Education nationale : 17 705 élèves affectés par la fermeture des écoles ont pu se réinscrire

17 705 élèves sur 202 522 dont la scolarité a été affectée par l’insécurité dans plusieurs localités du Burkina Faso ont pu se réinscrire dans des établissements hôtes. Ces chiffres sont de la Direction générale des études et des statistiques du ministère de l’Education nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales qui a organisé, le lundi 16 décembre 2019 à Ouagadougou, les Journées des statistiques de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (JSENA).

Ils étaient près d’une centaine venus des régions et représentants des syndicats de l’éducation nationale à prendre à part aux JSENA 2019. Une journée consacrée à l’actualisation des statistiques dans le domaine de l’enseignement de base, du post-primaire, du secondaire et du supérieur au Burkina Faso. Six communications sur la vie et le fonctionnement des Circonscriptions d’éducation de base (CEB), du ministère de l’Education nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales, des structures déconcentrées et décentralisées ont été animées par des experts du domaine.

La vie des Circonscriptions d’éducation de base

Les Circonscriptions d’éducation de base sont des entités utiles au fonctionnement du système éducatif burkinabè. Elles organisent et surveillent les enseignements dispensés ainsi que les fonctionnements des écoles. Pour permettre aux CEB d’assurer convenablement leurs missions, de l’argent est mis à leur disposition pour le carburant et bien d’autres activités. Il ressort du rapport d’étude effectuée en février 2016 que chaque CEB a utilisé environ 1 626 273 francs CFA. Ce qui donne une idée du montant fixe de fonctionnement de ces structures.

Ces sommes se répartissent comme suit. Pour les CEB situées en milieu urbain, le carburant est de 155 800 par trimestre tandis qu’en milieu rural, il est de 160 783 donnant une moyenne nationale de 159 318 fcfa. Pour les besoins en carburant qui se sont manifestés en dehors de ce qui était prévu, les CEB urbaines ont reçu 125 600 francs CFA contre 112 586 FCFA pour celles situées en milieu rural.

Une croissance des populations scolarisables et celles scolarisées

Les résultats d’une étude menée sur les populations scolarisables et celles scolarisées sur les dix dernières années (2008-2018) ont été présentés à l’assistance. Il en ressort que dans le préscolaire (3-5 ans), cette population qui était de 1 562 493 en 2008 est passée à 2 029 683 en 2018. Au même moment, dans le primaire (6-11 ans), en 2008, ils étaient de 2 631 415 avant d’atteindre 3 640 157 en 2018. Le post-primaire, le secondaire et le supérieur ont aussi connu une hausse. Ce qui a fait passer la population d’ensemble de 8 070 514 en 2008 à 11 315 972 en 2018.

L’augmentation des effectifs s’est aussi ressentie au niveau des populations scolarisées. Par exemple, au post-primaire, de 375 406 au cours de l’année 2008-2009, ils sont passés à 1 046 425 en 2018-2019 soit une hausse de 10,8%. Le plus fort pourcentage de scolarisation a été enregistré au secondaire. De 92 252 en 2008-2009, ils sont passés à 295 718 soit 12,4% et au supérieur la croissance était de 10,2%. Ce qui donne une moyenne de progression de 6,9% sur les dix dernières années.

Les infrastructures et les enseignants aussi…

Pour accompagner cette scolarisation grandissante, une politique de développement des infrastructures a aussi été mise en œuvre qui a permis d’accroitre l’offre éducative. Ainsi, de 100 établissements pour 100 000 habitants en 2008-2009 au préscolaire, l’on est passé à 261,7 en 2018-2019. Au cours de la même période, l’on est passé, au primaire, de 100 établissements à 157,8, au post-primaire et au secondaire de 100 à 350,9% et au supérieur de 100 à 313.

Les ressources humaines ont également connu une hausse durant ces dix dernières années. Selon le rapport, l’effectif des enseignants a doublé durant la période. C’est pourquoi en 2018-2019, il y avait 5 030 encadreurs au préscolaire, 65 824 enseignants au primaire, 29 130 au post-primaire et secondaire et 1 392 au supérieur.

Pour les admissions, les experts ont noté « une tendance à la hausse des taux d’accès à tous les niveaux » avec un satisfecit au primaire (98%). Par contre, cet accès est faible au post-primaire et au secondaire. « C’est la conséquence d’un déperdition du système éducatif (redoublements) », ont-ils mentionné. Ils notent aussi que l’éducation préscolaire demeure un luxe (5,2%) au Burkina Faso.

1453 établissements dont 1305 écoles primaires fermés en octobre 2019
Le point des succès aux différents examens (CEPE, BEPC et Baccalauréat) ainsi que le taux de croissance du nombre d’étudiants ont été faits. La situation des écoles fermées pour plusieurs raisons dont l’insécurité a aussi été présentée aux participants. Il en ressort qu’en octobre 2019, 1453 établissements dont 1305 écoles primaires sont restées fermées.

Au primaire, 1204 écoles publiques et 101 écoles privées ont été fermées. Au post-primaire, 129 établissements publics et 19 privés ont connu le même sort. Par contre, 521 dont 470 écoles primaires, fermées au cours l’année scolaire précédente, ont été rouvertes surtout à l’Est après l’opération militaire « Otapuanu » qui a permis de sécuriser certaines localités.

La situation a affecté la scolarité de plusieurs milliers d’élèves. Ils sont au nombre de 202 522 dont 108 580 garçons et 93 942 filles à voir leur cursus perturbé. Suite à des mesures prises par le gouvernement pour leur permettre de poursuivre leurs études, certains ont pu se réinscrire dans des établissements hôtes. Ils sont au total 17 705 dont 9 724 garçons et 7 986 à pouvoir se réinscrire, soit un taux de 8,7%.
Les participants aux JSENA, au regard de la situation actuelle du système éducatif national, ont formulé des recommandations à l’endroit du gouvernement.

Le secrétaire général du MENAPLN, Pr Kalifa Gnanou, a donné l’assurance que des mesures seront prises afin que les chiffres soient mis à la disposition des acteurs. « Je tiens à vous rassurer que mon département jouera sa partition à travers une analyse conséquente et la prise en compte de vos recommandations et suggestions afin de persévérer dans la production régulière et la diffusion de données statistiques de bonne qualité pour un meilleur pilotage de notre système éducatif », a-t-il conclu.


Lefaso.net

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