En Arabie saoudite, Google refuse de bannir une application de surveillance des femmes

Absher, lancée par le gouvernement saoudien, permet de limiter les déplacements de son épouse à l’étranger. Malgré les critiques, Google estime qu’elle ne contrevient pas aux conditions d’utilisation de son magasin d’applications.

Google ne voit pas d’inconvénient à ce que les hommes saoudiens empêchent leurs femmes de fuir le pays. L’entreprise américaine n’exclura pas de Google Play une application du gouvernement saoudien destinée à pister les épouses trop aventureuses, fait savoir Business Insider.

Des notifications automatiques

Baptisée « Absher », l’application en question a été conçue par le gouvernement saoudien, avant d’être mise en ligne sur les plateformes d’Apple et de Google.

Aux côtés d’options pour payer une amende de stationnement ou renouveler son permis de conduire, elle propose de programmer des alertes automatiques par SMS, dès lors qu’une femme s’identifie à un poste-frontière ou dans un aéroport. Une fois la notification reçue, l’époux peut émettre ou révoquer une autorisation de sortie d’Arabie saoudite. De quoi limiter grandement les éventuelles velléités de quitter le territoire. 

En Arabie saoudite, des autorisations papier sont déjà requises pour les femmes désireuses de quitter le pays. Absher vient apporter sa pierre à l’édifice en proposant un système d’alertes automatiques plus pointu. Cette fonctionnalité lui vaut un succès certain. Elle compte plus d’un million de téléchargements, et ce rien que sur Android

Aucune réponse d’Apple

Sur son magasin d’applications, Google est censé bannir tout outil amené à promouvoir des formes de violences basées sur des critères comme « l’identité de genre », ou facilitant « les menaces et le harcèlement ». Le laisser-faire de l’entreprise à l’égard d’Absher a ainsi été grandement critiqué. 

Fin février, quatorze parlementaires américains se sont adressés à Apple et Google pour faire retirer Absher de leurs magasins d’applications respectifs, notait Thisisinsider. Si la décision d’Apple est encore attendue, Google estime pour sa part que l’application du gouvernement saoudien ne contrevient pas à ses conditions d’utilisation. 

Ce n’est pas la première fois que Google se plie aux desiderata d’un gouvernement. En août dernier, The Intercept révélait un projet secret de l’entreprise, destiné à signer son retour en Chine, par la voie d’un moteur de recherche conforme à la censure imposée dans le pays. Le projet avait par la suite été défendu par le PDG du groupe, Sundar Pichai.  

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