Débits de boisson à Ouagadougou : Halte à l’occupation anarchique des voies

A Ouagadougou, la règlementation régissant les débits de boisson est parfois foulée au pied par des prestataires. Cela a pour corollaire, la pléthore de maquis et les pratiques peu orthodoxes impliquant la frange jeune de la population, qui incarne pourtant l’avenir.

S’il y a un phénomène qui fait la pluie et le beau temps à Ouagadougou, c’est bien la prolifération des maquis et bars. De Pissy à Gounghin en passant par Tampouy et Tanghin, l’ouverture à tout vent de ces lieux de recréation se fait, parfois, sans passer par les voies légales et au grand dam des populations. A la tombée de la nuit, certains établissements deviennent des endroits par excellence où se conjuguent tous les maux de la société.

Parmi eux figurent la consommation excessive de l’alcool et du tabac. La prostitution n’étant qu’à l’autre bout de la table du maquis, certaines filles ne résistent pas à l’appel moyennant une certaine somme. Chacun y trouve son compte, a-t-on coutume d’entendre.

Il est 21h au maquis « le Forgeron » sis au quartier Tampouy dans l’arrondissement N°3 de la ville de Ouagadougou. Contrairement à certains maquis qui n’ont pas fait long feu, « le Forgeron », malgré les aléas, maintient le cap. Cet endroit regroupe un grand nombre de personnes à la tombée de la nuit, et particulièrement les week-ends. L’alcool coule à flots. Serveurs, tenanciers, gérants de parking et commerçants se frottent gracieusement les mains.

Cette activité, quoi que lucrative, a des conséquences néfastes surtout sur l’éducation des jeunes filles qui ravivent souvent la vedette aux hommes dans la consommation de l’alcool. Que dire des stationnements anarchiques d’engins à deux roues et d’automobiles observés dans les rues de Ouagadougou ? Le phénomène est hallucinant et choque plus d’un au niveau des maquis « Fongo » et « Ka la Garango », toujours dans le quartier Tampouy. Il faut faire des pieds et des mains pour emprunter le tronçon, du fait de l’occupation anarchique du domaine public. Cette situation occasionne souvent des couacs entre les usagers et/ou riverains, et les gérants de parking. Elle est aussi source d’accidents.

Malgré tout, le problème se pose toujours avec acuité. Pourtant, la voie reliant le collège Ave Maria à l’agence de Kilwin de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) a été réfectionnée pour soulager un tant soit peu les usagers qui subissaient les méfaits des embouteillages et des accidents. De nos jours, une question taraude l’esprit de bon nombre de personnes. Les promoteurs de ces maquis ont-ils le monopole de la voie ? Si non, la police municipale doit veiller au grain afin d’éviter l’occupation anarchique de la route.

Le cri de cœur de la population a été entendu, puisque des automobilistes ont vu leurs véhicules embarqués par les grues-remorques de la police municipale à Gounghin, sur l’avenue du Conseil de l’entente. Espérons que les forces de l’ordre ne vont pas s’arrêter en si bon chemin. Parce que dans d’autres quartiers de la ville de Ouagadougou, des Ouagalais subissent ce même diktat des promoteurs de maquis, et même pire.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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