Flintlock 2019 : 2000 militaires pour des exercices antiterroristes au Burkina

L’exercice militaire multinational Flintlock a été officiellement lancé ce 18 février 2019 au Camp Général Bila Zagré de Kamboincé. Cette initiative du commandement des Etats-unis pour l’Afrique (USAFRICOM ) vise à renforcer les capacités opérationnelles des pays africains dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Ce sont 2000 militaires venant de plus de 31 pays qui participent à cet exercice de formation et de partage d’expériences. Cette année, c’est le Burkina Faso qui abrite le poste de commandement principal et la formation est axée sur les menaces réellement vécues.

Convergence de préoccupations au Burkina Faso dans un contexte marqué par les attaques répétées des terroristes dans la sous-région. Pour la deuxième fois après 2010, c’est ’’le pays des hommes intègres” qui abrite le commandement principal de Flintlock, manœuvre militaire basée sur la coopération et la mutualisation des énergies. Ce, à travers le renforcement du partenariat et des capacités des forces de défense et de sécurité de pays d’Afrique de l’Ouest et du Nord pour lutter contre les organisations terroristes. Initié en 2005 par le commandement des Etats-unis pour l’Afrique (USAFRICOM), Flintlock est devenu un rendez-vous très attendu par les pays surtout africains touchés par le terrorisme.

Mais le contingent de cette année est sans sans nul autre pareil. Ce sont plus de 2000 participants de 31 pays d’Afrique, d’Europe, et d’Amérique qui vont se frotter pendant deux semaines pour se partager les remèdes miracles et apprendre à travailler en coordination pour venir à bout de l’ennemi commun. Le camp Général Bila Zagré de Kamboincé abritera le poste de commandement principal.

Trois autres sites sont retenus à Bobo Dioulasso, Pô, de Loumbila pour les manœuvres. En outre, un poste de commandement secondaire est installé à Atar en Mauritanie. Tous ces sites travailleront de façon synchronisée pour améliorer leur efficacité, car la guerre asymétrique qu’imposent les forces du mal ne peut être gagnée par un seul pays en vase clos.

En abritant cet important rendez-vous, le Burkina Faso confirme son ferme engagement et sa détermination à faire face aux fléaux du grand terrorisme, de la criminalité transfrontalière et du banditisme aux côtés des autres pays et partenaires, a dit le ministre de la Défense nationale et des anciens combattants. “La situation sécuritaire dans l’espace sahélo-saharien est marquée par une récurrence des activités des groupes armés terroristes au centre du Mali, au Niger et au Burkina Faso”, a poursuivi Chérif Sy pour qui les frontières poreuses sont des espaces d’insécurité, de grande criminalité organisée, de trafics d’armes, de drogue et de personnes.

Pour le ministre en charge de la défense, « il est impérieux de mutualiser les savoir-faire à travers le partage des expériences afin d’envisager des actions urgentes et saisir l’opportunité pour construire une vision collective dans la réponse à y apporter ». C’est toute la philosophie de Flintlock. Le ministre a par ailleurs salué la coopération militaire avec le pays de l’oncle Sam.

Lutte contre le terrorisme, une vision globale

Selon le Gal Marcus Hicks, commandant des opérations spéciales pour l’Afrique, la formation sera axée sur les tirs, le déplacement et la communication. Les unités combattantes des forces spéciales des pays participants auront ainsi l’occasion de perfectionner leurs tactiques et techniques dans le cadre de l’antiterrorisme. En plus des Américains, des soldats nigériens, tchadiens et mauritaniens assureront les formation, a précisé l’officier supérieur américain.

Le Gal américain a toutefois précisé que la manœuvre n’est pas seulement militaire. Le côté humanitaire permet de prendre en compte l’offre de soins aux populations et bien d’autres aspects, comme l’implication des organisations de la société civile pour des programmes de dé-radicalisation. Foi de Gal Marcus Hicks, la lutte contre le terrorisme doit avoir une approche globale de la gestion des conflits et des crises engendrés par le phénomène, en améliorant les mécanismes de collaboration et d’assistance au profit des populations victimes.

L’ambassadeur des USA au Burkina Faso, Andrew Young, a quant à lui, exhorté les participants à donner le meilleur d’eux-mêmes, à apprendre au contact des autres, pendant ces deux semaines de stage. “Nous arriverons ensemble à combattre le terrorisme”, a lancé le diplomate.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net 

Related posts

Leave a Comment