Déclaration de la ministre de la Femme à l’occasion de la journée internationale tolérance zéro aux mutilations génitales féminines

L’Assemblée Générale des Nations Unies, à travers la résolution A/RES/67/146, a décidé depuis le 20 décembre 2012 de consacrer la date du 6 février de chaque année, journée internationale « Tolérance Zéro aux Mutilations Génitales Féminines (MGF) ».

Ces pratiques constituent une violation des droits humains et participent au déséquilibre des rapports entre hommes et femmes. De fait, elles limitent les possibilités des femmes et des jeunes filles de jouir entièrement de leurs droits et de réaliser pleinement leur potentiel.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, plus de 200 millions de femmes et de jeunes filles ont subi des mutilations génitales, et au moins 4 millions de jeunes filles sont exposées chaque année aux mutilations génitales dans le monde.

Plus qu’une tradition qui se perpétue, cette journée vise principalement à intensifier les campagnes de sensibilisation et à susciter le renouvellement de l’engagement politique des Etats pour l’éradication effective de cette pratique.

Ainsi, sur proposition du Comité Interafricain sur les pratiques traditionnelles ayant un effet sur la santé des femmes et des enfants en Afrique, la Communauté internationale célèbre ce 06 février 2021 sous le thème : « Aucune excuse pour l’inaction mondiale : unissons-nous, finançons et agissons pour mettre fin aux mutilations génitales féminines. » Au-delà de sa pertinence, ce thème revêt plusieurs enjeux.

D’abord, il constitue un appel à l’action à travers le renforcement d’un mouvement d’envergure mondiale de lutte contre les MGF, en plaçant les femmes et les jeunes filles au centre de la réponse proposée par les parties prenantes.

Il traduit ensuite la nécessité d’intensifier la collaboration entre les acteurs en vue d’augmenter l’impact des programmes, en visant l’amélioration de la communication sur le problème et les mesures pour le résorber.

Enfin, il souligne qu’il est fondamental de soutenir les programmes relatifs aux questions de genre en facilitant le développement des réseaux et/ou coalitions, afin d’offrir aux organisations de femmes et de jeunes gens ainsi qu’aux mouvements militants, les moyens de promouvoir l’égalité des sexes et l’élimination des mutilations génitales féminines.

La commémoration de la 18ème édition de la journée internationale « Tolérance Zéro aux MGF » au Burkina Faso se tient dans un contexte marqué par des défis tant au niveau sanitaire que sécuritaire avec leurs corolaires de maux.

Cependant, les résultats engrangés après trente (30) ans de lutte revêtent un motif de satisfaction.

En effet, quatre (4) plans quinquennaux de lutte contre la pratique de l’excision, dont le dernier en date est le Plan Stratégique National pour la promotion de l’élimination des MGF 2016-2020, ont été élaborés et mis en œuvre, traduisant ainsi la ferme volonté des hautes autorités d’apporter une réponse vigoureuse au phénomène.

La mise en œuvre de ces plans, sous la houlette du Ministère de la Femme, de la Solidarité Nationale, de la Famille et de l’Action Humanitaire, a produit des résultats probants en témoigne la baisse significative du taux de prévalence qui est passé de 75,8% pour les femmes âgées de 15 à 49 ans et de 13,3% pour la tranche de 0-14 ans selon l’enquête démographique et de santé de 2010, à respectivement 67,6% et 11,3% selon l’Enquête multisectorielle continue de 2015.

Cet engagement au sommet de l’Etat et les résultats auxquels le pays est parvenu lui ont valu d’être reconnu comme pays leader en matière de promotion de l’élimination des MGF dans le concert des nations. La reconnaissance par la communauté internationale des efforts du Burkina Faso et l’estime des autres Chefs d’Etat africains ont été matérialisées par le sacre de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso, en qualité de Champion de l’Union Africaine pour l’élimination des Mutilations Génitales Féminines en février 2019.

Toutefois, le thème de la présente commémoration vient nous rappeler la nécessité de redoubler d’effort afin de relever les défis persistants de la clandestinité et de la pratique transfrontalière des MGF à l’horizon 2030.

C’est pourquoi, dans le cadre de l’élaboration et de la mise en œuvre du nouveau référentiel national et du plan d’actions du Champion de l’Union Africaine pour l’élimination des Mutilations Génitales Féminines, une place de choix est accordée à la jeunesse. Il y est également question de la mobilisation des ressources pour assurer la mise en œuvre et la coordination des actions sur le terrain, de la poursuite du plaidoyer auprès des leaders communautaires et des conseils municipaux pour la promotion des actions d’élimination des MGF au niveau communautaire.

En somme, il s’agira de responsabiliser les communautés et de mettre effectivement en œuvre les recommandations de la Résolution 44/16 du Conseil des droits de l’Homme du 17 juillet 2020 adopté sous le leadership du Burkina Faso.

Pour ce faire, j’en appelle à l’engagement et à l’accompagnement des partenaires techniques et financiers ainsi qu’à une synergie d’actions à tous les niveaux, car dit-on « seul on va plus vite, mais ensemble, on va plus loin ».

J’invite particulièrement la jeune génération à accompagner davantage le Champion de l’Union Africaine et le gouvernement burkinabè dans leurs actions afin de bouter à jamais la pratique des MGF hors du Burkina Faso, de l’Afrique et du monde entier. Aucune excuse ne devrait donc justifier l’inaction des acteurs dans notre pays.

Unissons – nous, mobilisons des ressources financières et agissons ensemble pour l’atteinte de la Tolérance Zéro aux Mutilations Génitales Féminines d’ici 2030 !

Bonne célébration de la Journée Internationale Tolérance Zéro aux Mutilations Génitales Féminines 2021 !

Ouagadougou, le 03 février 2021

Hélène Marie Laurence ILBOUDO/MARCHAL
Officier de l’Ordre de l’Etalon

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