Football : les cinq Africains qui ont marqué 2020

Que ce soit dans les championnats nationaux ou dans les compétitions continentales, plusieurs joueurs se sont distingués cette année, du Maroc au Burundi.

Un Marocain impliqué dans la moitié des buts de son club, un Egyptien prometteur, un Burkinabé surdoué… Malgré une année 2020 tronquée à cause de la crise sanitaire, plusieurs joueurs africains évoluant dans des clubs du continent ont réussi à se mettre en évidence.

Abdessamad El Mobaraky (Maroc)

Il n’est ni jeune, ni dans une des meilleures équipes du Maroc. Pourtant, ce qu’a réalisé Abdessamad El Mobaraky avec le modeste club de Renaissance Zemamra est remarquable. A 39 ans, ce milieu de terrain offensif petit (1,68 m) et technique, sélectionné neuf fois en équipe nationale, a réussi une saison 2019-2020 surprenante d’un point de vue statistique. Sur les 40 buts inscrits en championnat par son équipe, il a été impliqué dans presque la moitié (dix buts et neuf passes décisives). Zemamra lui doit donc en grande partie son maintien en Botola, la première ligue marocaine. El Mobaraky, qui a effectué l’essentiel de sa carrière à Al Hoceima, n’a pas encore annoncé son intention de raccrocher. Il est aujourd’hui l’un des footballeurs en activité les plus âgés au monde.

Mohamed Magdy (Egypte)

Il est devenu le héros des supporters d’Al-Ahly, le 27 novembre, à Alexandrie. En inscrivant à la 86e minute le but décisif en finale de la Ligue des champions de la Confédération africaine de football (CAF) pour un neuvième sacre continental face au grand rival cairote de Zamalek, le milieu de terrain de 24 ans s’est offert une cote de popularité sans limite aux yeux des fans des Red Devils. Elu meilleur joueur de la finale, Mohamed Magdy a terminé en beauté une année déjà magnifiée par un titre de champion d’Egypte et une Coupe d’Egypte. International depuis seulement un an, il appartient à la nouvelle génération de joueurs égyptiens chargés de faire oublier le fiasco de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en 2019. Il a inscrit son premier but avec les Pharaons lors de sa septième sélection, le 19 novembre au Togo, en match de qualification pour la CAN 2022.

Alain Traoré (Burkina Faso)

Il y a deux ans, après avoir effectué l’essentiel de sa carrière en France (Auxerre, Lorient, Monaco) et des passages mitigés en Turquie puis au Qatar, Alain Traoré, 31 ans, avait décidé de rejoindre la Renaissance sportive de Berkane et le championnat du Maroc. Un défi risqué mais finalement payant pour le natif de Bobo-Dioulasso et frère aîné de Bertrand Traoré (Aston Villa). Avec son nouveau club, l’international burkinabé (61 sélections) a remporté en octobre la Coupe de la CAF face aux Egyptiens de Pyramids – le premier titre continental de Berkane. Le milieu de terrain offensif a contribué à élever le niveau de la formation marocaine, désormais capable de rivaliser sur le plan local avec le Raja et le Wydad, les deux géants de Casablanca.

Jospin Nshimirimana (Burundi)

A 19 ans, le milieu de terrain offensif Jospin Nshimirimana est l’un des joueurs d’avenir du football africain. Il pourrait bien ne pas s’éterniser dans son club de l’Aigle noir Makamba, avec qui il a remporté cette année la Coupe de l’unité au Burundi. Le jeune joueur s’est fait connaître en janvier 2020, à l’occasion d’un tournoi international disputé au Bangladesh avec l’équipe nationale. Il avait inscrit sept des onze buts des Hirondelles, dont deux triplés face à Maurice et au Bangladesh. Bon dribbleur, doté d’une frappe puissante et capable d’évoluer en milieu offensif ou en avant-centre, ce fils d’entraîneur, international depuis juillet 2019 et élu meilleur joueur de la saison 2019-2020, est déjà suivi de près par quelques clubs européens. Ses prochaines prestations, notamment avec la sélection nationale, seront probablement très instructives pour son avenir.

Ali Maaloul (Tunisie)

Malgré l’intérêt fréquent de plusieurs formations européennes, Ali Maaloul, 30 ans, reste fidèle à Al-Ahly. Il est vrai que le Tunisien, considéré comme l’un des meilleurs défenseurs africains, y gagne très bien sa vie, avec un salaire annuel de 830 000 euros hors primes. Il a profité de l’année 2020 pour garnir un CV déjà bien rempli, avec un titre de champion d’Egypte, une Coupe d’Egypte et une Ligue des champions durant laquelle il a notamment inscrit un doublé en quart de finale face aux Sud-Africains de Mamelodi Sundowns, et un but en demi-finale contre le Wydad Casablanca. Maaloul est le prototype du défenseur moderne : offensif (parfois un peu trop…), passeur et régulièrement buteur, comme le montrent ses statistiques depuis le début de sa carrière à Sfax.

Alexis Billebault

Source: lemonde.fr

Related posts

Leave a Comment