.

En matière de planification et de gestion du développement, indique le ministre, le gouvernement a adopté trois décrets d’application de la loi sur le pilotage et la gestion du développement et tenu trois sessions de vulgarisation dans les régions des Hauts-Bassins et du Centre-Nord.

A cet effet, dit-il, les résultats du cinquième recensement général de la population et de l’habitation permettront d’actualiser les indicateurs socioéconomiques pour une meilleure orientation des stratégies de développement. S’agissant de l’effectivité de la création de la Caisse de dépôt et de consignation, de la Banque pour le financement de l’agriculture (BADF), l’adoption de la Stratégie nationale de la finance inclusive (SNFI) et son plan d’action 2019-2023, le ministre Lassané Kaboré y voit des facteurs qui favoriseront, entre autres, le financement des investissements structurants de l’Etat et des collectivités territoriales, la promotion du secteur agricole, l’amélioration de l’accessibilité et l’utilisation des produits et services financiers abordables et adaptés.

Au titre de la promotion du développement local harmonieux, poursuit le ministre en charge de l’Economie, quatorze projets d’un coût d’environ 254 milliards de francs CFA sont mis en œuvre pour assurer le développement de services énergétiques modernes et d’infrastructures socioéconomiques de base, ainsi que des filières économiques porteuses.

En matière de mobilisation de ressources budgétaires, Lassané Kaboré indique que le recouvrement des recettes courantes a été satisfaisant en 2019. Les recettes propres ont atteint 1 805,99 milliards de F CFA en fin décembre, pour un objectif annuel de 1 837,50 milliards, soit un taux de réalisation de 98 ,29% et un taux d’accroissement de 17,22% par rapport à leur niveau de 2018 pour la même période.

A ce sujet, précise le ministre, « même si nous avons fait une amélioration par rapport à 2018, il n’en demeure pas moins que n’avons pas atteint la cible de 100%. Cela est dû à la situation sécuritaire. Une bonne partie de nos régions n’étant plus tellement accessibles, cela a joué sur la mobilisation optimale des ressources ».

Et d’ajouter qu’au regard des dépenses, une certaine flexibilité doit être créée tout en respectant les procédures au niveau des régions à fort défi sécuritaire. « A titre d’exemple, pour les passations des marchés, nous ne pouvons pas utiliser les mêmes méthodes classiques mais nous devons faire en sorte qu’il y ait la transparence et avoir une utilisation judicieuse des ressources qui sont mises à notre disposition », a-t-il signifié.

49 structures auditées

Evoquant le renforcement de l’efficacité de la gestion du patrimoine de l’Etat, le chef du département des finances dit noter la consolidation du compte central des matières avec les données de l’inventaire valorisé du patrimoine immobilier bâti et non-bâti dans une partie de la région du Centre, des Hauts-Bassins et du Sud-Ouest. Pour ce qui est du renforcement du contrôle, de l’audit et de la lutte contre la fraude, le faux et la corruption, 49 structures composées d’EPE, de projets et programmes, de sociétés d’Etat et de structures administratives ont été auditées et 358 dossiers de marchés publics de plus de 20 milliards ont été contrôlés.

Félicitant le Burkina pour ses progrès, la cheffe de la coopération de l’Union européenne, Pilar Palmero Vaqueto, représentant le chef de la délégation de l’UE au Burkina Faso, par ailleurs chef de file des partenaires techniques et financiers du secteur de la gouvernance économique, a déploré l’évolution de masse salariale élevée qui constitue un déséquilibre macroéconomique important mais surtout, le niveau de corruption.

A ce propos, souligne-t-elle, « malgré l’insistance de la Cours des comptes, de l’Autorité supérieure de contrôle de l’Etat et de Lutte contre la corruption, la perception de la corruption n’a pas évolué significativement ces dernières années ». De son côté, le ministre de l’Economie reconnait que des efforts doivent être faits pour asseoir une bonne gouvernance économique et financière au Burkina.

En attendant, il a convié les différents acteurs à approfondir la réflexion au cours de la présente rencontre. Le but étant d’identifier les meilleures solutions afin de pallier les insuffisances décelées et définir les orientations pour 2020.

En rappel, cette revue était consacrée à l’examen du rapport de performances du secteur « gouvernance économique » de l’année écoulée et de dégager des perspectives pour 2020.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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