Cybercriminalité : deux présumés réseaux d’escrocs se faisant passer pour des spécialistes de sève de Moringa aux arrêts

La Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) a mis aux arrêts deux présumés réseaux d’escrocs composés de 7 personnes dont deux de nationalité étrangère qui se faisaient passer pour des spécialistes sur le traitement de la sève de moringa, d’aloe-vera, de concombre de mer et d’épices bio. Ils ont été présentés à la presse ce 20 octobre 2020.

A 64 ans, Babou Bazié, médecin à la retraite vient de se faire extorquer 3 100 000FCFA, comme par enchantement pour une offre dite de fourniture d’épice bio qui n’est que de la poudre aux yeux. « Le tout s’est joué le jour suivant le premier appel, c’est-à-dire le jeudi 15 octobre 2020 entre 7heures et 14 heures. Au téléphone, S. O, membre d’un des présumés réseaux de cyber escrocs se faisant passant pour le directeur du restaurant de l’hôtel Laïco (un des hôtels les mieux classés de la ville de Ouagadougou) demande successivement 500 000 FCFA, 1 000 000FCFA, 2 100 000FCFA pour une opportunité » témoigne-t-il. Ce qu’ils font miroiter c’est « ils vont fournir des épices bio, et que à l’horizon cela peut atteindre 300 millions FCFA pour le semestre et que dès la signature du contrat, automatiquement ils font à l’ordre du fournisseur un chèque de 40% ».

Babou Bazié, une des victimes

Babou Bazié a finalement commencé à soupçonner de l’arnaque lorsque ses bourreaux ont à nouveau demandé le transfert de la somme de 2 100 000FCFA pour l’emballage desdits épices qui doivent être renforcés (UV37) compte tenu du Covid-19. Ce dernier à présent dépouillé, demande à voir ses partenaires qui ne traitent qu’au téléphone et ainsi s’arrête la communication jusqu’à leurs mises aux arrêts.
Comme lui, au moins une dizaine de personne ont été victimes de ces deux réseaux qui ont des modes opératoires presque similaires, selon Bayi Akim Nignan, chef de la division des enquêtes de la BCLCC.

Ils contactaient leurs victimes, la plupart des personnes riches sur lesquelles ils ont le maximum d’informations qu’ils rassurent en confiant être du laboratoire NOVARTIS en France à la recherche de fournisseurs des sèves de concombre de mer, sève de moringa, sève d’aloe-vera et des épices.
Une fois emballées, les victimes transféraient de fortes sommes d’argent sur les comptes mobile-money de leur bourreau. Des sommes d’argent qui devraient servir entre autres soit au paiement des frais de transport, de paiement des droits de douanes.

Encore une fois, tout s’est passé par téléphone

Ce sont des présumés cyber escrocs prêts à tout pour mettre leur victime en confiance, dépeint Bayi Akim Nignan. Pour ce faire ils font intervenir des prétendus ambassadeurs et des bons de commandes du laboratoire NOVARTIS, des ordres de virement étaient souvent transférés aux victimes. Tout se passe au téléphone selon le témoignage d’une des victimes.
Le préjudice à ce jour se chiffre à près de 100 millions CFFA. Les fonds sont la plus part de temps immédiatement virés vers le Benin et le Sénégal et la partie revenant aux 5 burkinabè leur étaient rétrocédée.
L’enquête suit son cours en vue d’interpeller d’autres membres qui continuent de sévir et les personnes interpellées seront immédiatement présentées au parquet pour les suites judiciaires, foi de Bantinda Samire Yoni, commandant de la BCLCC.

Mariam Ouédraogo
Infowakat.net

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