Evacuation du Général Djibrill Bassolé : Le Ministre BAGORO ne tire aucune leçon d’humanisme

Pourquoi, le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats du Burkina Faso ne doit pas « s’excuser » pour les déclarations du Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Monsieur René BAGORO.

Le dossier judiciaire du Général Djibril BASSOLE, n’a pas fini de faire couler beaucoup d’encre…

Mais c’est surtout le dossier médical du Général BASSOLE qui fait, actuellement des émules, notamment, par cette passe d’arme entre notre Bâtonnier après la déclaration grossière et inexacte du Ministre de la justice qui hérisse les poils de l’avocat que nous sommes et dont on sait qu’ils sont les derniers remparts contre l’arbitraire ainsi que sa cohorte de manque flagrant d’humanisme dans notre pays ; en plus de l’insécurité galopante manifestée par des atteintes nombreuses aux droits humains, les autorités politiques actuelles veulent rajouter inutilement la souffrance à la souffrance. Assez de souffrances, Mesdames et Messieurs les gouvernants de notre pays. Notre pays n’a jamais vécu ce qui se passe actuellement…

Est-ce que la pathologie actuelle du Général Djibril BASSOLE (dont on a d’ailleurs rendu public en dépit de la nécessaire protection de son secret médical) devrait encore souffrir d’une telle polémique ou d’une telle passe d’armes entre notre Bâtonnier de l’Ordre des Avocats et le Garde des Sceaux ? Le Ministre René BAGORO a-t-il fini de régler les problèmes récurrents de notre justice, notamment ceux des GSP depuis octobre 2018, alors qu’il est encore à son poste et à son office pour en rajouter à la liste de ses propres incohérences cette prise de position tout aussi aberrante qu’incongrue ? On n’a jamais vu ça aussi dans notre pays et nombreux sont les compatriotes qui se posent la question de savoir où va le Burkina en ce moment ?

Très clairement et sans complaisance, non seulement nous prenons fin et cause pour la survie et la santé du Général Djibril BASSOLE en approuvant, sans flagornerie aucune, les déclarations de notre Bâtonnier, Me Paulin SALEMBERE mais en prime, nous nous autorisons personnellement et énergiquement à fustiger une telle posture d’imposture du Garde des Sceaux. Et pour cause : Lui, Monsieur René BAGORO, lorsqu’il fût séquestré à Kossyam par les militaires du RSP et qu’il vomissait du sang, le Médecin Colonel Major Naziningouba, médecin personnel du Président Blaise Compaoré qui l’a indiqué au Tribunal Militaire lors de son audition n’est-il pas rentré urgemment de Koudougou et ce, sans attendre une quelconque décision de justice pour ordonner immédiatement, par un simple certificat médical l’évacuation du même Ministre BAGORO afin que des soins appropriés lui soient administrés ? Ce qui lui a d’ailleurs permit sa survie dont, visiblement, il ne tire aucune leçon d’humanisme…Ah ba !!! Soyons humain à défaut d’être juste et équitable.

Certains lecteurs trouvent mes écrits assez longs. Cette fois-ci, sans ratiociner et compte tenu de l’urgence à évacuer ici et maintenant le Général Djibrill BASSOLE, parlons peu et bien et surtout vite en dépit de tout pour simplement rappeler à Monsieur Le Garde Des Sceaux, Monsieur René BAGORO qui demeure notre cadet en dépit de son titre à qui des conseils précieux peuvent lui être prodigués, que la roue tourne depuis la nuit des temps et elle tournera d’ailleurs plus vite qu’il n’y croit parce qu’il ne cessera jamais de tourner au motif qu’il est, à l’heure actuelle, Garde des Sceaux. La fonction ministérielle crée plus de devoirs que de droit et les ministres doivent être les grands serviteurs de l’Etat et de nos compatriotes…

Il est donc grand temps que le Général Djibril BASSOLE soit immédiatement évacué même à ses frais en Turquie où le Président Erdogan, certainement plus humaniste, plus fraternel, et certainement plus « gourounsi ou burkinabè » que quiconque lui a offert un plateau médical qui permettra à cet officier supérieur de bénéficier de soins médicaux adéquats et la prise en charge efficiente de cette pathologie rare. En ce mois de ramadan, faisons preuve de pardon et de tolérance à l’égard des autres, soient-ils des adversaires politiques. La politique ne peut quand même pas tout régenter ou justifier tout même les comportements les plus inhumains. Le dire est un impérieux devoir patriotique en vertu des dispositions de l’article 8 de la Loi fondamentale qui régit notre pays.

Paul KÉRÉ

Docteur en Droit

Chevalier de l’Ordre National

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