Double attentat à l’aéroport de Kaboul : « Le matin, ma sœur m’a appelée. Elle m’a dit : “Ne reste pas là-bas” »

Treize militaires américains et de nombreux Afghans ont été tués dans ces attaques-suicides revendiquées par l’organisation Etat islamique. Les services de renseignement avaient fait état de menaces imminentes.

En Afghanistan, les Etats-Unis et leurs alliés auront bu le calice jusqu’à la lie. Alors qu’il ne leur restait plus que quelques jours avant de clore vingt ans de présence et une opération aussi vaste que chaotique d’évacuations d’Afghans fuyant le nouveau régime taliban, deux attaques-suicides ont frappé, jeudi 26 août, la foule agglutinée devant l’aéroport de Kaboul.

L’organisation Etat islamique (EI) a revendiqué dans la soirée l’attaque, qui visait, a-t-elle expliqué dans un message authentifié, un « rassemblement de traducteurs et de collaborateurs » de l’armée américaine. Le bilan, provisoire, était, vendredi matin, de plus de 72 morts, dont treize militaires américains, et plus de 150 blessés.

Le choc causé à Washington, qui connaît là une de ses pertes les plus lourdes depuis 2012, a contraint le général Kenneth McKenzie, chef du commandement central de l’armée américaine, à prendre la parole. D’après les éléments qu’il a lui-même fournis, les explosions ont été suivies de fusillades. « Notre priorité est d’éviter de nouveaux attentats », a-t-il ajouté, avant de déplorer qu’une « faille » ait permis au premier kamikaze d’approcher les soldats américains ; ces derniers s’apprêtaient à le fouiller quand il a fait exploser sa bombe.

Le président Joe Biden a lancé, jeudi, à l’adresse des auteurs de ces attentats : « Nous ne pardonnerons pas, nous n’oublierons pas. Nous vous traquerons sans relâche. »

L’un des porte-parole du mouvement taliban, Zabihullah Mujahid, a annoncé que le bilan dans ses rangs s’établirait entre 13 et 20 morts et 52 blessés. Les nouveaux maîtres de Kaboul, qui ont négocié avec Washington, à Doha, les termes de l’opération d’évacuation et sa fin, fixée au 31 août, ont ajouté : « L’“émirat islamique” condamne fermement les attentats à la bombe ayant visé des civils à l’aéroport (…), l’explosion a eu lieu dans une zone où les forces américaines sont responsables de la sécurité. »

La vidéo d’un « martyr » interceptée avant l’attaque

Le jour commençait à décliner, ce jeudi, à Kaboul, aux abords d’un aéroport assiégé par des milliers de personnes, d’autant plus nerveuses qu’elles savaient que leurs chances de quitter le pays, dirigé de nouveau par les fondamentalistes musulmans, devenaient de plus en plus minces. La première détonation a retenti près de la porte Abbey, l’une des trois entrées de l’aéroport, où les scènes de désespoir des candidats au départ suscitent une vive émotion à travers le monde depuis la chute du régime de Kaboul, le 15 août.

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