Fada N’Gourma : 200 jeunes formés sur les mécanismes de prévention et de répression de la torture

Le ministère de la Justice, des droits humains et de la promotion civique, en collaboration avec le Programme des nations unies pour le développement (PNUD), organise une série de formations au profit de 200 jeunes, agents de santé et de la sécurité, de la région de l’Est, sur les mécanismes de prévention et de répression de la torture et des disparitions forcées. Cette session de formation, qui se tient du 30 août au 7 septembre 2021 à Fada N’Gourma, entre dans le cadre du projet ‘’Appui à la promotion, à la protection des jeunes consolidateurs de la paix et défenseurs des droits de la personne dans les régions du Sahel, du Nord et de l’Est’’.

Cette initiative portée par les deux partenaires, en l’occurrence le ministère de la Justice et le PNUD, vise à former 500 jeunes, agents de santé et des forces de défense et de sécurité, au respect et à la promotion des droits humains. Le choix des trois régions n’est pas fortuit, selon le point focal du PNUD de la région de l’Est, Karen Deborah Benja. « Les trois régions sélectionnées par ce projet sont confrontées à une insécurité qui contribue sans doute à la dégradation du respect des droits humains », a-t-elle relevé, avant d’ajouter que le PNUD entend restaurer la paix et la cohésion sociale à travers cette session de formation.

Le projet consiste à promouvoir la cohésion sociale dans les régions en proie à l’insécurité selon le point focal du PNUD à l’Est

Pour elle, la cible bénéficiaire de la formation, notamment les forces de défense et de sécurité (FDS), et le personnel de santé, a un « rôle primordial » dans la mesure où elle est permanemment en contact avec la population. Parfois, poursuit-elle, les forces de défense et de sécurité (FDS), et le personnel de santé peuvent, par ignorance, poser des actes contraires aux valeurs du respect des droits humains. « Je pense qu’à travers cette formation ils seront mieux outillés sur les principaux leviers du droit humain afin de promouvoir la paix et la cohésion sociale dans les différentes régions », a-t-elle conclu.

Un avis que partage aussi le secrétaire général de la région de l’Est, Amidou Soré, qui a représenté le gouverneur. Pour, lui la thématique de la formation traduit l’engagement du Burkina Faso au respect des droits humains à travers la signature de certaines conventions liées à la question. « Le Burkina Faso a signé le 4 janvier 1999 et le 11 février 2010 la convention pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, les tortures et autres peines ou traitements cruels, inhumains », a-t-il expliqué, en ajoutant que ces conventions que le pays s’est engagé à respecter obligent les États à veiller à ce que les forces de défense et de sécurité, le personnel médical soient formés sur les dispositions pertinentes et les mécanismes de prévention et de répression en la matière.

Le secrétaire général de la région, Amidou Soré a cité le drame de Banlo comme un exemple de non respect des droits humains

A l’entendre, les forces de défense et de sécurité et les ‘’soldats’’ de la santé sont souvent à l’origine de pratiques compromettantes en matière de respect des droits humains. Il est donc nécessaire de leur enseigner, dit–il, les mécanismes de prévention et de répression de la torture afin garantir le respect des textes. « Les FDS et les agents de santé sont parfois susceptibles de se rendre coupables ou complices d’actes contraires au respect des droits humains », a souligné le représentant du gouverneur. A l’occasion, il a demandé une minute de silence en mémoire des victimes du drame de Banlo qui, selon lui, relève d’une défaillance du respect des droits humains.

C’est aussi dans la même dynamique que s’inscrit Jean Robert Rouamba, conseiller des droits humains par ailleurs directeur du suivi des accords internationaux au ministère de la Justice. En assurant la communication sur le protocole d’Istanbul, il a expliqué particulièrement aux agents de la santé qu’ils ont l’obligation de s’occuper « convenablement » des malades « terroristes » soient-ils.

Deux autres communications ont été données à cet effet sur les instruments de lutte contre la torture : la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels inhumains ou dégradants et les textes nationaux ; les mécanismes de prévention contre la tortue et autres peines ou traitement cruels, inhumains ou dégradants sont, entre autres, les thèmes abordés.

Martin Ilboudo,médecin généraliste ressort satisfait de la formation

Les participants saluent l’initiative

Pour les bénéficiaires de la formation, l’activité est à saluer. Martin Ilboudo est un médecin généraliste à Pama, dans la Kompienga. Il se dit « très » satisfait de la formation. « Nous avons pu voir les causes de tortures et les moyens de lutte contre les tortures. Moi, en tant qu’agent de santé, je pense que désormais je sais quelle conduite tenir face à un patient », a-t-il laissé entendre. « Je pense que la donne va changer maintenant », a affirmé pour sa part Nian Aka, assistant de la Garde de sécurité pénitentiaire. Il promet d’être le relais de cette sensibilisation auprès de ses collègues.

Cette formation est la deuxième du genre après celle de la région du Nord à Ouahigouya, du 23 au 28 août dernier. La dernière session de formation est prévue à Dori, dans le Sahel, du 13 au 18 septembre prochain.

Serge Ika Ki (stagiaire)
Lefaso.net

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