Développement : SOS pour la route Pouytenga-Bogandé

Sur l’axe Pouytenga-Bogandé, l’Etat perçoit d’importantes taxes qui peuvent avoisiner les six milliards de F CFA an, sans pour autant engager des travaux de construction ou d’entretien de cette voie qui lui procure tant de sous.

Parcourir l’axe Pouytenga -Bogandé est un véritable calvaire ! Et pourtant, sur cette route au trafic très intense, l’Etat engrange auprès des usagers d’importantes sommes d’argent qui constitue une véritable manne financière pour le budget national. C’est grâce à cet axe routier et à celui de la Komoandjari, que les marchés de Fada N’Gourma et de Pouytenga sont approvisionnés en produits agricoles et d’élevage et trouvent des acheteurs pour leurs produits manufacturés.

Sur le tronçon, plus d’une cinquantaine de camions 10 tonnes rivalisent chaque jour pour le ravitaillement des marchés. Selon un convoyeur d’un de ces camions, « une dizaine de postes de contrôle (police et gendarmerie) y sont présents ; et à chaque poste nous versons 2000F CFA par camion et 1000F CFA au poste de péage situé à la sortie de Pouytenga ». Il ajoute que « chaque camion transporte des marchandises tous les deux jours d’une valeur qui avoisine 7 millions de F CFA ». Ce montant procure une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qui avoisine le million de F CFA par camion.

En faisant un calcul rapide, près de 6 milliards de FCFA sont ainsi récupérés chaque année par l’Etat sur ce tronçon. Et pour plus de gains, ce même Etat ne gagnerait-il pas à investir dans la réfection de cette route qui présente aujourd’hui un aspect pas du tout reluisant ? Mais la réalité est autre.

En effet, au lieu d’œuvrer au désenclavement de ces zones pour plus de productivité agricole et d’élevage, l’Etat préfère utiliser ces sous que procure le tronçon Pouytenga–Bogandé à d’autres fins. Des destinations sans doute plus prioritaires certes, mais il importe aujourd’hui, au regard de l’état de dégradation du tronçon, de se pencher sur la question de sa réfection. C’est une urgence si l’Etat veut continuer toujours à bénéficier de ses retombées.

Pour mémoire, la route Pouytenga–Bogandé date des années 1980. Et le triste constat est que de nos jours, elle ne répond plus du tout aux normes de qualité et de performance requises, à même d’impulser une dynamique véritable de développement de la zone, pourtant riche en potentialités multiples et multiformes.

Ne dit-on pas que « la route du développement passe par le développement de la route ? » ! C’est l’occasion donc pour l’Etat de centrer un tant soit peu son attention sur l’axe Pouytenga–Bogandé ne serait-ce que par redevabilité aux usagers car beaucoup de véhicules se renversent régulièrement sur ce tronçon, occasionnant des pertes en vies humaines et en matériels au coût élevé.

Etienne Lankoandé (Stagiaire) 
etiennelank555@yahoo.fr
Lefaso.net

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