Extrémisme violent : Des présumés terroristes répondent devant la Justice burkinabè

C’est une première pour le système judiciaire burkinabè. En effet, le premier procès pour faits et actes terroristes s’est ouvert ce lundi 9 août 2021 au tribunal de grande instance (TGI) Ouaga II. Il faut noter que le TGI Ouaga II abrite le pool judiciaire spécialisé en matière de lutte contre le terrorisme. Durant cette première session qui va durer cinq jours, ce sont au total dix dossiers, soit deux par jour, qui seront jugés.

Pour cette première journée, deux dossiers mettant en cause trois individus ont été soumis à la Cour du TGI Ouaga II. Concernant le premier dossier, S.H et K.O sont jugés concomitamment et doivent répondre de plusieurs chefs d’accusation.
S.H est accusé d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, de détention illégale d’armes à feu, meurtres, tentative d’assassinat et dégradation de biens. Il a été appréhendé à Ouagadougou par la gendarmerie, lors d’une enquête. Des informations obtenues lors de l’instruction, il ressort que le présumé terroriste se serait rendu au Sahel malien à Tombouctou où il a appris la lecture du Coran avant d’intégrer le groupe terroriste Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Il aurait aussi reçu une formation en maniement d’armes dans un camp du groupe Ansardine. S.H aurait également contribué à plusieurs attaques contre la MINUSMA au Mali et les forces armées maliennes ; attaques qui ont engendré la mort d’un soldat de la MINUSMA et un soldat malien. C’est en voulant rallier la Côte d’Ivoire pour y perpétrer des attaques, qu’il a été pris. Face au juge, le prévenu a affirmé ne pas reconnaître les faits à lui reprocher.

Quant à K.O, il lui est reproché les faits d’association de malfaiteurs pour terroriser ou intimider les populations afin d’imposer la charia. Il est accusé d’être un ancien membre de la police islamique de Tombouctou au Mali, qui sensibilisait les jeunes et les femmes pour l’adoption des règles de la charia et réprimait les contrevenants. Il serait rentré au Burkina Faso après trois années passées au sein du groupe Ansardine pour, selon ses dires, se retirer du groupe pour ne pas exécuter l’ordre de commettre des attaques terroristes. Malgré tout, il serait resté en contact avec l’organisation terroriste et aurait même reçu une visite de quelques membres à Ouagadougou.

S.H et K.O sont de vieilles connaissances, et K.O aurait même gardé des grenades contenues dans une carafe et appartenant à S.H. Elles devaient servir pour un acte terroriste. Lui (K.O) non plus ne reconnaît pas les faits qui lui sont reprochés.
Face au constat de l’absence d’avocats aux côtés des prévenus, le président du tribunal a demandé à ceux-ci s’ils souhaitaient être jugés malgré tout. S.H a affirmé n’avoir eu connaissance du début du procès que le dimanche 8 août 2021. Il a donc demandé un renvoi afin de pouvoir s’attacher les services d’un conseil. Une requête à laquelle le juge a adhéré en renvoyant le dossier des deux prévenus à la prochaine session.

Le deuxième dossier soumis aux juges est celui de D.O.M. Il est accusé d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, de détention illégale d’armes à feu et de destruction volontaire de biens. Ayant constaté l’absence de son avocat, le juge a renvoyé le dossier au vendredi 13 août 2021.
L’audience a été suspendue après ce renvoi et reprendra demain 10 août 2021 à partir de 8h au TGI Ouaga II.

Armelle Ouédraogo
Lefaso.net

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