Crise à La Poste : Après avoir chassé le DG, les agents en grève de 48 heures

Le Syndicat des travailleurs de la poste tire une fois de plus la sonnette d’alarme. En effet, depuis le 6 mai 2019, il observe un sit-in pour interpeller la direction sur le nouveau statut du personnel et dénoncer le mépris dont sont victimes les travailleurs. Dans la matinée du mercredi 8 mai 2019, les employés ont expulsé leur premier responsable, Nabi Issa Coulibaly, de la société. Ils prévoient dès demain une grève de 48 heures pour se faire entendre.

Depuis début 2018, le torchon brûle entre les travailleurs de la Poste et leur directeur général. « En plus d’exiger qu’on relise notre statut, nous nous sommes plaints de la mauvaise gestion du DG. Beaucoup de frustrations interviennent de sa gestion. Les collègues étaient sous les nerfs. C’était devenu insoutenable. C’est ce qui a conduit aux mouvements d’humeurs pendant l’année écoulée. Après ce malentendu, il y a eu la médiation des collègues à la retraite et ça a contribué à calmer le climat social », a déclaré Gilbert Goh, le secrétaire général (SG) du Syndicat des travailleurs de la poste (Syntrapost).

A ce niveau, une commission a été mise en place. Les travaux qui devraient finir au plus tard en juillet dernier ont connu un retard. Après explication du SG, il est ressorti que c’est finalement en septembre qu’ils ont pu tout peaufiner.

« À partir du mois de septembre, nous avons remarqué que le dossier avait été plus ou moins classé, parce que ce n’était plus une priorité pour le directeur général qui s’occupait d’autres projets qui lui tenaient à cœur. Nous avons dû l’interpeller à plusieurs reprises et c’est à partir de ce moment que la promesse a été faite que le document sera adopté. Malheureusement, cela n’a pas été fait en 2018. C’est courant avril 2019 que le conseil d’administration s’est réuni pour examiner le dossier. Une première fois, le dossier a été rejeté, puis une seconde fois », a expliqué un SG tout vert de colère. C’est ainsi, qu’ils ont tenu à user des moyens nécessaires pour se faire entendre et être pris au sérieux. Ils ont donc entamé un sit-in depuis le lundi 6 mai 2019, au sein de la direction.

Afin de mieux comprendre les motivations réelles du conseil d’administration, le syndicat a sollicité et obtenu une rencontre avec le premier responsable sous le coup de 14 h. « Mais grand fut notre étonnement, parce que tel que le mouvement est parti, nous avons pensé que le DG allait nous recevoir pour qu’on discute et voir comment résorber cette question. Il a délégué son secrétaire général et le directeur pour nous recevoir. Lui-même, il est allé à une rencontre quelque part. Il y a un mépris des travailleurs », a fait savoir M. Goh. De quoi mettre en colère les travailleurs.

« Un mouvement d’humeur, on sait comment ça commence mais on ne sait pas comment ça se termine. Depuis hier, il y a eu un certain nombre d’actes posés et c’est ce qui a énervé davantage les travailleurs. Non content de mépriser les travailleurs, on voit que le DG ne s’inscrit pas dans la logique de l’apaisement et c’est ce qui a fait que les uns et les autres ont décidé à l’unanimité et en toute responsabilité de s’en débarrasser et vaquer maintenant à notre activité, parce qu’il ne faudrait pas que les mouvements d’humeur entrainent des difficultés dommageables à l’entreprise », a ajouté Gilbert Goh.

Les agents comptent-ils travailler sans un DG ? « Je crois que nécessairement, il faut un DG. Même si ce n’est pas un DG confirmé, il faut avoir un DG intérimaire. Les autorités sauront gérer cette question. Toujours est-il que nous allons travailler mais notre mouvement se poursuit, parce que le statut n’est pas encore évacué », a rétorqué le SG du Syntrapost, qui annonce une grève de 48 heures à partir de ce jeudi 9 mai 2019.


Lefaso.net

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