Gestion du foncier au Burkina : Une bombe à retardement, selon le Balai Citoyen

« La gestion foncière : Les lotissements au Burkina Faso, une bombe à retardement ». C’est sous ce thème que s’est tenu, le dimanche 15 décembre dans l’arrondissement 11 de Ouagadougou, une conférence publique organisée par le Balai citoyen et l’Association Wend-song-sida.

La question de l’attribution des parcelles a toujours été une problématique pour les pouvoirs publics au Burkina. En effet, avoir la possibilité d’être propriétaire d’une parcelle est le cheval de bataille de nombreux Burkinabè. Objets de spéculations après les campagnes électorales, les opérations de lotissement ont toujours entraîné de chaudes empoignades entre les conseillers municipaux, les services du ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme et les résidents des zones d’attribution.

Face à cette situation, les ressortissants des arrondissements 10 et 11 de Ouagadougou ont décidé, à travers une conférence publique, d’exprimer leur ras-le-bol et d’informer les autorités qu’ils ne se répondront plus à des interpellations. Ainsi, pour Hamado Kaboré, président de l’Association Wend-song-sida, « le lotissement de 2003 a été mal fait, car il y a eu des attributions frauduleuses et face aux différentes plaintes, le gouvernement a pris la décision de faire arrêter les constructions. Après la levée de l’arrêté de construction qui n’implique pas Ouaga et Bobo, nous les résidents, nous sommes l’objet d’interpellations, de convocations dans les brigades de gendarmerie, les commissariats de police, les palais de justice, pour occupation illégale de parcelles par les soi-disant propriétaires ».

Pour Souleymane Ouédraogo de la société civile, les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso représentent 62% de la population urbaine du Burkina et la mauvaise gestion de la question par les autorités constitue une bombe à retardement. Selon un rapport commandité par l’Assemblée nationale sur la gestion foncière, dira-t-il, entre 1995 et 2015, dans 15 communes du Burkina, 115 parcelles ont été acquises frauduleusement. Aussi se demande-t-il s’il y a vraiment la volonté politique de résoudre le problème, car il n’y a aucune avancée dans le dossier. Pour lui, les autorités refusent de trancher la question, car cela permet de faire un marchandage électoral.

Avec les affrontements de Koura dans la commune de Koubri, les protestations des populations de Ouahigouya et les persécutions des populations des arrondissements 10 et 11, la veille citoyenne hier, aujourd’hui et demain a tout son sens, selon Rasmane Zinaba du Balai citoyen. Cette conférence publique permet, de son point de vue, de s’interroger sur la gestion de la question foncière et des lotissements, qui créent un problème de justice sociale, de désordre économique, de conflit entre communautés et entre les municipalités, de conflit entre les autorités.

Pour le chargé à l’organisation du Balai citoyen, l’intérêt d’une telle activité est de mettre en cohérence les valeurs du mouvement que sont la défense de la justice sociale, la défense de l’équité, la défense de la transparence dans les affaires publiques et l’implication réelle des populations pour faire évoluer les consciences dans le sens d’obtenir une gestion participative. Pour Rasmane Zinaba, le Balai citoyen, fidèle à ses principes, ne ménagera aucun effort pour construire un front pour un plaidoyer sur la question, afin de parvenir à une transparence dans la gestion du foncier au Burkina Faso.


Lefaso.net

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