Diaspora burkinabè : C’est parti pour la délivrance des documents de vote !

Avec l’adoption du nouveau code électoral, fin juillet 2018, seuls la Carte nationale d’identité burkinabè (CNIB) et le passeport sont désormais exigés comme documents de vote ; tant pour les Burkinabè vivant au Burkina que ceux de l’extérieur (ces derniers étant admis aux élections nationales à partir de 2020). Pour cela, le gouvernement a pris des dispositions pour permettre aux Burkinabè de disposer desdits documents, à travers des opérations spéciales. C’est dans ce cadre que le ministre de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur, Paul Robert Tiendrébéogo, a officiellement lancé, le jeudi, 28 février 2019 à Niamey, au Niger, et pour le compte des Burkinabè de la diaspora, les missions consulaires spéciales. Cette étape devra être suivie, dans les prochains jours, du lancement au plan national pour les Burkinabè vivant au Burkina.

C’est une cérémonie qui s’est voulue sobre, mais pleine de portée non seulement pour les Burkinabè de l’extérieur, mais également pour le gouvernement burkinabè et, partant, le système de démocratie. Aux côtés donc de la délégation gouvernementale, conduite par le ministre de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur, Paul Robert Tiendrébéogo, la mission du lancement a également une équipe technique de l’Office national d’identification (ONI). Arrivée la veille dans la nuit, la délégation s’est entretenue avec le personnel du Consulat général à Niamey, sis au quartier Kouara Kano, avant la cérémonie officielle de lancement dans l’après-midi.

Elle a également rendu une visite de courtoisie au président de la délégation spéciale de la ville de Niamey (maire de Niamey, ndlr), Mouctar Mamoudou. « Le Niger et le Burkina sont des pays frères et cette visite du ministre est une illustration de cette fraternité entre nos deux peuples. On se réjouit d’être choisi pour le lancement de cette opération. Cela montre aussi que le Burkina est un pays de grande démocratie, d’ouverture, qui considère son peuple, la diaspora. Au niveau de Niamey, nous allons leur apporter tout le nécessaire possible pour la réussite de cette opération », a d’abord félicité le ‘’tuteur’’, Mouctar Mamoudou.

Vue partielle des Burkinabè présents à la cérémonie de lancement

« Au niveau de la ville de Niamey, nous n’avons aucun problème avec la communauté burkinabè, qui se sent chez elle. Il y a une très belle intégration au niveau de Niamey et cette dynamique se poursuit. Le Niger est un pays frère et restera un pays frère du Burkina », poursuit Mouctar Mamoudou, soulignant que cela se vit à tous les niveaux. Des propos qu’il a réitérés dans l’après-midi devant la communauté burkinabè mobilisée pour la cérémonie officielle de lancement.

Etienne Ouoba, qui a ouvert le bal de l’enrôlement, affiche fierté et satisfaction à la réception de son récepissé

Une tendance corroborée par le Consul général du Burkina au Niger, Léontine Marie Kaboré, qui confie entre autres que le nombre de Burkinabè vivant dans ce pays est estimé à 750 mille. Elle a salué le choix de sa représentation consulaire pour le lancement de cet important acte et rassuré « de la détermination et de l’engagement des Burkinabè vivant au Niger à se faire établir des passeports biométriques et des Cartes nationales d’Identité burkinabè dans la perspective de se conformer aux lois et règlements du Burkina Faso et du pays d’accueil d’une part, et de participer au vote des Burkinabè de l’étranger en 2020, d’autre part ».

Le ministre de l’intégration africaine et des Burkinabè et l’extérieur, Paul Robert Tiendrébéogo, exhorte les Burkinabè de la dispora à toujours tenir haut le flambeau du Burkina, partout où ils se trouvent.

Le patron de la cérémonie, le ministre de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur, Paul Robert Tiendrébéogo a d’abord relevé que l’initiative répond à un « engagement fort » du président Roch Kaboré de rendre effectif le vote des Burkinabè de l’étranger dès 2020. Ainsi, les opérations de délivrance de la CNIB et du passeport se veulent une mise en œuvre du nouveau Code électoral adopté et vise à doter les Burkinabè de ces documents (ceux de l’intérieur comme de l’extérieur).

Vue des locaux abritant le Consulat général, sis au quartier Kouara Kano.

« Il y a, dans la vie des Nations, des dates et des lieux qui sont appelés à rentrer dans l’histoire. Le jeudi 28 février 2019 et la ville de Niamey, au Niger, sont de ceux-là, car c’est ce jour et ce lieu que, sur instruction de SEM Roch Marc Christian Kaboré, président du Faso, le gouvernement burkinabé a choisi de procéder au lancement officiel des missions consulaires spéciales », a salué le ministre Paul Robert Tiendrébéogo.

Face à la diaspora nigérienne, il rassure en outre que le président du Faso et le gouvernement sont conscients des nombreux défis liés à l’expatriation, et, de ce fait, ne ménagent et ne ménageront aucun effort pour créer les conditions de leur plein épanouissement partout où ils se trouvent.

« Au-delà de tout, avoir une CNIB ou un passeport, c’est être identifié. Ce ne sont pas des opérations qui vont s’arrêter ; les missions consulaires ayant toujours été organisées pour permettre aux Burkinabè de posséder des pièces. Mais celles-là sont vraiment spéciales, comme cela est indiqué, et s’inscrivent dans le cadre de l’opérationnalisation du vote des Burkinabè de l’extérieur. (…).C’est le lieu pour moi de souligner que cette mission est également la vôtre, parce que le ministère de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur est votre ministère. Je saisis donc cette occasion pour vous inviter, inviter les délégués au CSBE (Conseil supérieur des Burkinabè de l’étranger), à travailler en étroite collaboration avec les ambassades et les consulats, dont l’une des principales attributions est d’assurer votre pleine protection. Mais, et nous n’avons de cesse de le répéter, vous êtes et serez toujours votre premier protecteur, par l’exemplarité de votre comportement, et par le respect des lois et règlements de votre pays d’accueil », s’est-il adressé aux Burkinabè du Niger, mobilisés pour la circonstance.

Le directeur général de l’ONI, Aristide Béré, expliquant le dispositif mis en place par son équipe composée de six techniciens.

Pour Paul Robert Tiendrébéogo, l’acte de lancement est un « symbole fort » de la réalité et de la vitalité de la démocratie au Burkina. Il se veut également, poursuit-il, la manifestation de l’unité du peuple burkinabé autour de l’essentiel : l’avenir du Burkina Faso. « Puissions-nous, filles et fils du Burkina, œuvrer ensemble, main dans la main, pour que vive et prospère, pour l’éternité, ce pays que nous aimons tant », a appelé le ministre.

Photo de famille à l’issue du lancement avec le ministre (4ème à partir de la droite) suivi à sa droite du président de la délégation spéciale de Niamey et du Consul général, Léontine Marie Kaboré (2ème à partir de

L’ONI rassure !

Etienne Ouoba est le premier à se faire enrôler, sitôt l’opération officiellement lancée. Face à une équipe de l’ONI rompue à la tâche, il ne perdra pas du temps à boucler les différentes étapes du processus. « Ma joie est grande, parce que d’abord, ma CNIB va expirer en août (2019). Ce qui veut dire que s’il n’y avait pas cette mission spéciale, il fallait faire un déplacement d’ici à août pour aller au Burkina pour me faire rétablir ma CNIB. Pour mon passeport également, c’est la même chose (j’ai un passeport qui expire bientôt), mais dans certains aéroports, on exige aujourd’hui des passeports biométriques. Voilà pourquoi j’ai tenu également à le renouveler et à avoir un passeport biométrique. Je suis donc comblé, le président du Faso a fait beaucoup pour nous ; parce qu’il a tenu ses promesses. Il nous l’a dit, quand on était au Forum (Forum national de la diaspora, ndlr) et voilà que sept mois après, il a tenu ses promesses. Nous saluons tout ce que le gouvernement est en train de faire dans ce sens pour la diaspora », a exprimé Etienne Ouoba.

Coordonnateur des délégués CSBE de la section du Niger, M. Ouoba confie que dès le retour du Forum national de la diaspora en juillet 2018, une sensibilisation a été entreprise auprès des Burkinabè du Niger pour préparer les dossiers. « On vient de nous informer que la mission est là pour juste deux semaines (du 28 février au 15 mars 2019), alors, nous allons maximiser pour que le maximum de nos compatriotes puissent venir se faire enrôler », a souligné M. Ouoba, qui plaide pour l’établissement d’autres documents, tels que les actes de naissance et les certificats de nationalité pour les Burkinabè de la diaspora.

Le président de la délégation spéciale de la ville de Niamey, Mouctar Mamoudou, magnifie l’axe Ouaga-Niamey

Pour le directeur général de l’ONI (Office national d’identification), Aristide Béré, tout est réuni pour réussir l’opération, tant en ressources humaines que matérielles. « En se basant sur la capacité d’enrôlement d’un agent, un agent est capable d’absorber 15 à 20 personnes par heure. Le Consulat général nous a fixé un objectif de 3000 Burkinabè à enrôler dans la période. C’est pourquoi, le nombre de personnes ici est calculé en fonction de la capacité, mais aussi des objectifs à atteindre. Dans la ville de Ouagadougou, par exemple, les cinq sites captent en moyenne deux milles personnes par jour. C’est dire qu’en termes de capacités d’enrôlement, on n’a pas de souci à se faire. Au niveau également de la production, nous avons une capacité de cinq à six mille pièces par jour. Au niveau des passeports, nous avons atteint un record de 600 par jour. La capacité va être multipliée par trois aux mois d’avril, mai, pour une production minimale de 15 000 CNIB par jour », démontre Aristide Béré. Mieux, l’ONI a pris l’engagement de délivrer de manière expresse, les CNIB et les passeports dans un délai de trois semaines.

lefaso.net

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