Gestion des déchets ménagers à Ouagadougou : Les riverains du canal du Mogho Naaba appellent au secours !

La capitale burkinabè semble éprouver des difficultés à contenir et éliminer l’amoncellement des déchets domestiques dans les décharges publiques. En témoigne le spectacle de ces montagnes d’ordures dans la capitale, avec tous ses désagréments. Ce ne sont pas aux populations riveraines du canal du Mogho Naaba (côté sud du Théâtre populaire), situé dans l’arrondissement N°1 de Ouagadougou, qu’on peut conter une telle situation. Elles qui se sont vu obligées d’inviter le premier adjoint au maire dudit arrondissement et le chef coutumier et député résidant de l’arrondissement, Poé Naaba, pour venir, ce jeudi, 10 octobre 2019, constater les désagréments qu’elles vivent à cause d’un entrepôt d’ordures.

Le spectacle est triste en ce lieu. Outre l’image hideuse qu’il offre, cet entrepôt d’ordures dégage de fortes odeurs, exposant du coup les populations riveraines. Selon des témoignages recueillis sur place, ce site de transit existe depuis trois à quatre ans, mais le problème d’amoncellement dure maintenant des mois. Des explications font également ressortir que l’entreprise commise à l’enlèvement des ordures peine, depuis un moment, à faire le travail.

En cette matinée de jeudi où la pluie de l’aube a encore aggravé les choses, le premier adjoint au maire de l’arrondissement N°1, Adamou Kafando, et le chef coutumier, le Poé Naaba, député, résidant dans l’arrondissement, ont effectué le déplacement pour aller toucher du doigt, les réalités que vivent les riverains. « Prévues pour être enlevées chaque trois jours, les ordures font souvent plus d’un mois dans ce lieu de transit. Ce qui est de nature à nuire à la santé et au bien-être des riverains dans un large rayon (odeurs, mouches, saletés, souvent, il faut boucher le nez étant chez soi) », explique un riverain.

« Ce n’est pas facile. En saison sèche, le vent soulève des sachets et les ordures légères pour les jeter dans les concessions environnantes. Pendant la saison pluvieuse aussi, les odeurs sont insupportables. Voyez-vous que même pour avoir accès au site, c’est un véritable calvaire ! », reconnaît un collecteur d’ordures.

« La question des ordures à Ouagadougou est très préoccupante. Il y a trop d’incivisme au sein des populations. Nous-mêmes qui collectons les ordures, nous sommes obligés de nous arrêter fréquemment dans les artères pour ramasser des ordures que les gens sortent nuitamment jeter. Des espaces publics, les murs des écoles et autres espaces sont devenus des dépotoirs, simplement parce que les gens ne veulent pas débourser 500 ou 1000 francs par mois pour enlever leurs ordures. C’est triste. Il faut que les populations soient éduquées. Regardez comment Ouagadougou est devenue sale. Mais tout cela, c’est la faute des autorités. Il faut trouver des sites fiables et veiller à l’enlèvement régulier des ordures sur ces espaces de transit. Ces questions d’ordures sont une vraie préoccupation, parce que c’est la santé des populations qui est en jeu », décrie ce collecteur d’ordures dans un ton de révolte.

Pour le cas d’espèce, bien plus que le temps d’enlèvements, c’est l’emplacement même du site qui semble poser problème. En effet, les riverains estiment que ce lieu n’est pas indiqué pour entreposer des ordures de plusieurs centaines de tonnes (l’espace côtoie le grand canal qui traverse une partie de la ville du sud au nord, il est au milieu d’habitations et au centre-ville). C’est pourquoi ils demandent au premier adjoint au maire, Adamou Kafando, et au député, Poé Naaba, de plaider auprès de qui de droit pour qu’une solution rapide soit trouvée.

Au moment où s’achevait la visite à la mi-journée, de nombreux tricycles et charrettes, pleins d’ordures, arrivaient sur le site pour y déverser leur contenu.

Lefaso.net

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