Eglise catholique : Les responsables réfléchissent aux moyens de l’évangélisation en Afrique francophone

Débutés le 27 janvier 2020, les travaux du Colloque continental sur la mission AD Gentes pour l’Afrique francophone se sont achevés le vendredi 31 janvier sur des recommandations fortes. Le cardinal Philippe Ouédraogo, archevêque métropolitain de Ouagadougou, absent à l’ouverture pour des raisons de calendrier, était présent à la fin des assises. Il a appelé les participants à prier pour le Burkina en proie à des attaques terroristes depuis le 15 janvier 2016.

La mission AD Gentes est celle orientée vers les nations, les peuples qui n’ont pas entendu parler de Jésus-Christ, qui ne connaissent pas son évangile. En Afrique francophone, les Conférences épiscopales ont décidé d’adopter cette mission pour faire corps avec l’exhortation apostolique Maximum illud du Pape Benoît XV, publiée le 30 novembre 1919, et qui traite des missions catholiques après la première Guerre mondiale et prône un développement des missions et une meilleure formation des clergés locaux.

« Dans cette exhortation, le Saint Père nous a invités à repenser la mission et la restituer dans la vie de l’Eglise comme paradigme qui nous permet d’être et d’agir en chrétiens », a indiqué l’abbé Antoine de Padou Pooda, enseignant-chercheur au département de Missiologie de l’Université pontificale urbanienne de Rome.

Peu d’Africains connaissent Jésus-Christ

Pour donc revisiter les méthodes et les moyens d’une meilleure évangélisation de l’Afrique, notamment dans sa partie francophone, la Conférence épiscopale Burkina-Niger a convié à Ouagadougou un groupe d’évêques, de prêtres et de religieuses pour quatre jours de réflexion.

« Ce colloque est comme l’arbre à palabre sous lequel nous nous sommes assis pour remuer le chantier de la mission dans l’espace de l’Afrique francophone et pour explorer les nouveaux sentiers qui nous permettront d’avancer au large dans la mission évangélisatrice. Dans la fraternisation, la concertation et la recherche, nous avons travaillé et réfléchi sur la mission d’aujourd’hui, ses défis, ses forces et ses faiblesses », a résumé l’abbé Pooda.

Il est, selon les initiateurs de cette rencontre, nécessaire que l’évangile de Jésus-Christ soit annoncé à un plus grand nombre d’Africains, d’où le choix du thème « Témoigner, annoncer et célébrer la foi dans la mission d’évangélisation en Afrique Aujourd’hui ». « Le thème est d’actualité. Depuis le mandat missionnaire laissé par Jésus aux siens à l’Ascension, la mission est toujours d’actualité. Après deux siècles, il semble qu’à peine un tiers de l’humanité, catholiques et protestants confondus, connaît Jésus. En Afrique, selon certaines statistiques disponibles, on parle de 17% à 19% qui connaissent Jésus », a fait remarquer Mgr Philippe cardinal Ouédraogo, avant de conclure : « Du travail a été fait mais il en reste encore ».

Renforcer le vécu de la foi

Au cours des assises, les participants ont eu droit à des conférences sur divers thèmes. Ils ont, à l’issue des travaux, formulé dix recommandations à l’endroit des évêques, principaux décideurs de la marche de l’Eglise dans nos pays. Les participants ont proposé, entre autres, la création, dans les universités catholiques, de départements des arts et culture (peinture, architecture, musique, danse, chorégraphie) en vue de la conservation, du développement et de la transmission du vécu de la foi ; et de laboratoires interdisciplinaires au sein des Conférences épiscopales en vue de mener des recherches plus approfondies sur la vie de foi des chrétiens. Ces recommandations seront transmises aux Conférences épiscopales qui décideront de la pertinence de leur application.

Profitant de l’occasion, le cardinal Philippe Ouédraogo a appelé les participants au colloque à prier pour le Burkina Faso en proie à des attaques terroristes à répétition. « Certains prophètes du malheur prédisent que la situation va encore durer. Mais encore combien de temps ? En tout cas, nous ne voyons pas le bout du tunnel. Comme je le dis souvent, la paix est un don de Dieu et le fruit du travail des hommes. Au Burkina, les diocèses sont en prière. A Ouagadougou, nous avons, durant l’année, une chaîne de prière. Elle a commencé à une semaine de l’Avent, et chaque paroisse a une semaine de prière. Ça va durer jusqu’au Christ-Roi. Les autres diocèses ont aussi des initiatives. On en discutera certainement à notre prochaine assemblée », a conclu le cardinal Philippe Ouédraogo.

Jacques Théodore Balima
Lefaso.net

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