Elections 2020 au Burkina : La majorité présidentielle invite l’opposition à « recourir aux voix légales »

L’alliance des partis et formations politiques pour la majorité présidentielle (APMP) vient de faire une déclaration sur la situation électorale nationale, ce 24 novembre 2020, à Ouagadougou. Le porte-parole, Me Bénéwendé Sankara tout en saluant la contribution de divers acteurs à la tenue du scrutin, a invité au « respect des résultats des urnes » ou en cas de contestations « à recourir à des voies légales dans une démarche républicaine ».

D’entrée de jeu, Me Bénéwendé Sankara a salué le vote citoyen, la contribution des forces de défense et de la sécurité, le rôle des médias, la CENI et toutes les structures qui ont contribué à la tenue de ces élections. Selon la substance de sa déclaration, « l’APMP a regretté le fait que l’opposition, dans sa dernière sortie (le 24 novembre), ai rejeté les premiers résultats de la CENI. Tout en invitant l’opposition à l’apaisement et surtout à poursuivre l’esprit de concertation et de consensus jusque-là prévalu », avant d’ajouter : « L’APMP invite l’opposition au respect des résultats des urnes sans lequel toute élection n’a de sens. »

Selon les propos de Me Bénéwendé Sankara, « l’APMP demande à la CENI de faire diligence dans la prise en compte manuel des résultats conformément au code électoral. ». Elle invite aussi invite l’opposition « au respect » des résultats des urnes ou à « recourir aux voix légales dans une démarche républicaine pour contester les résultats », surtout à recourir « aux structures appropriées, notamment les juridictions compétentes, pour l’examen de leurs récriminations, y compris celles à l’endroit d’autres partis.

Par ailleurs, l’APMP dit regretté le non-respect des accords nés du consensus de la classe politique salué par la communauté internationale et les partenaires du Burkina Faso, qui ont sous-tendu l’organisation dudit scrutin. Pour Me Bénéwendé Sankara, au nom de l’APMP, les insuffisances et les failles qui ont émaillé le scrutin ne sauraient ternir la sincérité du scrutin, en ce sens que, dit-il « les composantes de la CENI, de l’opposition et de la société civile ont contribué à la tenue du scrutin ».

Pour conclure, Bénéwendé Sankara a laissé entendre : « Les failles relevées dans le scrutin portent préjudices à l’ensemble des partis politiques ». Puis il rassure que les observateurs internationaux ont expliqué que « les insuffisances relevées, quoi que regrettables, ne sont pas d’une ampleur susceptible d’impacter de manière significative les résultats des scrutins ».

EKS
Lefaso.net


Déclaration liminaire

L’Alliance des Partis et Formations politiques de la majorité Présidentielle (APMP), tout comme l’opinion publique burkinabè, a été témoin de la déclaration des candidats de l’Opposition à l’élection présidentielle, mettant en cause la poursuite du processus électoral à sa phase de publication des résultats du scrutin du 22 novembre 2020, par la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Lesdits candidats évoquent un certain nombre de griefs dont l’essentiel tourne autour des insuffisances et manquements dont aurait fait preuve la CENI dans l’organisation du scrutin.

Au regard de la gravité de cette déclaration susceptible de mettre en péril la phase finale du processus, l’APMP déplore cet incident et voudrait ici donner son appréciation sur cette situation.

En tout premier lieu, l’APMP voudrait ici rappeler et saluer une fois de plus le consensus qui a prévalu dans la mise en œuvre du processus électoral depuis son début et à toutes les étapes. Ce consensus largement salué par les instances internationales, régionales et sous-régionales, ainsi que par l’ensemble de l’opinion nationale fait la fierté de notre processus et doit être poursuivi, pour la beauté de notre démocratie et pour la paix dans notre pays.

Ensuite, l’APMP considère que les insuffisances et failles qui ont émaillé le déroulement du scrutin ne sauraient refléter une quelconque volonté de porter atteinte à la sincérité du scrutin. La composition de la CENI sur une base tripartite (Majorité – Opposition – Société civile) garantit l’objectivité et l’équilibre de ses actes. Lesdites composantes, nonobstant leur droit à la critique, restent toujours engagées à la soutenir en toute circonstance afin que son travail réponde au souci d’une saine organisation des scrutins.

Il importe d’ailleurs de préciser que les failles relevées portent préjudice à l’ensemble des candidats et partis en compétition et de la même manière.

L’APMP convient avec l’ensemble des Observateurs internationaux et nationaux qui ont déjà rendu public leurs conclusions que les insuffisances relevées, quoique regrettables, ne sont pas d’une ampleur susceptible d’impacter de manière significative les résultats du scrutin. Mieux, certaines actions en cours peuvent encore être affinées pour rassurer l’ensemble des acteurs.

En considération de tout ce qui précède, l’Alliance des Partis et Formations politiques de la majorité Présidentielle :

demande à la CENI de faire diligence dans la prise en compte du comptage manuel des résultats du scrutin, conformément aux dispositions du Code électoral révisé ;
invite les candidats de l’Opposition à l’apaisement et surtout à poursuivre l’esprit de concertation et de consensus qui a jusque-là prévalu ;

les invite également au respect des résultats des urnes sans lequel toute élection n’a de sens ;

invite enfin tous les partis et candidats à recourir aux structures appropriées, notamment les juridictions compétentes, pour l’examen de leurs récriminations, y compris celles à l’endroit d’autres partis.

L’APMP réitère sa volonté de contribuer à tout dialogue visant une bonne finalisation du processus engagé et réaffirme son ferme engagement et sa détermination à œuvrer, de concert avec tous les acteurs, au respect du verdict des urnes et de la légalité républicaine.

Ouagadougou, le 24 novembre 2020

L’Alliance des Partis et Formations politiques de la majorité Présidentielle (APMP)

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