Education nationale : Une collecte de fonds pour soutenir les victimes du terrorisme

Le ministre de l’éducation nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales était face aux journalistes ce 6 février 2020 à l’occasion de l’hebdomadaire point de presse du gouvernement. Le Pr Stanislas Ouaro a fait cas des dernières évolutions de l’éducation nationale sous l’angle des conséquences des attaques terroristes. Il a surtout annoncé le lancement d’une collecte de fonds par son département pour soutenir les FDS et les déplacés internes.

2 369. C’est le nombre d’établissements fermés à cause des menaces terroristes, à la date du 30 janvier 2020. Cette situation affecte 325 245 élèves et 10 048 enseignants. A ce chiffre déjà lourd, il faut ajouter 36 autres écoles fermées Bani, à la date du 3 février, suite à l’attaque de Lamdamoal.

L’école Burkinabè va donc mal. « Les acteurs de l’éducation ont souffert de menaces, de violences physiques et d’assassinats sans compter les incendies d’infrastructures éducatives et la destruction de matériels didactique et pédagogique », a regretté le ministre Pr Stanislas Ouaro, précisant que 10 enseignants ont été assassinés.

Pour juguler la crise, le ministère en charge de l’éducation a tenu un conseil de cabinet extraordinaire élargi sur l’éducation en situation d’urgence. C’était les 23 et 24 janvier 2020.

« Notre objectif, à travers ce conseil de cabinet extraordinaire élargi était qu’ensemble, nous puissions mener la réflexion, faire une analyse objective et multidimensionnelle de la situation qui prévaut dans le secteur de l’éducation pour prendre des décisions éclairées, appropriées et consensuelles pour une meilleure gestion de l’éducation dans les régions à forts défis sécuritaires », a poursuivi l’animateur de la conférence de presse.

Cette rencontre qui a réuni des acteurs de plusieurs départements ministériels a accouché des recommandations. Il s’agit entre autres, de la mise en place d’un fonds d’urgence pour une prise en charge des situations d’urgence. Aussi, il y a l’enlèvement diligent des vivres, du mobilier et des équipements dans les établissements fermés et dans les magasins de transit pour les acheminer dans les établissements d’accueil après leur immatriculation et avec l’appui des Forces de Défense et de Sécurité.

Ensuite, la mise en place d’un dispositif de retrait des ressources transférées aux communes où tous les établissements sont fermés au profit des communes d’accueil en tenant compte de l’évolution de la situation et en concertation avec toutes les parties prenantes.

Enfin, l’organisation d’une collecte de fonds auprès des acteurs du ministère en soutien aux FDS dans leur mission de sécurisation du territoire, aux familles des victimes et aux populations déplacées dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Pour une éducation à la solidarité

Pour ce dernier point, le Pr Stanislas Ouaro a expliqué que l’objectif est de promouvoir une éducation à la solidarité et à la citoyenneté au sein de la communauté éducative. « La collecte des fonds se fera de manière volontaire auprès des structures centrales, déconcentrées, rattachées, de mission, des établissements d’enseignement (personnels administratif et de soutien, enseignants, et élèves) et les structures de l’éducation non formelle (superviseurs, animateurs et apprenants). Sont également concernés par cette collecte, les stagiaires des Ecoles nationales des Enseignants du primaire », a poursuivi le conférencier qui a souhaité que cette initiative soit pérenne. Les contributions vont de 100 F CFA à 10 000 F CFA, chaque contributeur en fonction de ses capacités.

Le ministre a par ailleurs indiqué que la stratégie de scolarisation des élèves des zones à forts défis sécuritaires 2019-2024 mise en place par le gouvernement a permis un tant soit peu, une embellie de la situation des écoles fermées.

Il s’agit notamment du regroupement des élèves des classes d’examen en vue de leur administrer des cours de rattrapage suivi de l’organisation de la session spéciale des examens et concours scolaires. A cela s’ajoute la formation des enseignants, des membres de la communauté pour accroître leur résilience face à la crise sécuritaire ; l’élaboration des programmes d’éducation en situation d’urgence pour les enseignements du primaire, du post-primaire et du secondaire. Il faut aussi noter l’inscription des élèves déplacés dans des établissements d’accueil et le redéploiement des enseignants des établissements fermés.

Grace à ces actions, 824 établissements scolaires ont pu rouvrir à la date du 30 janvier 2020.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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