Education : Enseigner les enfants dans la langue qu’ils connaissent et parlent facilite leur apprentissage, selon la Banque mondiale

Selon le rapport mondial « Apprendre à réaliser la promesse éducative », des millions d’enfants dans le monde peinent à apprendre à l’école. Parmi eux, 53% des enfants des pays à revenu faible ou intermédiaire sont incapables de lire et de comprendre un texte simple à l’âge de 10 ans. Cette pauvreté d’apprentissage est due, selon un nouveau rapport de la Banque mondiale, au fait qu’ils reçoivent un enseignement dans une langue qu’ils ne connaissent pas et ne parlent pas. Ce manque de compréhension de la langue utilisée pour l’enseignement engendre des taux d’abandon scolaire plus élevés, beaucoup de redoublement et une baisse des apprentissages de façon générale, révèle le rapport.

L’instruction se réalise à travers la langue. L’UNESCO estime que dans le monde, quatre apprenants sur dix reçoivent un enseignement dans une langue qu’ils ne connaissent pas. Pourtant, plusieurs études démontrent à souhait que lorsque les enfants sont enseignés tout d’abord dans une langue qu’ils parlent et comprennent bien, ils apprennent davantage, sont mieux placés pour apprendre d’autres langues.

Enseignés d’abord dans leur langue maternelle, les apprenants ont plus de chance avec le temps de devenir compétents dans les langues étrangère et de mieux assimiler les contenus académiques. Aussi, ils sont plus susceptibles de rester à l’école et de vivre une expérience scolaire adaptée à leur culture et leur contexte local.

Malgré les avantages que présente l’enseignement dans les langues parlées par les enfants, les politiques relatives à la langue d’enseignement dans de nombreux pays exigent des enseignants qu’ils dispensent un enseignement dans des langues étrangères que ni eux ni les apprenants ne parlent. Ce qui rend ardus l’apprentissage et les progrès à l’école, mais aussi l’acquisition des compétences fondamentales telles que la lecture et le calcul élémentaire.

A l’opposé, des politiques de langue d’enseignement appropriées, en plus de faciliter l’apprentissage, favorisent également l’équité à l’école et sur le marché du travail. Elles améliorent aussi le rapport coût-efficacité de l’éducation et favorisent l’inclusion.

Face à la faiblesse de l’apprentissage, le nouveau rapport de la Banque mondiale propose plusieurs solutions. Il considère comme essentiel d’observer les principes suivants pour améliorer l’apprentissage dans les pays à revenu faible ou intermédiaire : d’abord enseigner aux enfants dans leur langue maternelle dès l’éducation de la petite enfance et au moins jusqu’à la fin de l’école primaire ; ensuite utiliser la langue maternelle pour l’enseignement des matières scolaires autres que la lecture et l’écriture.

Aussi, introduire toute langue supplémentaire en tant que matière en mettant l’accent sur les compétences linguistiques orales, continuer à utiliser la langue maternelle pour l’enseignement sous une forme ou une autre ; et même lorsqu’une autre langue devient la langue officielle d’enseignement. Et enfin planifier, développer, adapter et améliorer en permanence la mise en œuvre des politiques relatives à la langue d’enseignement.

Synthèse Armelle Ouédraogo
Lefaso.net

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