G5 Sahel : Cap sur la recherche d’« un mandat onusien plus robuste »

La conférence de Ouagadougou (cinquième du genre)  du G5 Sahel, qui consacre le début du mandat du président burkinabè à la tête de l’organisation, a été marquée par l’annonce du financement japonais à hauteur de 23 millions de dollars US.  

C’est convaincus que, « plus unis et déterminés » ils parviendront à bout des terroristes,  les présidents burkinabè, malien, mauritanien, nigérien et tchadien se sont séparés à l’issue du cinquième sommet des chefs d’Etat du G5 Sahel.

Dans leur élan, ils peuvent compter sur les organisations internationales et inter-africaines, les pays de l’Union européenne, à l’Alliance Sahel, et aux institutions financières de développement dont « la mobilisation n’a jamais fait défaut ». Après Bruxelles, le 23 février 2018, ils ont réitéré leur présence aux côtés des cinq Etats lors de la conférence de Nouakchott le 6 décembre  2018 lors de la conférence de coordination des partenaires sur le financement du Plan d’investissements prioritaires (PIP) avec des annonces estimées à 2,4 milliards d’euros sur 2 milliards attendus.

Ouagadougou a été l’occasion pour Pierre Buyoya, représentant du président de la commission de l’UA, de saluer «la beauté de la vision » des dirigeants des pays du G5 Sahel à travers leur choix de mutualisation des efforts et des progrès réalisés depuis le 16 février 2014.

« Le G5 Sahel s’organise de mieux en mieux, progresse dans sa structuration et affine de mieux en mieux ses méthodes de travail », apprécie l’ancien chef de l’Etat burundais, aujourd’hui au service de l’Union africaine. Ces avancées, considère-t-il, sont « des éléments probants d’une véritable volonté politique » des dirigeants de cet espace régional pour une intégration des peuples.

Un choix qui s’impose à eux à une ère où « le terrorisme et le crime organisé ont effacé les frontières géographiques entre pays » tant les auteurs n’ont que faire des démarcations. « Conscients de la faiblesse de nos capacités, nous avons décidé de mutualiser nos moyens », dira Mahamoudou Issoufou. En fin de mandat, il se réjouit que la force conjointe soit opérationnelle et a déjà mené plusieurs opérations, notamment au niveau du fuseau centre (Niger-Burkina-Mali).

Passation de commandement entre Mahamadou Issoufou et Roch Kaboré © Présidence du Faso

Agir au Sahel pour éviter les répercussions en Afrique centrale et au Nord

De la stabilité de ces cinq pays du Sahel dépend celle des pays d’Afrique centrale, du Nord et par ricochet, celle de l’Europe. Or, l’insécurité s’est exacerbée dans cette région depuis l’intervention européenne et américaine en Libye avec l’évasion de l’armement libyen aujourd’hui source d’attaques terroristes récurrentes.

Ce que ne manquera pas de relever le président nigérien. « La crise libyenne, dans le déclenchement de laquelle les pays du Sahel n’ont aucune responsabilité, a amplifié les menaces des organisations terroristes et criminelles dans notre espace commun ».

Tous s’inquiètent du risque élevé de contagion et de déflagration. « L’expérience de ces dernières années a montré que l’insécurité dans le Sahel, c’est aussi le risque d’insécurité dans la vaste région de l’Afrique de l’Ouest, de l’Afrique centrale et du Nord », s’inquiète Pierre Buyoya. D’où sa plaidoirie pour que « la communauté internationale prenne davantage conscience de la gravité de la situation ».

Parlant du « Nord », Angel Losada, représentant spécial de l’Union européenne au Sahel, ne doute pas des risques et des répercussions. C’est d’ailleurs ce qui explique selon lui la présence de l’Union européenne aux côtés des cinq pays. « Une évidence pour nous tous. Il n’y aura pas une stabilisation au Sahel sans une mise à neuf totale, effective des dispositions pour les accords pour la paix et la stabilisation au Mali », a déclaré le diplomate avant de réaffirmer la disposition de l’UE à travailler « avec l’Afrique » pour trouver des solutions à une sortie de crise. Pour le président burkinabè, cela passe par les progrès rapides à apporter sur l’axe prioritaire du combat qu’est le « développement inclusif ».

Entrée en scène du Japon

Après l’entrée de l’empire du milieu, à la suite du rétablissement de ses relations avec le Burkina Faso, c’est au tour de l’empire nippon de partager ses annonces. Yoshifumi Okamura, directeur général pour les Affaires africaines au sein du ministère japonais des Affaires étrangères, a fait le déplacement de Ouagadougou pour l’occasion.

 « Notre parlement va très bientôt (après-demain)  approuver le projet  d’assistance financière à hauteur de 23 millions de dollars américains. C’est y compris 12, 7 millions de dollars pour le Burkina Faso », a annoncé le diplomate. « Le Japon, déterminé à coopérer pour un meilleur future dans la région », s’est engagé par sa voix à apporter son assistance aux pays du G5 Sahel.

Mandat onusien plus robuste

«La paix dans le Sahel n’a pas de prix et le combat que nous menons ne concerne pas que les pays du Sahel », a déclaré Roch Marc Christian Kaboré, nouveau président en exercice du G5 Sahel. A présent aux destinées de l’organisation, il a, dans son premier discours, appelé à « la contribution de tous » pour permettre la mise en œuvre  du Programme d’investissements prioritaires.

Son prédécesseur, le président nigérien, félicité pour son « dynamisme et leadership » pendant son mandat, a partagé son unique regret. Celui de n’avoir pas pu faire placer la force conjointe du G5 Sahel sous le chapitre 7 de la charte des Nations-Unies. Une tâche qui incombe à présent au président du Burkina Faso. « Dans le contexte sécuritaire de plus en plus préoccupant qui est le nôtre, nous devons continuer le plaidoyer en vue de l’attribution à la force conjointe d’un mandat onusien plus robuste, sous le chapitre VII de la charte de l’organisation des Nations-Unies », a plaidé le président burkinabè.

Oui KOETA

Burkina24

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