Cycle menstruel irrégulier, un facteur de mortalité prématuré ?

Une étude sino-américaine a révélé qu’un cycle menstruel perturbé augmenterait le risque de décéder avant l’âge de 70 ans.

Le cycle menstruel, un indicateur de santé

On définit un cycle irrégulier lorsque les règles « surviennent dans un laps de temps trop rapproché, tous les 10-15 jours ou toutes les 3 semaines, ou trop éloigné, toutes les 6 semaines voire plus » explique la gynécologue-endocrinologue Juliane Berdah. Cela implique aussi des saignements plus ou moins longs et/ou abondants, différents à chaque cycle. Des menstruations régulières indiquent que l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien fonctionne correctement. À l’inverse, un cycle irrégulier pourrait signifier un dérèglement de cet axe. Il permet de cerner l’état de santé générale de la femme, durant toute sa vie. L’Académie américaine de pédiatrie et le Collège américain des obstétriciens et de gynécologues insistent sur le fait qu’il doit y avoir plus de reconnaissance du cycle menstruel, et qu’il devrait être utilisé comme un indicateur de la santé des femmes.

Un risque de 73% de décès prématuré quand le cycle est perturbé   

Des chercheurs américains et chinois des universités d’Harvard, Michigan et Hanzhong ont réalisé une étude sur une cohorte d’infirmières. Publiée dans le British Medical Journal, cette étude montre un lien entre l’irrégularité des règles et un risque de mortalité prématurée. En effet, des règles irrégulières démontrent un risque de potentiel décès avant 70 ans. Les 116 429 participantes ont été divisées en 3 groupes à fonction de l’âge : de 14 à 17 ans, de 18 à 22 et de 29 à 46. Le résultat de cette étude révèle que les femmes ayant un cycle perturbé ou long (40 jours ou plus) ont un risque de 73% de décéder avant 70 ans. Le risque est d’autant plus élevé quand elles ont des maladies cardiovasculaires ou consomment du tabac. Ce cycle perturbé est également associé à des maladies non transmissibles telles que cancer de l’ovaire, les maladies coronariennes, le diabète de type 2 et les problèmes de santé mentale. Ces maladies interviendraient notamment à cause d’une environnement hormonal perturbé, caractérisé par de l’hyper insulinémie, une inflammation chronique ou des troubles métaboliques.  

Rédaction : Anaïs LecanuetRédactriceOctobre 2020

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