Crise à La Poste Burkina : « Nous luttons pour la survie d’une entreprise nationale », Gilbert Go, Secrétaire général du SYNTRAPOST

Pour manifester son mécontentement suite à la décision de la direction générale de relever le chef d’agence de La poste de Gourcy, le Syndicat des travailleurs de la poste (SYNTRAPOST) a observé un sit-in de 7h30 à 10h dans toutes ses agences du Burkina, ce lundi 14 octobre 2019. Pour mieux comprendre les raisons de ce mouvement d’humeur, nous avons rencontré le secrétaire général du SYNTRAPOST, Gilbert Go.

Lefaso.net : Quelle est la raison du mouvement d’humeur de ce matin ?

Gilbert GO : Je voudrais avant tout remercier lefaso.net de me donner la parole ce matin pour parler du mouvement d’humeur. Comme vous le savez, depuis quelque temps, La poste travers une crise. Une crise qui perdure et n’a pas encore trouvé de solution. Mais qu’à cela ne tienne, pour ce matin, nous avons des collègues qui ont respecté un mot d’ordre de grève lancé par le SYNTRAPOST.

La direction a envoyé une mission dans une agence pour une inspection et le directeur de cette agence a signifié à la mission qu’il était en grève. Il s’en est suivi un bras de fer et, dans la résolution du problème, il y a eu un couac et nous tenons à manifester notre mécontentement à l’endroit de la direction. La gestion de ce problème a été faite avec beaucoup d’amateurisme et nous ne sommes pas contents de cette façon de gérer les hommes dans l’entreprise.

Qu’est-ce que vous reprochez exactement à la direction ?

Une mission d’inspection est allée dans une agence pour contrôler un chef d’agence et ce dernier a brandi le mot d’ordre de grève de son syndicat. Les inspecteurs techniques ont pris acte et ont décidé de le remplacer par son agent. Quand, ils ont voulu installer l’agent dans les fonctions de chef d’agence, il a décliné la nomination, estimant être lui aussi en grève. Il y a eu beaucoup d’échanges entre les membres de la mission d’inspection et l’agent nouvellement nommé.

Face à cette situation, l’équipe a suspendu son inspection pour revenir le lendemain avec un acte le nommant, malgré son refus de la veille ; celui-ci a maintenu aussi sa décision, refusant la promotion. Le comble dans cette affaire, c’est que la mission est allée chercher un autre agent pour le forcer à remplacer le chef d’agence. Nous pensons que dans une administration, on n’oblige pas un agent à accepter une promotion, mais avec l’accord de l’intéressé. On ne doit pas forcer quelqu’un pour une promotion ; nous ne savons pas sous quels cieux cela s’est déjà produit.

Si c’est une affectation, on ne peut pas refuser, mais une promotion ça peut se refuser. Donc, il y un bras de fer autour de cette question. Nous allons aussi profiter de l’occasion pour mettre à nu certains écarts pour que l’opinion sache qu’en réalité, le combat que nous menons c’est n’est pas, parce que nous ne sommes pas responsables. Nous luttons pour la survie d’une entreprise nationale.

Vous en êtes à quel stade actuellement dans la crise qui vous oppose à la direction générale ?

La crise effectivement est là. A notre niveau, nous regardons les autorités. Ce sont elles qui ont le dernier mot. Si on avait la force de résoudre le problème, depuis très longtemps, il était résolu. Mais comme c’est une entreprise étatique, le responsable a été placé par des gens à la tête de l’entreprise. Nous à notre niveau, nous avons relevé beaucoup de manquements et l’autorité a l’information. Donc nous la regardons et nous demandons seulement que les gens prennent leurs responsabilités.

Quelles seront les décisions ou les actions qui seront menées dans le futur dans le cadre toujours de cette crise ?

Effectivement, lors d’une réunion, les représentants du personnel que nous sommes et vu un certain nombre de comportements et d’événements, nous avons estimé qu’il y a lieu d’échanger avec les travailleurs pour leur faire connaitre pas mal d’informations sur la vie de l’entreprise. Parce que, certains sont à l’écart et ne savent pas ce qui se passe et sont indifférents. Nous avons le devoir de suivre la gestion de l’entreprise et de porter ces informations à la connaissance des travailleurs. Parce qu’il ne faudrait pas qu’ils soient surpris un jour d’une quelconque décision qui va mettre en péril la survie de l’entreprise. C’est pourquoi nous allons tenir une assemblée générale d’informations le jeudi 17 octobre 2019.

Propos recueillis par Juste Ephrem ZIO
Lefaso.net

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