Drame de Yirgou : « être peuhl est aujourd’hui source d’inquiétude au quotidien » (CISC)

Le Collectif contre l’impunité et la Stigmatisation des communautés (CISC) lance un appel aux autorités burkinabè pour que justice soit faite dans le cadre du drame de Yirgou. Un an après les tuerie, le CISC regrette que les coupables ne soient pas encore derrière les barreaux alors que « devant des micros et des caméras des journalistes, certains avaient justifié leurs actes sans remords ».

Le 1er janvier 2019, chef de village de Yirgou, par ailleurs conseiller municipal de la commune de Barsalogo (province du Sanmentenga, région du Centre Nord du Burkina Faso) et 5 autres personnes étaient assassinées par des individus armés non identifiés.

En représailles, « durant trois jours, la communauté peule a subi la fureur des koglwéogos, un massacre sans précédent » tout cela sous prétexte que la communauté peulh aurait hébergé les assassins du chef de Yirgou ».

Cela s’est passé « sans que les autorités nationales et locales ne soient à mesure de leur porter secours et assistance. Les autorités administratives, judiciaire ou celles en charge de la sécurité ont presqu’assisté impuissamment au massacre dans certaines localités quand on sait qu’elles étaient informées de ce qui se passaient dès le 1er janvier » , déplore le CISC.

216 personnes en tout, toutes peulh, ont été tuées dans le drame de Yirgou, clame le CISC, contrairement à la quarantaine comme le dit le gouvernement. « Plus de 80 000 têtes de bétails ont été emportées par les tueurs et leurs complices »

Malheureusement, depuis lors, la communauté peulh « a subi et continue de subir le plus lourd fardeau du terrorisme et de la lutte contre le terrorisme. Elle est triplement victime d’exécutions, le tout sous un fond de stigmatisation. Elle est victime des terroristes, victime des groupes d’auto-défense et victime des Forces de défense et de Sécurité. Et elle fait l’objet d’une stigmatisation tout azimut.
Frères et sœurs Burkinabè, il est loisible de faire remarquer qu’être peul est aujourd’hui source d’inquiétude au quotidien » s’inquiète Daouda Diallo, secrétaire général du CISC.

Il en veut pour preuve les événements malheureux d’Arbinda, Kain-Ouro, Banh, Yagha avec l’assassinat des deux camarades de l’ODJ, Sollé , Titao, Konga, Garkéré .

Et même si des avancées sont à reconnaitre dans le dossier, le CISC exige des autorités étatiques :
– la justice pour toutes les victimes de Yirgou ; Yagha, Arbinda….
– une initiative nationale impliquant le politique, la justice, les coutumiers, les religieux et la société civile autour de la problématique de la stigmatisation des communautés afin de prévenir les conflits et crises qui compromettent le vivre ensemble ;
– la prise en charge gratuite et effective des rescapés (prise en charge médicale, psychologique et prise en charge alimentaire) ;
– la sécurisation des personnes et des biens. Jusqu’à aujourd’hui, des personnes continuent d’être menacées, violentées du seul fait de leur appartenance ethnique ;
– Le désarmement et la dissolution des milices de Barsalgho, de Boulsa et toutes celles qui ont participé à ces massacres ;
– la restitution sans conditions des biens des victimes toujours détenus illégalement par des éléments Kogloweogo ;
– la reconstruction des maisons détruites et le retour des déplacés sur leurs sites d’origine.

Der Kpagnaone

Infowakat.net

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