Emmanuel Macron appelle à l’« apaisement » avec l’Algérie après ses propos mal perçus

Tenter de faire redescendre les tensions. Le président de la République française, Emmanuel Macron, a déclaré, mardi 5 octobre, souhaiter « un apaisement » sur le sujet mémoriel entre la France et l’Algérie, et dit avoir des relations « vraiment cordiales » avec son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune.

Les deux pays traversent une crise diplomatique – l’Algérie a rappelé son ambassadeur – depuis que le chef de l’Etat français a déclenché la colère d’Alger pour des propos rapportés par Le Monde accusant le « système politico-militaire » algérien d’entretenir une « rente mémorielle » sur la guerre d’Algérie.

« Mon souhait, c’est qu’il y ait un apaisement parce que je pense que c’est mieux de se parler, d’avancer », déclare-t-il dans un entretien à France Inter, appelant à « reconnaître toutes ces mémoires » et leur « permettre de cohabiter »« Ce n’est pas un problème diplomatique, c’est d’abord un problème franco-français », a-t-il aussi estimé.

Emmanuel Macron a également dit avoir « confiance » en son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune. « J’ai le plus grand respect pour le peuple algérien et j’entretiens des relations vraiment cordiales avec le président Tebboune », a-t-il déclaré, liant les tensions actuelles au travail de mémoire fait en France sur la guerre d’Algérie.

Un travail de mémoire inédit

Emmanuel Macron, premier président de la République française né après la guerre d’Algérie (1954-1962), a entrepris un travail de mémoire inédit sur cette guerre, souvenir douloureux pour des millions de Français, dont de nombreux d’origine algérienne.

Il a commandé un rapport à l’historien Benjamin Stora et estime faire « un travail en profondeur avec la jeunesse française et franco-algérienne ».

 « Et donc, on se dit des choses qui ne sont pas agréables pour nous-mêmes. Je ne nous ai pas ménagés avec notre propre histoire. Il y a quelques années de ça, ça avait produit quelques troubles et quelques réactions. J’ai été le plus franc possible avec notre histoire sur la question des harkis, mais je continuerai ce travail. »

« Quand la question m’a été posée sur l’accueil du rapport de Benjamin Stora en Algérie, j’ai été obligé de dire la vérité au président Tebboune, on en a parlé et c’est quelqu’un en qui j’ai confiance. Il a eu des mots amicaux et proportionnés. » Mais en Algérie, « beaucoup de gens ont insulté, parfois menacé, Benjamin Stora suite à ce rapport. On ne va pas faire comme si cela n’était rien », a-t-il poursuivi.

Il estime toutefois que ce travail mémoriel, « c’est d’abord un problème franco-français. On doit continuer à faire ce travail avec beaucoup d’humilité, avec beaucoup de respect ».

Outre le rappel de son ambassadeur, le régime algérien a interdit le survol du pays aux avions militaires français, qui participent notamment à l’opération « Barkhane », menée contre les djihadistes au Sahel.

Le Monde avec AFP

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